Tabac

Responsable de plus de 75 000 décès par an, le tabagisme est encore d’usage courant en France. Après une période de relative stabilité entre 2010 et 2016, sa consommation est désormais en baisse.

Mis à jour le 29 novembre 2019

Tabac : données

Bien qu’en diminution, avec près d’un tiers de la population qui fume, la prévalence du tabagisme reste en France à un niveau élevé. Elle est ainsi plus élevée que dans les pays d’Europe occidentale : l’Allemagne, la Belgique et les Pays-Bas comptent environ un quart de fumeurs, l’Italie un cinquième. La Grande-Bretagne, avec 16% de fumeurs en 2016, se rapproche des États-Unis et de l’Australie (15% de fumeurs en 2014-2015). La prévalence tabagique diffère selon les âges, le sexe, les régions, le niveau de vie.

Selon l’OFDT, le coût social du tabac (valeur des vies humaines perdues, perte de la qualité de vie, pertes de production, et coût pour les finances publiques) est d’environ 120 milliards d’euros

Le tabagisme reste répandu en france mais est en diminution

En 2017, la prévalence du tabagisme quotidien avait baissé, baisse d’ampleur inédite en France depuis 2005. Les données du Baromètre de Santé publique France 2018 confirment cette baisse.

En 2018,

  • 32,0% des personnes de 18-75 ans résidant en France métropolitaine déclaraient fumer et 25,4% quotidiennement
  • les fumeurs quotidiens consommaient en moyenne 13,0 cigarettes (ou équivalent) par jour.
Statut tabagique des 18-75 ans en France en 2017 et 2018
Statut tabagique des 18-75 ans en France métropolitaine, 2017-2018
Baromètres de Santé publique France 2017 et 2018, Santé publique France. Les * indiquent une évolution significative entre 2017 et 2018 : * p<0,05.

Comparativement à 2017, la prévalence du tabagisme actuel (quotidien ou occasionnel) est stable, celle du tabagisme quotidien a significativement diminué.
Les quantités de tabac fumé sont dans la continuité des dernières estimations montrant une diminution de la quantité moyenne fumée depuis 2010.

Les hommes fument plus que les femmes mais les écarts se sont réduits sur le long terme

En 2018,

  • 35,3% des hommes et 28,9 des femmes (p<0,001), des femmes âgées de 18-75 ans déclaraient fumer
  • La prévalence du tabagisme quotidien s’élevait à 28,2% parmi les hommes et 22,9% parmi les femmes
  • La prévalence du tabagisme occasionnel s’élevait à 6,6% sans différence significative entre les hommes et les femmes.
  • Parmi les fumeurs quotidiens :
    • Les hommes consommaient en moyenne 14,0 cigarettes par jour
    • Et les femmes 11,9.
Prévalence du tabagisme quotidien selon le sexe parmi les 18-75 ans, France, 2000-2018
Statut tabagique des 18-75 ans en France métropolitaine, 2017-2018
Baromètres santé 2000, 2005, 2010, 2014, 2016 et Baromètres de Santé publique France 2017 et 2018, Santé publique France. Les * indiquent une évolution significative entre 2017 et 2018 : * p<0,05).

Le tabagisme n’est pas rare pendant la grossesse

Lors de l’enquête Baromètre de Santé publique France 2017, parmi les mères d’enfants de cinq ans ou moins, 27,9 % déclaraient qu’elles fumaient lorsqu’elles ont appris être enceintes. Parmi elles, 30 % ont déclaré avoir arrêté dès qu’elles l’ont appris et 20 % pendant leur grossesse.
Parmi les femmes enceintes lors de l’enquête Baromètre de Santé publique France 2017, 24,7 % fumaient au moins occasionnellement et 22,3 % quotidiennement. Parmi les femmes enceintes, 63,4 % ont déclaré avoir été informées de l’impact éventuel de la consommation de tabac sur la grossesse et sur leur enfant par un médecin ou une sage-femme.

Des évolutions différentes selon les caractéristiques sociodémographiques

Les évolutions diffèrent selon les classes d’âge et le sexe.
Ainsi, entre 2017 et 2018 on constate, pour le tabagisme quotidien :

  • Une baisse chez les hommes de 25-34 ans
  • Une baisse chez les femmes de 45-54 ans (faisant suite à une augmentation entre 2016 et 2017)
  • Une augmentation chez les femmes de 55-64 ans (faisant suite à une diminution entre 2016 et 2017)
  • Des prévalences observées sur les tranches 18-24 ans, 35-44 ans et 65-75 ans stables par rapport à 2017, quel que soit le sexe
  • En 2018, la différence des prévalences entre hommes et femmes n’est significative que pour les tranches 35-44 ans et 45-54 ans.
Prévalence (en %) du tabagisme quotidien selon l’âge et le sexe parmi les 18-75 ans, France, 2000-2018
prévalence du tabagisme quotidien selon l’âge et le sexe parmi les 18-75 ans, France, 2000-2018
Baromètres santé 2000, 2005, 2010, 2014, 2016 et Baromètres de Santé publique France 2017 et 2018, Santé publique France. Les * indiquent une évolution significative entre 2017 et 2018 : * p<0,05 ; ** p<0,01.

Une stabilisation des inégalités sociales de santé en matière de tabagisme qui restent néanmoins marquées

Entre 2017 et 2018, la prévalence du tabagisme quotidien a significativement diminué parmi les personnes non diplômées tandis qu’elle est restée stable au sein des autres groupes de diplômés. Ainsi en 2018, 19,4 % des personnes les plus diplômées (niveau de diplôme supérieur au baccalauréat) fument quotidiennement versus 28,2 % dans le reste de la population (p<0,001).
Aucune évolution significative de la prévalence du tabagisme quotidien n’est observée entre 2017 et 2018 selon le niveau de revenu et la situation professionnelle.
En 2018, les différences significatives selon le niveau de revenu persistent : plus le revenu augmente, moins la prévalence du tabagisme quotidien est élevée (p<0,001). De plus, en 2018, la prévalence du tabagisme quotidien est maximale parmi les chômeurs (39,9 %), minimale parmi les étudiants (19,5 %) et intermédiaire parmi les actifs occupés (28,0 %, p<0,001).
L’ensemble de ces résultats semble confirmer une interruption de l’accroissement des inégalités sociales de santé liées au tabagisme qui avait été observé entre 2000 et 2016, selon ces critères de diplôme, de revenu et de situation professionnelle.

Prévalence du tabagisme quotidien selon le diplôme (18-75 ans), le revenu par unité de consommation (18-75 ans) et la situation professionnelle (18-64 ans), France, 2000-2018 

Selon le diplôme
prévalence du tabagisme quotidien selon le diplôme parmi les 18-75 ans, France, 2000-2018
Selon le revenu mensuel par unité de consommation
prévalence du tabagisme quotidien selon les revenus parmi les 18-75 ans, France, 2000-2018
Selon la situation professionnelle
prévalence du tabagisme quotidien selon la situation professionnelle parmi les 18-64 ans, France, 2000-2018
Sources : Baromètres santé 2000, 2005, 2010, 2014, 2016 et Baromètres de Santé publique France 2017 et 2018, Santé publique France. Les * indiquent une évolution significative entre 2017 et 2018 : *** p<0,001.

Une baisse qui concerne aussi l’entrée dans le tabagisme

Plusieurs faits sont notables :

  • la part des personnes n’ayant jamais fumé, s’est accrue de 34,3% à36,6% entre 2016 et 2018 (Baromètre santé)
  • l’âge de l’expérimentation est en recul, passé de 14 ans à 14,4 ans entre 2014 et 2017 parmi les jeunes de 17 ans ayant déjà fumé (Escapad).
  • la part des jeunes de 17 ans qui ont expérimenté la cigarette a baissé, passant de 68,4% en 2014 à 59,0% en 2017.

Une baisse différenciée selon les régions

Il existe des inégalités régionales en termes de tabagisme.
En 2017, le tabagisme quotidien parmi les 18-75 ans variait de 21,3% à 32,1% selon les régions de France métropolitaine.

Deux régions avaient une prévalence moins élevée que le reste du territoire métropolitain :

  • l’Ile-de-France (21,3%)
  • les Pays de la Loire (23,0%)

Quatre régions avaient une prévalence plus élevée que le reste du territoire :

  • le Grand Est (30,1%)
  • l’Occitanie (30,3%)
  • les Hauts-de-France (30,5%)
  • la région Provence-Alpes-Côte d’Azur (32,1%)

La baisse de la consommation tabagique ne s’observe pas dans toutes les régions. Seules deux d’entre elles ont connu des baisses significatives de consommation quotidienne de tabac depuis 2014 : l’Ile-de-France et la Normandie.

A lire aussi

Publication des premiers bulletins de santé publique dédiés au tabac pour chaque région de France

En savoir plus
Prévalence (en %) du tabagisme quotidien par région parmi les 18-75 ans, France métropolitaine, 2017
prévalence du tabagisme quotidien par région parmi les 18-75 ans, France métropolitaine, 2017

Des tentatives d’arrêt stables

En 2018, parmi les fumeurs quotidiens, 56,5 % avaient envie d’arrêter de fumer. Cette proportion est proche de celle observée en 2017.
Les fumeurs occasionnels n’étaient, en comparaison, que 46,8 % à déclarer vouloir arrêter de fumer (p<0,01).
En 2018, 24,9 % des fumeurs quotidiens avaient fait une tentative d’arrêt d’au moins une semaine au cours de la dernière année (différence non significative par rapport à 2017).

Un usage de l’e-cigarette qui progresse

En 2018, 34,7 % des 18-75 ans avaient déjà essayé l’e-cigarette et 5,3 % l’utilisaient lors de l’enquête, 3,8 % quotidiennement. Ces trois indicateurs ont augmenté significativement par rapport à l’année 2017 pour laquelle ils étaient estimés respectivement à 32,8 % (p<0,01), 3,8 % (p<0,001) et 2,7 % (p<0,001).
L’e-cigarette attire principalement les fumeurs. La grande majorité des fumeurs l’a d’ailleurs déjà essayée.

Un impact du paquet neutre

Recommandé par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) depuis 2008, le conditionnement neutre des produits du tabac a été rendu obligatoire en France pour les paquets mis en vente à partir du 1er janvier 2017.

Santé publique France a mesuré l’impact de cette mesure en comparant les perceptions des fumeurs avant l’introduction du nouveau paquet (2016) et après (2017). Pour cela, deux indicateurs ont été utilisés : le fait que l’aspect du paquet que les fumeurs achètent habituellement leur plaît, et la gêne qu’ils ont à sortir leur paquet à cause de son aspect.

Les résultats montrent :

  • Que la part de fumeurs qui déclarent que l’aspect de leur paquet de cigarettes leur plaît a été divisée par trois en 2017 (16 %) par rapport à 2016 (53 %).
  • Que les fumeurs qui sont gênés de sortir leur paquet à la vue de tous à cause de son aspect sont deux fois plus nombreux en 2017 (12 %) qu’en 2016 (6 %).
  • Qu’une baisse importante de l’attractivité du paquet liée à son aspect est observée chez les 18-24 ans : ils sont dorénavant aussi peu nombreux que les autres à apprécier l’aspect du paquet.

Une évolution de la perception des risques liés au tabagisme

Les perceptions de la population sur le tabagisme, ses risques associés et les bénéfices liés à l’arrêt, peuvent influencer les comportements. Voici les principaux enseignements de la dernière édition Baromètre Cancer de Santé publique France et de l’Institut national du cancer (2015) :  

  • Plus de neuf personnes sur dix considèrent ainsi que fumer du tabac favorise l’apparition d’un cancer mais le risque perçu de cancer lié au tabagisme est plus faible parmi les personnes les moins diplômées et ayant les plus bas revenus.
  • Neuf personnes sur dix se considèrent comme bien informées sur les effets du tabac sur la santé mais ce sentiment est moins répandu parmi les personnes sans diplôme ou aux diplômes les moins élevés et parmi les personnes aux revenus les moins élevés
  • Trois quarts des fumeurs quotidiens craignent d’avoir un cancer dû au tabac mais les seuils de dangerosité perçus en nombre de cigarettes et en nombre d’années restent élevés : douze cigarettes par jour et seize années et demie en moyenne sont les seuils à partir desquels les fumeurs considèrent qu’il y a un risque d’avoir un cancer dû au tabac. Les différences socio-économiques observées concernant le risque perçu des effets du tabagisme persistent en 2015.
  • Trois fumeurs sur dix déclarent avoir abordé la question du tabac avec un médecin au cours de l’année passée, à part égale entre initiative du fumeur et initiative du médecin. Aucune amélioration n'est constatée depuis 2010.

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