Covid-19 : une enquête pour suivre l’évolution des comportements et de la santé mentale pendant l'épidémie

Depuis le 23 mars 2020, Santé publique France a lancé l'enquête CoviPrev en population générale afin de suivre l’évolution des comportements (gestes barrières, confinement, consommation d’alcool et de tabac, alimentation et activité physique) et de la santé mentale (bien-être, troubles).

Mis à jour le 16 décembre 2020

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Dans cet article

Face à l’épidémie de Covid-19 et depuis les mesures gouvernementales de confinement du 16 mars 2020, comment les Français réagissent-ils ? Comment cette crise sanitaire inédite modifie-t-elle les comportements, les connaissances, les croyances ? Quel retentissement psychologique dans la population ? Santé publique France a lancé, avec BVA, l'enquête CoviPrev visant à suivre l’évolution des comportements (gestes barrières, confinement) et de la santé mentale en population générale (bien-être, troubles), ainsi que leurs principaux déterminants. Elle sera répétée de façon régulière pendant la période de confinement et de post confinement.

Objectifs

  • suivre l’adoption des mesures de protection et de la santé de la population pendant la période de confinement et de déconfinement 
  • recueillir les informations nécessaires à l’orientation et à l’ajustement des mesures de prévention
  • surveiller les inégalités de santé
  • capitaliser des connaissances utiles à la gestion de futures pandémies  

Méthode de l'enquête

  • Enquêtes quantitatives répétées sur échantillons indépendants
  • Questionnaires auto-administrés à remplir en ligne sur système Cawi (Computer Assisted Web Interview)
  • Echantillons de 2 000 personnes de 18 ans et plus résidant en France métropolitaine recrutés par access panel (Access Panel BVA)
  • Échantillonnage par quotas (sexe, âge, catégorie socio-professionnelles du répondant, région, catégorie d’agglomération) redressé sur le recensement général de la population 2016 

Contenu du questionnaire

Le questionnaire mesure d’une part, la connaissance et la mise en œuvre des mesures de protection et, d’autre part, la santé mentale des personnes pendant l'épidémie de COVID-19.

Ce module répond à l’objectif de pilotage des dispositifs de prévention pendant la période épidémique. Il s’agit de suivre les déterminants les plus susceptibles d’affecter à court terme la situation sanitaire, notamment l’adoption des mesures de protection (déterminants de la contagion) et la santé mentale, également susceptible de présenter un fardeau supplémentaire pour le système de santé. 

Caractéristiques sociodémographiques, connaissances, perceptions, proximité à la maladie, conditions de vie pendant  l'épidémie (confinement…) sont les principaux déterminants de l’adoption des mesures de protection et de la santé mentale recueillis afin de disposer d’informations pour identifier les cibles et leviers d’intervention.

Le questionnaire comporte également de modules complémentaires sur les addictions (alcool et tabac), la nutrition et l'activité physique qui seront intégrés dans une ou plusieurs vagues de l’enquête, afin d’évaluer plus largement l’impact de la situation sur la santé de la population. 

Exploitation des résultats

À court terme, cette surveillance permettra de disposer d’un outil de reporting pour ajuster les stratégies de communication et de prévention des pouvoirs publics, notamment à destination des publics les plus vulnérables.  

À plus long terme, après la crise sanitaire, ce suivi d’indicateurs sera utilisé pour produire et capitaliser des connaissances sur les répercussions du Covid-19 en population générale, sur la santé mentale et d’autres comportements de santé (consommations de substances psychoactives, nutrition, activité physique).

La mise à disposition des résultats sera consécutive à chaque vague d’enquête. Ils sont composés :

  • d'une synthèse avec les résultats principaux ;
  • de tableaux avec les résultats détaillés présentant les prévalences et évolutions des indicateurs en fonction des caractéristiques sociodémographiques, des conditions de vie liées à l’épidémie ainsi que des analyses des déterminants cognitifs et de leurs évolutions (perception de la maladie et des mesures de protection).

Résultats

Les résultats de l'enquête CoviPrev couvrent les thématiques suivantes : santé mentale, adoption des mesures de prévention, addictions, alimentation et activité sportive.

Santé mentale

Synthèse des nouveaux résultats

Les résultats présentés portent sur la vague 18 (23-25 novembre 2020) et sont mis en perspective des résultats des autres vagues d'enquête.

  • La tendance à la hausse des états dépressifs se confirme en vague 18 (23-25 novembre), bien qu’aucune évolution statistiquement significative n’a été observée par rapport à la vague 17 (4-6 novembre),
  • La prévalence des états dépressifs a plus que doublé entre fin septembre (11% en vague 15) et fin novembre (23% en vague 18).
  • Évolution des indicateurs de santé mentale :
    • La satisfaction de vie actuelle, dégradée au début du 1er confinement (-18 points par rapport aux données du Baromètre de Santé publique France 2017), s’était progressivement améliorée en vague 2 puis à la levée du confinement (vague 7). Elle s’est depuis stabilisée mais reste inférieure à celle observée hors épidémie (-7 points par rapport aux données du Baromètre de Santé publique France 2017).
    • Les états anxieux, très élevés au début du 1er confinement, avaient connu une diminution importante lors des premières semaines d’enquête (vagues 2 et 3). Ils sont restés stables depuis la vague 4 mais se maintiennent à un niveau élevé (18,5% en vague 18 vs. 13,5% dans le Baromètre Santé publique France 2017).
    • Les états dépressifs, après une augmentation observée entre les vagues 3 et 4, avaient significativement diminué suite à la levée du 1er confinement (vague 7). En vague 18, la prévalence est restée stable par rapport à la vague 17. Cependant, une augmentation continue des états dépressifs est observée depuis la vague 15 et le taux de personnes concernée a plus que doublé entre fin septembre (11% en vague 15) et fin novembre (23% en vague 18).
    • Les problèmes de sommeil, malgré quelques variations, se sont maintenus à un niveau élevé (supérieur à 60% vs. 49% dans le Baromètre Santé publique France 2017). En vague 18, le pourcentage de personnes déclarant des problèmes de sommeil au cours des 8 derniers jours est supérieur à celui observé en vague 2.
  • Profils de population ayant une santé mentale plus dégradée :
    • Les personnes déclarant des antécédents de trouble psychologique, celles déclarant une situation financière très difficile, les femmes et les 25-34 ans pour les trois indicateurs : anxiété, dépression, problèmes de sommeil.
    • Les 18-34 ans, les étudiants et les personnes des catégories socioprofessionnelles inférieures (CSP-) pour les états anxieux et dépressifs.
    • Les 25-49 ans pour les problèmes de sommeil.
  • Déterminants cognitifs (perception de la situation épidémique et des mesures de prévention) associés à une santé mentale plus dégradée :
    • Le fait de percevoir les mesures de prévention comme peu efficaces ou contraignantes et de se sentir vulnérable au risque d’infection par le coronavirus (SARS-CoV-2) pour les trois indicateurs (anxiété, dépression, problèmes de sommeil).
    • Le fait de percevoir la COVID-19 comme grave pour l’anxiété et les problèmes de sommeil.
    • Le fait de se sentir peu capable d’adopter les mesures de prévention pour l’anxiété et la dépression.
  • Déterminants affectifs (émotions ressenties vis-à-vis de la situation épidémique) associés à une santé mentale plus dégradée :
    • L’inquiétude à l’égard de la santé et de la situation économique pour l’anxiété et les problèmes de sommeil.
    • La colère et l’impuissance pour les états anxieux et dépressifs.
    • Le sentiment de déprime pour l’anxiété et les problèmes de sommeil 
    • La solitude et l’isolement pour la dépression.
  • Conclusion
    • La santé mentale des Français s’est significativement dégradée depuis fin septembre avec une augmentation importante des états dépressifs pour l’ensemble de la population (+12 points). Des hausses importantes ont été observées en particulier chez les jeunes (+18 points chez les 18-24 ans et les 25-34 ans), les étudiants (+29 points) et les personnes déclarant une situation financière très difficile (+18 points).
    • Les données confirment l’impact des facteurs économiques sur la santé mentale. Elles soulignent également l’importance d’accompagner, pendant cette période épidémique, les personnes ayant des antécédents de troubles psychologiques dont les niveaux des états anxieux et dépressifs sont élevés.
    • Les situations diffèrent selon le vécu de la crise sanitaire (inquiétude, colère et sentiment d’impuissance ou encore sentiment de solitude et d’isolement) et selon les contraintes qu’elle fait peser sur chaque individu (notamment en termes de difficultés financières). La hausse des symptômes dépressifs a été observée pour tous les profils sociodémographiques, traduisant une dégradation de l’état de santé mentale à l’échelle de la population.

Il est important de ne pas rester seul face à ses difficultés. Des dispositifs en ligne existent et proposent à toute personne en détresse psychologique, une écoute, un accompagnement et une orientation selon la nature des difficultés et des besoins exprimés. Numéro national gratuit : 0 800 130 000 (24h/24, 7 jours/7). En savoir plus sur nos dispositifs d'aide à distance.

Prévalences et évolutions des indicateurs de santé mentale et des problèmes de sommeil (% pondérés), Enquête CoviPrev, France métropolitaine, novembre 2020
Prévalences et évolutions des indicateurs de santé mentale et des problèmes de sommeil (% pondérés), Enquête CoviPrev, France métropolitaine, novembre 2020
Notes de lecture. Évolutions testées entre échantillons comparables en termes de sexe, âge, CSP, taille d’agglomération et région d’habitation. Lorsqu'une marque (rond) est pleine, la proportion est significativement différente de celle de la vague précédente, test de Wald ajusté, p<0,05. Lorsque la dernière proportion de la série (vague 18) est associée à une étoile, cette proportion est significativement différente de celle du premier point de la série (vague 1 ou 2 selon l'indicateur), test de Wald ajusté, * : p<0,05 ; ** : p<0,01 ; *** : p<0,001 ; lorsqu'elle est soulignée, cette proportion est significativement différente de celle de la première vague de la période postconfinement (vague 7), test de Wald ajusté, p<0,05. HAD : Hospital Anxiety and Depression scale.

Adoption des mesures de prévention pendant l’épidémie de COVID-19

Synthèse des nouveaux résultats

Les résultats présentés portent sur la vague 18 (23-25 novembre).

  • Évolution des comportements de prévention par rapport à la vague précédente :
    • En vague 18, l’adoption systématique de l’ensemble des mesures d’hygiène et de distanciation physique est stable par rapport à la vague 17.
    • Les proportions d’adoption systématiques sont élevées et supérieures à 80% pour plusieurs mesures (porter un masque en public, saluer sans serrer la main et arrêter les embrassades, éviter les rassemblements festifs), mais perfectibles pour d’autres car appliquées systématiquement par seulement 60% des personnes interrogées (éviter les regroupements et les réunions en face-face, garder une distance d’au moins un mètre, utiliser un mouchoir à usage unique).
  • Profils de population adoptant moins les comportements de prévention
    • Quatre indicateurs ont été analysés : 
      • Nombre de mesures d’hygiène systématiquement adoptées parmi les 4 recommandées (se laver régulièrement les mains ; aérer son logement au moins 2 fois par jour pendant 10 à 15 minutes ; tousser dans son coude ; utiliser un mouchoir à usage unique).
      • Nombre de mesures de distanciation physique systématiquement adoptées parmi les 4 recommandées (saluer sans se serrer la main et arrêter les embrassades, garder une distance d’au moins un mètre, éviter les regroupements et réunions en face à face avec des proches qui n’habitent pas avec moi, éviter les rassemblements festifs).
      • Rester confiné à la maison le plus possible.
      • Port systématique du masque en public.
    • Les profils de population adoptant moins les mesures de prévention sont :
      • les hommes pour les 4 indicateurs.
      • les personnes ayant un faible niveau de littératie pour le nombre de mesures d’hygiène et de distanciation physique.
      • les personnes ne présentant pas de risque de développer une forme grave de COVID-19 pour le nombre de mesures de distanciation physique systématiquement adoptées et le fait de rester confiné à la maison le plus possible. 
  • Déterminants cognitifs et affectifs de l’adoption des comportements de prévention. Les facteurs qui déterminent positivement l’adoption systématique des comportements de prévention pour les 4 indicateurs sont :
    • La norme sociale perçue (approbation et adoption des mesures de prévention par les proches).
    • Le fait de se sentir capable d’adopter les mesures de prévention.
    • Le fait de percevoir les mesures de prévention comme peu contraignantes est positivement associé au nombre de mesures de distanciation physique systématiquement adoptées, à l’adoption systématique du port du masque et au fait de rester confiné à la maison le plus possible.
    • L’inquiétude à l’égard des conséquences de l’épidémie sur la santé est positivement associée au nombre de mesures d’hygiène systématiquement adoptées, à l’adoption systématique du port du masque et au fait de rester confiné à la maison le plus possible.
    • La colère est associée négativement au nombre de mesures de distanciation physique systématiquement adoptées, à l’adoption systématique du port du masque en public et au fait de rester confiné à la maison le plus possible. 
    • La frustration est négativement associée au nombre de mesures de distanciation physique systématiquement adoptées et au fait de rester confiné à la maison le plus possible.
  • Conclusion
    • L’adoption systématique des mesures de prévention est stable par rapport à la vague précédente et se maintient à un niveau élevé.
    • En l’absence de traitement ou de vaccin, les seules mesures de prévention efficaces restent comportementales (hygiène, distance, port du masque…). Les principaux déterminants de l’adoption des mesures de prévention par la population sont la norme sociale (approbation et adoption des mesures de prévention par l’entourage) et la facilité perçue à les mettre en œuvre : il est donc crucial pour le contrôle de l’épidémie, en particulier dans une perspective d’allègement du confinement, de maintenir et valoriser une norme positive de protection pour autrui et de faciliter l’adoption de l’ensemble des mesures de prévention imposées ou préconisées dans les différents milieux de vie (école, transport, travail).
Fréquences de l'adoption systématique déclarée des mesures de prévention et évolutions (% pondérés). Enquête CoviPrev, France métropolitaine, novembre 2020
Fréquences de l'adoption systématique déclarée des mesures de prévention et évolutions (% pondérés). Enquête CoviPrev, France métropolitaine, novembre 2020
Notes de lecture. Évolutions testées entre échantillons comparables en termes de sexe, âge, CSP, taille d’agglomération et région d’habitation. Lorsqu'une marque (rond) est pleine, la proportion est significativement différente de celle de la vague précédente, test de Wald ajusté, p<0,05, Lorsque la dernière proportion de la série (vague 18) est associée à une étoile, cette proportion est significativement différente de celle du premier point de la série (vague 2), test de Wald ajusté, * : p<0,05 ; ** : p<0,01 ; *** : p<0,001 ; lorsqu’elle est soulignée, cette proportion est significativement différente de celle de la première vague de la période post-confinement (vague 7), test de Wald ajusté, p<0,05.

Evolution des usages de tabac et d’alcool pendant le confinement

Synthèse vague 2 (30 mars-1er avril)

Les analyses présentées portent sur les évolutions déclarées des niveaux de consommation de tabac et d'alcool pendant le confinement.

Evolution des usages de tabac

Parmi les fumeurs interrogés (n=422) :

  • 27% déclarent que leur consommation de tabac a augmenté depuis le confinement
  • 55% qu’elle est stable
  • 19% qu’elle a diminué

Les individus déclarant avoir augmenté leur consommation étaient quasiment tous déjà fumeurs avant le confinement (94%). La hausse moyenne du nombre de cigarettes fumées par les fumeurs quotidiens est de 5 cigarettes par jour.

Les raisons mentionnées par les fumeurs déclarant avoir augmenté leur consommation étaient dans l’ordre (n=104, plusieurs réponses possibles) :

  • l’ennui, le manque d’activité (74%)
  • le stress (48%)
  • le plaisir (10%)

L’augmentation de la consommation de tabac est plus fréquemment mentionnée par :

  • les 25-34 ans (41%)
  • les actifs travaillant à domicile (37%)
  • les femmes (31%)

L’augmentation de la consommation de tabac augmente avec le niveau d’anxiété et elle est plus fréquente en cas de dépression probable ou certaine. 

Evolution des usages d’alcool

Parmi les usagers d’alcool interrogés (n=1344) :

  • 11% déclarent que leur consommation d’alcool a augmenté depuis le confinement
  • 65% qu’elle est stable
  • 24% qu’elle a diminué

Les raisons mentionnées par les consommateurs d’alcool déclarant avoir augmenté leur consommation étaient dans l’ordre :

  • le plaisir (45%)
  • l’ennui, le manque d’activité (32%)
  • le stress (15%)

Ils sont 51% à déclarer avoir augmenté leur fréquence de consommation, 10% le nombre de verres bus les jours de consommation et 23% les deux paramètres (notons que les données détaillées sont incohérentes pour 15% des répondants).

L’augmentation de la consommation d’alcool est plus fréquemment mentionnée par :

  • les moins de 50 ans (entre 14% et 17% selon les classes d’âge)
  • les individus vivant dans une ville de plus de 100 000 habitants (13%)
  • Les parents d’enfants de moins de 16 ans (18%)

L’augmentation de la consommation d’alcool augmente avec le risque d’anxiété et de dépression. 

Evolution du poids et de comportements liés à l’alimentation pendant le confinement

Synthèse vague 3 (14-16 avril)

Les analyses présentées portent sur les évolutions déclarées du poids, du grignotage, du « cuisiner des plats-maison », de l’accessibilité des produits alimentaires et de l’attention portée à son budget alimentaire.

Evolution du poids

Parmi l’ensemble des personnes interrogées (n=2010) :

  • 27% déclarent avoir pris du poids
  • 11% en avoir perdu
  • 62% avoir un poids stable

Avoir pris du poids est plus fréquemment mentionné :

  • en cas de situation financière très difficile (36%)
  • par les parents (34%)
  • les moins de 40 ans (31%)
  • par ceux mangeant en plus grande quantité (66%) et grignotant davantage entre les repas (60%) que d’habitude
  • en cas de troubles dépressifs (42%), de problèmes de sommeil (36%) et de niveau élevé d’anxiété (37%)

Avoir perdu du poids est plus fréquemment mentionné :

  • par les moins de 40 ans (14%)
  • ceux mangeant en moindre quantité (33%) et grignotant moins (25%) que d’habitude
  • en cas de niveau élevé d’anxiété (14%)

Evolution du grignotage

Parmi l’ensemble des personnes interrogées (n=2010) :

  • 22% déclarent grignoter entre les repas plus que d’habitude
  • 17% moins que d’habitude
  • 61% n’ont rien changé

Evolution du "cuisiner des plats-maison"

Parmi l’ensemble des personnes interrogées (n=2010) :

  • 37% déclarent cuisiner des plats-maison plus que d’habitude
  • 4% moins que d’habitude
  • 59% n’ont rien changé

Evolution de l’accessibilité des produits alimentaires

Parmi l’ensemble des personnes interrogées (n=2010) :

  • 57% déclarent trouver moins que d’habitude les aliments qu’ils souhaitent dans les magasins
  • 3% plus que d’habitude
  • 40% autant qu’avant

Evolution de l’attention portée au budget alimentaire

Parmi l’ensemble des personnes interrogées (n=2010) :

  • 23% portent plus d’attention que d’habitude à leur budget alimentaire
  • 14% moins que d’habitude
  • 63% n’ont rien changé

Grignoter entre les repas plus que d’habitude, trouver moins que d’habitude les aliments que l’on souhaite dans les magasins et porter plus d’attention que d’habitude à son budget alimentaire est plus fréquemment mentionné par les moins de 40 ans, les parents, les femmes, en cas de situation financière très difficile.
C’est également le cas pour les personnes présentant des troubles dépressifs, ayant des problèmes de sommeil et en cas d’anxiété. 

Evolution de l'activité physique, du temps passé assis et du temps passé devant un écran pendant le confinement

Synthèse vague 6 (4 au 6 mai)

Les analyses présentées portent sur les prévalences et évolutions déclarées de l'activité physique, du temps passé assis et du temps passé devant un écran pendant le confinement (n=2000). 

Activité physique 

Parmi l’ensemble des personnes interrogées :

  • 57,6% ont fait moins des 30 min jour d’activité physique1 recommandées pendant le confinement. Ceci a été plus fréquemment le cas des femmes, des 25-49 ans, des moins diplômés, des parents d’enfants de 16 ans ou moins et des personnes vivant en zone urbaine.

Comparé à leurs pratiques d’avant le confinement :

  • 47,4% des personnes ont déclaré une diminution de leur activité physique dans son ensemble
  • 58,9% une diminution de la marche
  • 37,1% une diminution de leur activité sportive

Concernant l’activité sportive, 17,9% ont néanmoins déclaré une augmentation de leur pratique, ceci de façon croissante au cours de la période du confinement (15,4% des personnes interrogées du 14 au 16 avril).

Parmi les personnes ayant fait de l’activité sportive (n=1170) 32,7% ont utilisé plus que d’habitude des applications, des vidéos ou la télévision pour en faire.

Sédentarité

Temps passé assis :

  • Pendant le confinement, le temps moyen passé assis a été de 6h19 par jour
  • Un tiers des personnes interrogées (33,4%) a déclaré passer plus de 7h assis par jour, plus fréquemment les 18-24 ans, les personnes ayant travaillé à domicile pendant le confinement et les personnes vivant en milieu urbain
  • Une augmentation du temps passé assis a par ailleurs été perçue par 61,4% des personnes.

Rupture de sédentarité :

  • 44,7% ont déclaré se lever plusieurs fois par heure, la recommandation pendant le confinement étant de le faire au moins toutes les demi-heures2 
  • 55,3% s’est levé moins souvent, en particulier les 18-34 ans, les plus diplômés, les personnes ayant travaillé à domicile pendant le confinement, les personnes vivant en zone urbaine

Temps passé devant un écran pendant le temps libre :

  • Le temps moyen passé devant un écran pendant le temps libre a été de 5h par jour
  • 23,0% des personnes interrogées ont déclaré y consacrer 7h ou plus par jour, plus fréquemment les 18-24 ans, les moins diplômés, les personnes n’ayant pas travaillé pendant le confinement et les personnes vivant en milieu urbain
  • Une augmentation du temps d’écran pendant le temps libre a été déclarée par 59,0% des personnes

Santé mentale, activité physique et sédentarité

Une moindre pratique d’activité physique, un temps passé assis élevé, une rupture de sédentarité peu fréquente et un temps passé devant un écran pour les loisirs ont été plus fréquemment déclarées par :

  • les personnes anxieuses
  • les personnes ayant des troubles dépressifs
  • les personnes ayant des problèmes de sommeil

1 L’activité physique inclut les activités faites au travail, au domicile ou dans le jardin, pour les déplacements ou lors des activités sportives ou de loisirs. 
2 Avis de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail relatif à l’évaluation des risques liés à la réduction du niveau d’activité physique et à l’augmentation du niveau de sédentarité en situation de confinement. Maisons-Alfort, 2020. 22 p.

3 questions à Enguerrand du Roscoat, responsable de l'unité santé mentale, direction de la prévention et de la promotion de la santé à Santé publique France

Pourquoi la santé mentale est-elle si importante en période de confinement ?

La santé mentale, en particulier les troubles anxieux, sont identifiés dans les publications internationales comme un risque majeur lié à la situation épidémique (peur de la maladie pour soi et son entourage) et aux conditions de vie en période de confinement (promiscuité, isolement social, perte de salaire, frustration…). Il est ainsi prioritaire de maintenir un niveau minimal de bien-être et de prévenir à court terme le développement de troubles au sein de la population afin de limiter la sollicitation du système de santé et en particulier des hôpitaux et des urgences par l’afflux des personnes présentant des symptômes d’anxiété ou de stress aigus. Enfin, une dégradation de la santé mentale pourrait avoir des conséquences sur l’adoption d’habitudes de vie défavorables (consommation d’alcool et autres substances psychoactives, nutrition, sommeil…), contribuer à l’augmentation des violences (notamment intrafamiliale) ou encore participer au fardeau économique (arrêts de travail…). 

Quelles informations recherchez-vous en particulier ?

Nous cherchons à estimer l’état de bien-être et la prévalence de troubles psychiques (en particulier anxio-dépressifs) au sein de la population, à identifier les segments de population les plus vulnérables et à en suivre l’évolution afin de veiller à ce que les inégalités ne se creusent pas pendant la période de confinement. 

Après l’enquête, quelles actions concrètes ?

L’analyse des données recueillies après chaque vague ainsi que leurs évolutions nous permettront de mieux répondre aux besoins. L’identification des populations les plus vulnérables et des facteurs associés au bien-être, au mal-être ou aux troubles, sera utile pour mieux orienter et cibler l’offre de prévention.