Covid-19 : une enquête pour suivre l’évolution des comportements et de la santé mentale pendant l'épidémie

Depuis le 23 mars 2020, Santé publique France a lancé l'enquête CoviPrev en population générale afin de suivre l’évolution des comportements (gestes barrières, confinement, consommation d’alcool et de tabac, alimentation et activité physique) et de la santé mentale (bien-être, troubles).

Mis à jour le 06 juillet 2020

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Dans cet article

Face à l’épidémie de Covid-19 et depuis les mesures gouvernementales de confinement du 16 mars 2020, comment les Français réagissent-ils ? Comment cette crise sanitaire inédite modifie-t-elle les comportements, les connaissances, les croyances ? Quel retentissement psychologique dans la population ? Santé publique France a lancé, avec BVA, l'enquête CoviPrev visant à suivre l’évolution des comportements (gestes barrières, confinement) et de la santé mentale en population générale (bien-être, troubles), ainsi que leurs principaux déterminants. Elle sera répétée de façon régulière pendant la période de confinement et de post confinement.

Objectifs

  • suivre l’adoption des mesures de protection et de la santé de la population  pendant la période de confinement et de déconfinement 
  • recueillir les informations nécessaires à l’orientation et à l’ajustement des mesures de prévention
  • surveiller les inégalités de santé
  • capitaliser des connaissances utiles à la gestion de futures pandémies  

Méthode de l'enquête

  • Enquêtes quantitatives répétées sur échantillons indépendants
  • Questionnaires auto-administrés à remplir en ligne sur système Cawi (Computer Assisted Web Interview)
  • Echantillons de 2 000 personnes 18 ans et plus résidant en France métropolitaine recrutés par access panel (Access Panel BVA)
  • Échantillonnage par quotas (sexe, âge, catégorie socio-professionnelles du répondant, région, catégorie d’agglomération) redressé sur le recensement général de la population 2016 

Contenu du questionnaire

Le questionnaire mesure d’une part, la connaissance et la mise en œuvre des mesures de protection et, d’autre part, la santé mentale des personnes pendant l'épidémie de COVID-19.
Ce module répond à l’objectif de pilotage des dispositifs de prévention pendant la période épidémique. Il s’agit de suivre les déterminants les plus susceptibles d’affecter à court terme la situation sanitaire, notamment l’adoption des mesures de protection (déterminants de la contagion) et la santé mentale, également susceptible de présenter un fardeau supplémentaire pour le système de santé. 
Caractéristiques sociodémographiques, connaissances, perceptions, proximité à la maladie, conditions de vie pendant  l'épidémie (confinement…) sont les principaux déterminants de l’adoption des mesures de protection et de la santé mentale recueillis afin de disposer d’informations pour identifier les cibles et leviers d’intervention.

Le questionnaire comporte également de modules complémentaires sur les addictions (alcool et tabac), la nutrition et l'activité physique qui seront intégrés dans une ou plusieurs vagues de l’enquête, afin d’évaluer plus largement l’impact de la situation sur la santé de la population. 

Exploitation des résultats

À court terme, cette surveillance permettra de disposer d’un outil de reporting pour ajuster les stratégies de communication et de prévention des pouvoirs publics, notamment à destination des publics les plus vulnérables.  

À plus long terme, après la crise sanitaire, ce suivi d’indicateurs sera utilisé pour produire et capitaliser des connaissances sur les répercussions du Covid-19 en population générale, sur la santé mentale et d’autres comportements de santé (consommations de substances psychoactives, nutrition, activité physique).

La mise à disposition des résultats sera consécutive à chaque vague d’enquête. Ils sont composés :

  • d'une synthèse avec les résultats principaux
  • de tableaux avec les résultats détaillés présentant les prévalences et évolutions des indicateurs en fonction des caractéristiques sociodémographiques, des conditions de vie liées à l’épidémie ainsi que des analyses des déterminants cognitifs et de leurs évolutions (perception de la maladie et des mesures de protection) complèteront les principaux résultats

Résultats

Les résultats de l'enquête CoviPrev couvrent les thématiques suivantes : santé mentale, adoption des mesures de prévention, addictions, alimentation et activité sportive.

Santé mentale

Synthèse vague 1 (23-25 mars), vague 2 (30 mars-1er avril) et vague 3 (14-16 avril), vague 4 (20-22 avril), vague 5 (28-30 avril), vague 6 (4-6 mai), vague 7 (13-15 mai), vague 8 (18-20 mai), vague 9 (27-29 mai), vague 10 (8-10 juin), vague 11 (22-24 juin)

  • La santé mentale s’est améliorée entre le début de la mise en place des mesures de confinement (vague 1 : 23-25 mars) et la vague 11 menée entre le 22 et le 24 juin pour l’ensemble des indicateurs à l’exception des problèmes de sommeil qui ont toutefois diminué depuis la levée du confinement (vague 7 : 13-15 mai). 
  • Évolution des indicateurs de santé mentale :
    • La satisfaction de vie actuelle s’est progressivement améliorée depuis la première semaine de confinement (vague 1), avec une amélioration significative observée à la levée du confinement (vague 7). Elle s’est depuis stabilisée.
    • Les états anxieux ont connu une diminution importante lors des premières semaines de confinement (vagues 2 et 3). Depuis la levée du confinement, une tendance à la baisse continue d’être observée. 
    • Les états dépressifs, après une augmentation observée entre les vagues 3 et 4, ont significativement diminué suite à la levée du confinement (vague 7). La prévalence a continué de diminuer significativement entre les vagues 7 et 11). 
    • Les problèmes de sommeil, après avoir significativement diminué suite à la levée du confinement (entre les vagues 7 et 8) puis augmenté en vague 9, ont diminué en vague 11 avec une prévalence qui a retrouvé le niveau du début de confinement. 
  • Profils de population ayant une santé mentale plus dégradée (en vague 11) :
    • Être âgé de 25 à 34 ans, être dans une situation d’inactivité professionnelle ou dans la catégorie des CSP- (ouvrier, employé, personnel de service), déclarer une situation financière très difficile, avoir déclaré des antécédents de troubles psychologiques ou une limitation fonctionnelle depuis au moins 6 mois et avoir eu des symptômes de la COVID-19 est associé à une santé mentale plus dégradée pour les trois indicateurs analysés (anxiété, dépression, problèmes de sommeil).
    • Les femmes, les personnes déclarant avoir ou avoir eu un proche malade de la COVID-19 ou ayant des symptômes ainsi que celles déclarant une recherche active d’informations sur la COVID-19 présentent une anxiété plus importante et déclarent davantage de problèmes de sommeil.  
  • Déterminants cognitifs (perception de la situation épidémique et des mesures de prévention), en vague 11 : 
    • Indépendamment des caractéristiques sociodémographiques ou des conditions de vie pendant la période épidémique, le facteur cognitif principalement associé à une santé mentale plus dégradée pour les trois indicateurs (anxiété, dépression, problèmes de sommeil) est le fait de se sentir vulnérable au risque d’infection par le SARS-CoV-2
    • Indépendamment des caractéristiques sociodémographiques ou des conditions de vie pendant la période épidémique, le fait de percevoir les mesures de prévention comme peu efficaces ou de percevoir la COVID-19 comme une maladie grave est également associé à l’anxiété. 
  • Conclusion : 
    • Les données confirment l’impact des facteurs économiques sur la santé mentale et soulignent l’importance, avec la levée du confinement, d’une reprise des soins notamment psychologiques en direction des personnes les plus vulnérables (personnes déclarant des antécédents de troubles psychologiques).
    • Afin de limiter l’impact de la situation épidémique sur la santé mentale, tout en favorisant le maintien des comportements de prévention, nos données suggèrent de communiquer sur l’efficacité des mesures, de faciliter leur mise en œuvre dans les environnements de vie (gel hydroalcoolique en libre accès à l’entrée des lieux publics, organisation de la distanciation physique) et de valoriser une norme collective d’adoption de ces comportements (pour soi-même et pour autrui) plutôt que de communiquer sur la peur et la menace perçue (cf. synthèse des résultats sur l’adoption des mesures de prévention). 

Résultats détaillés

Prévalences et évolutions par indicateur 
Prévalences et évolutions des indicateurs de santé mentale pendant l'épidémie de COVID-19 (% ; données pondérées)

Satisfaction de vie actuelle
Prévalences et évolutions de la satisfaction de vie actuelle selon les profils sociodémographiques (% ; données pondérées)
Prévalences et évolutions de la satisfaction de vie actuelle selon les conditions de vie liées à l’épidémie de COVID-19 (% ; données pondérées)

Projection positive dans l'avenir
- Prévalences et évolutions de la projection positive dans l'avenir selon les profils sociodémographiques (% ; données pondérées)
- Prévalences et évolutions de la projection positive dans l'avenir selon les conditions de vie liées à l'épidémie de COVID-19 (% ; données pondérées)

Anxiété
Prévalences et évolutions de l'anxiété selon les profils sociodémographiques (% ; données pondérées)
Prévalences et évolutions de l'anxiété selon les conditions de vie liées à l’épidémie de COVID-19 (% ; données pondérées)
- Déterminants cognitifs affectifs chez les personnes présentant un état d'anxiété pendant la période de post-confinement (% ; moyenne, associations ; données pondérées)

Dépression
- Prévalences et évolutions de la dépression selon les profils sociodémographiques (% ; données pondérées)
- Prévalences e évolutions de la dépression selon les conditions de vie liées à l'épidémie de COVID-19 (% ; données pondérées)

Consommation de médicaments psychotropes
Prévalences et évolutions de la consommation de médicaments psychotropes selon les profils sociodémographiques (% ; données pondérées)
Prévalences et évolutions de la consommation de médicaments psychotropes selon les conditions de vie liées à l’épidémie de COVID-19 (% ; données pondérées)

Problèmes de sommeil
- Prévalences et évolutions des problèmes de sommeil selon les profils sociodémographiques (% ; données pondérées)
- Prévalences et évolutions des problèmes de sommeil selon les conditions de vie liées à l'épidémie de COVID-19 (% ; données pondérées)

Prévalences et évolutions des indicateurs de santé mentale et des problèmes de sommeil (% pondérés), Enquête CoviPrev, France métropolitaine, 2020
Prévalences et évolutions des indicateurs de santé mentale et des problèmes de sommeil (% pondérés), Enquête CoviPrev, France métropolitaine, 2020
Notes de lecture. Évolutions testées entre échantillons comparables en termes de sexe, âge, CSP, taille d’agglomération et région d’habitation. Lorsqu'une marque (rond) est pleine, la proportion est significativement différente de celle de la vague précédente, test de Wald ajusté, p<0,05. Lorsque la dernière proportion de la série (Vague 11) est associée à une étoile, cette proportion est significativement différente de celle du premier point de la série (Vague 1 ou 2 selon l'indicateur), test de Wald ajusté, * : p<0,05 ; ** : p<0,01 ; *** : p<0,001 ; lorsqu'elle est soulignée, cette proportion est significativement différente de celle de la première vague de la période postconfinement (Vague 7), test de Wald ajusté, p<0,05. HAD : Hospital Anxiety and Depression scale.

Adoption des mesures de prévention pendant l’épidémie de COVID-19

Synthèse : vague 1 (23-25 mars), vague 2 (30 mars-1er avril) et vague 3 (14-16 avril), vague 4 (20-22 avril), vague 5 (28-30 avril), vague 6 (4-6 mai), vague 7 (13-15 mai), vague 8 (18-20 mai), vague 9 (27-29 mai), vague 10 (8-10 juin), vague 11 (22-24 juin)

  • Evolution des comportements de prévention
    • En vague 11 (22-24 juin), l’adoption systématique des mesures de prévention « Saluer sans se serrer la main et arrêter les embrassades » et « Garder une distance d’au moins 1 mètre » continue de diminuer (-15 points depuis la levée du confinement.
    • L’adoption systématique des mesures d’hygiène (se laver régulièrement les mains ; tousser dans son coude ; utiliser un mouchoir à usage unique), bien qu’ayant globalement diminué depuis la levée du confinement, est restée stable entre la vague 10 et la vague 11. 
    • Le port systématique du masque en public a progressé jusqu’en vague 8 (2 semaines après la levée du confinement), puis a diminué entre les vagues 9 et 10. L'évolution constatée entre les vagues 10 et 11 n'est pas significative. 
  • Profils de population adoptant moins les comportements de prévention
    • 3 indicateurs ont été analysés : 1/ pourcentage d’adoption systématique de la distance physique de 1 mètre ;  2/ pourcentage d’adoption systématique du port du masque en public ; 3/ nombre de mesures d’hygiène systématiquement adoptées parmi les 4 recommandées (se laver régulièrement les mains ; saluer sans serrer la main et arrêter les embrassades ; tousser dans son coude ; utiliser un mouchoir à usage unique).
    • En vague 11, les profils de population déclarant une moindre adoption des comportements de prévention pour les 3 indicateurs sont : les hommes ou les personnes ayant un faible niveau de littératie en santé (motivation et compétences des individus à accéder, comprendre, évaluer et utiliser l'information pour prendre des décisions concernant leur santé). 
    • En vague 11, les 35-49 ans adoptent moins systématiquement le port du masque en public et les moins de 35 ans adoptent moins systématiquement les mesures d’hygiène et la distance d’au moins un mètre.
  • Déterminants cognitifs de l’adoption des comportements de prévention
    • Après contrôle des autres variables, les trois facteurs cognitifs associés à l’adoption des comportements de prévention pour les 3 indicateurs en vague 11 sont : la perception d’une approbation et d’une adoption des mesures par les proches (norme sociale perçue), le fait de se sentir capable d’adopter les mesures de prévention et de percevoir ces mesures comme peu contraignantes (cf. figure pour une vue d’ensemble de l’évolution de ces déterminants). 
  • Conclusion
    • L’évolution à la baisse de l’adoption systématique des mesures de prévention est sans doute liée au déconfinement, qui favorise les interactions sociales et rend plus difficile l’adoption des mesures de distanciation physique, ainsi qu’à la baisse du nombre d’hospitalisations et de décès qui peuvent questionner l’utilité ou la pertinence du maintien de l’adoption systématique de ces comportements.
    • Les données détaillées de l’enquête montrent que la diminution de l’adoption systématique des mesures ne traduit pas un abandon des comportements de prévention, mais davantage une modulation ou une adaptation de ces comportements.
    • Les clusters observés récemment dans certaines situations de rassemblement ou lors de cérémonies doivent cependant inciter à la prudence. En l’absence de traitement ou de vaccin, les seules mesures de prévention efficaces restent comportementales (hygiène, distance, port du masque…). 
    • Dans la perspective des vacances d’été, il est important de rappeler la responsabilité individuelle de chacun, de maintenir une norme positive de protection notamment des personnes les plus vulnérables, et de s’inscrire collectivement dans une logique de réduction des risques, en particulier lors des regroupements de personnes (organiser les distances, favoriser les lieux en plein air, favoriser les ustensiles ou contenants à usage individuels lors des repas...).

Confinement : résultats détaillés du 23 mars au 6 mai 2020

Adoption des mesures de prévention par indicateur 
Prévalences, moyennes et évolutions des indicateurs d’adoption systématique des mesures de prévention pendant le confinement (%, moyennes ; données pondérées)

Adoption de 4 mesures d’hygiène et de 3 mesures de distanciation physique recommandées par les pouvoirs publics
Prévalences et évolutions de l’adoption systématique de 4 mesures d'hygiène pendant le confinement selon les profils sociodémographiques  (% ; données pondérées)
Prévalences et évolutions de l'adoption systématique de 4 mesures d'hygiène selon les conditions de vies liées à l'épidémie de COVID-19 et au confinement (% ; données pondérées)
- Prévalences et évolutions de l'adoption systématique de 3 mesures de distanciation physique selon les profils sociodémographiques (% ; donnés pondérées)
- Prévalences et évolutions de l'adoption systématique de 3 mesures de distanciation physique selon les conditions de vies liées à l'épidémie de COVID-19 et au confinement (% ; données pondérées)

Nombre de mesures de prévention systématiquement adoptées (parmi 7 mesures d'hygiène et de distanciation physique recommandées par les pouvoirs publics)
Nombre de mesures de prévention (parmi 7) systématiquement adoptées pendant le confinement et évolutions selon les profils sociodémographiques (moyennes ; données pondérées)
Nombre de mesures de prévention (parmi 7) systématiquement adoptées et évolutions selon les conditions de vie liées à l'épidémie de COVID-19 et au confinement (moyennes ; données pondérées)
Déterminants cognitifs et affectifs du nombre de mesures de prévention systématiquement adoptées pendant le confinement et évolutions (%, moyennes, associations ; données pondérées)

Post-confinement : résultats détaillés à partir du 13 mai 2020

Adoption des mesures de prévention par indicateur 
- Fréquences, moyennes et évolutions des indicateurs d’adoption des mesures de prévention pendant la période post-confinement (%, moyennes ; données pondérées)

Nombre de mesures d’hygiène adoptées systématiquement (parmi 4 mesures recommandées par les pouvoirs publics)
- Nombre de mesures d'hygiène adoptées systématiquement pendant la période post-confinement et évolutions selon les profils sociodémographiques (moyennes ; données pondérées)
- Nombre de mesures d'hygiène adoptées systématiquement pendant la période post-confinement et évolutions selon les conditions de vie liées à l'épidémie de COVID-19 (moyennes ; données pondérées)

Adoption systématique de la mesure « Garder une distance d’au moins 1 mètre »
- Prévalences et évolutions de l'adoption systématique de la mesure "Garder une distance d'au moins 1 mètre" pendant la période post-confinement selon les profils sociodémographiques (% ; données pondérées)
- Prévalences et évolutions de l'adoption systématique de la mesure "garder une distance d'au moins 1 mètre" pendant la période post-confinement selon les conditions de vie liées à l'épidémie de COVID-19 (% ; données pondérées)

Adoption systématique du port du masque en public
- Prévalences et évolutions de l'adoption systématique du port du masque en public pendant la période post-confinement selon les profils sociodémographiques (% ; données pondérées)
- Prévalences et évolutions de l'adoption systématique du port du masque en public pendant la période post-confinement selon les conditions de vie liées à l'épidémie de COVID-19 (% ; données pondérées)

Variables cognitives et affectives associées à l’adoption des mesures de prévention
- Évolution des variables cognitives et affectives pendant la période post-confinement (%, moyennes ; données pondérées)
- Déterminants cognitifs et affectifs des trois indicateurs d'adoption des mesures de prévention pendant la période post-confinement (associations ; données pondérées)

Prévalences et évolutions de l'adoption systématique des mesures de protection (% pondérés), Enquête CoviPrev, France métropolitaine, 2020
Prévalences et évolutions de l'adoption systématique des mesures de protection (% pondérés), Enquête CoviPrev, France métropolitaine, 2020
Notes de lecture. Évolutions testées entre échantillons comparables en termes de sexe, âge, CSP, taille d’agglomération et région d’habitation. Lorsqu'une marque (rond) est pleine, la proportion est significativement différente de celle de la vague précédente, test de Wald ajusté, p<0,05. Lorsque la dernière proportion de la série (Vague 11) est associée à une étoile, cette proportion est significativement différente de celle du premier point de la série (Vague 2), test de Wald ajusté, * : p<0,05 ; ** : p<0,01 ; *** : p<0,001 ; lorsqu'elle est soulignée, cette proportion est significativement différente de celle de la première vague de la période postconfinement (Vague 7), test de Wald ajusté, p<0,05.
Évolution des facteurs cognitifs associés aux indicateurs d'adoption des mesures de prévention, aux indicateurs de santé mentale et aux problèmes de sommeil pendant l'épidémie (moyennes ; données pondérées). Enquête CoviPrev, France métropolitaine, 2020
Évolution des facteurs cognitifs associés aux indicateurs d'adoption des mesures de prévention, aux indicateurs de santé mentale et aux problèmes de sommeil pendant l'épidémie (moyennes ; données pondérées). Enquête CoviPrev, France métropolitaine, 2020
Notes de lecture. Évolutions testées entre échantillons comparables en termes de sexe, âge, CSP, taille d’agglomération et région d’habitation. Lorsqu'une marque (rond) est pleine, la moyenne est significativement différente de celle de la vague précédente, test de Wald ajusté, p<0,05. Lorsque la dernière moyenne de la série (Vague 11) est associée à une étoile, cette moyenne est significativement différente de celle du premier point de la série (Vague 1 ou 2 selon l'indicateur), test de Wald ajusté, * : p<0,05 ; ** : p<0,01 ; *** : p<0,001 ; lorsqu'elle est soulignée, cette moyenne est significativement différente de celle de la première vague de la période postconfinement (Vague 7), test de Wald ajusté, p<0,05. Les variables cognitives sont des scores allant de 0 à 10. °La variable "approbation et l’adoption des mesures de prévention par les proches" (score de 1 à 4) a été transformée pour correspondre à un score allant de 0 à 10. En vague 11, l'association entre les facteurs cognitifs et chacun des indicateurs de l'enquête CoviPrev (adoption des mesures de prévention, santé mentale, problèmes de sommeil) a été testée, après ajustement sur l'ensemble des variables sociodémographiques, des variables liées à la situation épidémique et des autres facteurs cognitifs et affectifs (modèles de régressions multiples). Dans la légende, + et - correspondent à une association significative (test de Wald, p<0,05) respectivement positive et négative entre le facteur cognitif et les indicateurs listés : nombre de mesures d'hygiène systématiquement adoptées (HYG), adoption systématique de la distance d'1 mètre (DIS) et du port du masque en public (MAS), anxiété (ANX), dépression (DEP) et problèmes de sommeil (SOM).

Evolution des usages de tabac et d’alcool pendant le confinement

Synthèse vague 2 (30 mars-1er avril)

Les analyses présentées portent sur les évolutions déclarées des niveaux de consommation de tabac et d'alcool pendant le confinement.

Evolution des usages de tabac

Parmi les fumeurs interrogés (n=422) :

  • 27% déclarent que leur consommation de tabac a augmenté depuis le confinement
  • 55% qu’elle est stable
  • 19% qu’elle a diminué

Les individus déclarant avoir augmenté leur consommation étaient quasiment tous déjà fumeurs avant le confinement (94%). La hausse moyenne du nombre de cigarettes fumées par les fumeurs quotidiens est de 5 cigarettes par jour.

Les raisons mentionnées par les fumeurs déclarant avoir augmenté leur consommation étaient dans l’ordre (n=104, plusieurs réponses possibles) :

  • l’ennui, le manque d’activité (74%)
  • le stress (48%)
  • le plaisir (10%)

L’augmentation de la consommation de tabac est plus fréquemment mentionnée par :

  • les 25-34 ans (41%)
  • les actifs travaillant à domicile (37%)
  • les femmes (31%)

L’augmentation de la consommation de tabac augmente avec le niveau d’anxiété et elle est plus fréquente en cas de dépression probable ou certaine. 

Evolution des usages d’alcool

Parmi les usagers d’alcool interrogés (n=1344) :

  • 11% déclarent que leur consommation d’alcool a augmenté depuis le confinement
  • 65% qu’elle est stable
  • 24% qu’elle a diminué

Les raisons mentionnées par les consommateurs d’alcool déclarant avoir augmenté leur consommation étaient dans l’ordre :

  • le plaisir (45%)
  • l’ennui, le manque d’activité (32%)
  • le stress (15%)

Ils sont 51% à déclarer avoir augmenté leur fréquence de consommation, 10% le nombre de verres bus les jours de consommation et 23% les deux paramètres (notons que les données détaillées sont incohérentes pour 15% des répondants).

L’augmentation de la consommation d’alcool est plus fréquemment mentionnée par :

  • les moins de 50 ans (entre 14% et 17% selon les classes d’âge)
  • les individus vivant dans une ville de plus de 100 000 habitants (13%)
  • Les parents d’enfants de moins de 16 ans (18%)

L’augmentation de la consommation d’alcool augmente avec le risque d’anxiété et de dépression. 

Evolution du poids et de comportements liés à l’alimentation pendant le confinement

Synthèse vague 3 (14-16 avril)

Les analyses présentées portent sur les évolutions déclarées du poids, du grignotage, du « cuisiner des plats-maison », de l’accessibilité des produits alimentaires et de l’attention portée à son budget alimentaire.

Evolution du poids

Parmi l’ensemble des personnes interrogées (n=2010) :

  • 27% déclarent avoir pris du poids
  • 11% en avoir perdu
  • 62% avoir un poids stable

Avoir pris du poids est plus fréquemment mentionné :

  • en cas de situation financière très difficile (36%)
  • par les parents (34%)
  • les moins de 40 ans (31%)
  • par ceux mangeant en plus grande quantité (66%) et grignotant davantage entre les repas (60%) que d’habitude
  • en cas de troubles dépressifs (42%), de problèmes de sommeil (36%) et de niveau élevé d’anxiété (37%)

Avoir perdu du poids est plus fréquemment mentionné :

  • par les moins de 40 ans (14%)
  • ceux mangeant en moindre quantité (33%) et grignotant moins (25%) que d’habitude
  • en cas de niveau élevé d’anxiété (14%)

Evolution du grignotage

Parmi l’ensemble des personnes interrogées (n=2010) :

  • 22% déclarent grignoter entre les repas plus que d’habitude
  • 17% moins que d’habitude
  • 61% n’ont rien changé

Evolution du "cuisiner des plats-maison"

Parmi l’ensemble des personnes interrogées (n=2010) :

  • 37% déclarent cuisiner des plats-maison plus que d’habitude
  • 4% moins que d’habitude
  • 59% n’ont rien changé

Evolution de l’accessibilité des produits alimentaires

Parmi l’ensemble des personnes interrogées (n=2010) :

  • 57% déclarent trouver moins que d’habitude les aliments qu’ils souhaitent dans les magasins
  • 3% plus que d’habitude
  • 40% autant qu’avant

Evolution de l’attention portée au budget alimentaire

Parmi l’ensemble des personnes interrogées (n=2010) :

  • 23% portent plus d’attention que d’habitude à leur budget alimentaire
  • 14% moins que d’habitude
  • 63% n’ont rien changé

Grignoter entre les repas plus que d’habitude, trouver moins que d’habitude les aliments que l’on souhaite dans les magasins et porter plus d’attention que d’habitude à son budget alimentaire est plus fréquemment mentionné par les moins de 40 ans, les parents, les femmes, en cas de situation financière très difficile.
C’est également le cas pour les personnes présentant des troubles dépressifs, ayant des problèmes de sommeil et en cas d’anxiété. 

Evolution de l'activité physique, du temps passé assis et du temps passé devant un écran pendant le confinement

Synthèse vague 6 (4 au 6 mai)

Les analyses présentées portent sur les prévalences et évolutions déclarées de l'activité physique, du temps passé assis et du temps passé devant un écran pendant le confinement (n=2000). 

Activité physique 

Parmi l’ensemble des personnes interrogées :

  • 57,6% ont fait moins des 30 min jour d’activité physique1 recommandées pendant le confinement. Ceci a été plus fréquemment le cas des femmes, des 25-49 ans, des moins diplômés, des parents d’enfants de 16 ans ou moins et des personnes vivant en zone urbaine.

Comparé à leurs pratiques d’avant le confinement :

  • 47,4% des personnes ont déclaré une diminution de leur activité physique dans son ensemble
  • 58,9% une diminution de la marche
  • 37,1% une diminution de leur activité sportive

Concernant l’activité sportive, 17,9% ont néanmoins déclaré une augmentation de leur pratique, ceci de façon croissante au cours de la période du confinement (15,4% des personnes interrogées du 14 au 16 avril).

Parmi les personnes ayant fait de l’activité sportive (n=1170) 32,7% ont utilisé plus que d’habitude des applications, des vidéos ou la télévision pour en faire.

Sédentarité

Temps passé assis :

  • Pendant le confinement, le temps moyen passé assis a été de 6h19 par jour
  • Un tiers des personnes interrogées (33,4%) a déclaré passer plus de 7h assis par jour, plus fréquemment les 18-24 ans, les personnes ayant travaillé à domicile pendant le confinement et les personnes vivant en milieu urbain
  • Une augmentation du temps passé assis a par ailleurs été perçue par 61,4% des personnes.

Rupture de sédentarité :

  • 44,7% ont déclaré se lever plusieurs fois par heure, la recommandation pendant le confinement étant de le faire au moins toutes les demi-heures2 
  • 55,3% s’est levé moins souvent, en particulier les 18-34 ans, les plus diplômés, les personnes ayant travaillé à domicile pendant le confinement, les personnes vivant en zone urbaine

Temps passé devant un écran pendant le temps libre :

  • Le temps moyen passé devant un écran pendant le temps libre a été de 5h par jour
  • 23,0% des personnes interrogées ont déclaré y consacrer 7h ou plus par jour, plus fréquemment les 18-24 ans, les moins diplômés, les personnes n’ayant pas travaillé pendant le confinement et les personnes vivant en milieu urbain
  • Une augmentation du temps d’écran pendant le temps libre a été déclarée par 59,0% des personnes

Santé mentale, activité physique et sédentarité

Une moindre pratique d’activité physique, un temps passé assis élevé, une rupture de sédentarité peu fréquente et un temps passé devant un écran pour les loisirs ont été plus fréquemment déclarées par :

  • les personnes anxieuses
  • les personnes ayant des troubles dépressifs
  • les personnes ayant des problèmes de sommeil

1 L’activité physique inclut les activités faites au travail, au domicile ou dans le jardin, pour les déplacements ou lors des activités sportives ou de loisirs. 
2 Avis de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail relatif à l’évaluation des risques liés à la réduction du niveau d’activité physique et à l’augmentation du niveau de sédentarité en situation de confinement. Maisons-Alfort, 2020. 22 p.

3 questions à Enguerrand du Roscoat, responsable de l'unité santé mentale, direction de la prévention et de la promotion de la santé à Santé publique France

Pourquoi la santé mentale est-elle si importante en période de confinement ?

La santé mentale, en particulier les troubles anxieux, sont identifiés dans les publications internationales comme un risque majeur lié à la situation épidémique (peur de la maladie pour soi et son entourage) et aux conditions de vie en période de confinement (promiscuité, isolement social, perte de salaire, frustration…). Il est ainsi prioritaire de maintenir un niveau minimal de bien-être et de prévenir à court terme le développement de troubles au sein de la population afin de limiter la sollicitation du système de santé et en particulier des hôpitaux et des urgences par l’afflux des personnes présentant des symptômes d’anxiété ou de stress aigus. Enfin, une dégradation de la santé mentale pourrait avoir des conséquences sur l’adoption d’habitudes de vie défavorables (consommation d’alcool et autres substances psychoactives, nutrition, sommeil…), contribuer à l’augmentation des violences (notamment intrafamiliale) ou encore participer au fardeau économique (arrêts de travail…). 

Quelles informations recherchez-vous en particulier ?

Nous cherchons à estimer l’état de bien-être et la prévalence de troubles psychiques (en particulier anxio-dépressifs) au sein de la population, à identifier les segments de population les plus vulnérables et à en suivre l’évolution afin de veiller à ce que les inégalités ne se creusent pas pendant la période de confinement. 

Après l’enquête, quelles actions concrètes ?

L’analyse des données recueillies après chaque vague ainsi que leurs évolutions nous permettront de mieux répondre aux besoins. L’identification des populations les plus vulnérables et des facteurs associés au bien-être, au mal-être ou aux troubles, sera utile pour mieux orienter et cibler l’offre de prévention.