Tabac

Responsable de plus de 75 000 décès par an, le tabagisme est encore d’usage courant en France. Après une période de relative stabilité entre 2010 et 2016, sa consommation est désormais en baisse.

Mis à jour le 09 juin 2020

Tabac : données

Bien qu’en diminution, avec trois personnes sur dix qui fument, la prévalence du tabagisme reste en France à un niveau élevé. Elle est ainsi plus élevée que dans les pays d’Europe occidentale : l’Allemagne, la Belgique et les Pays-Bas comptent environ un quart de fumeurs, l’Italie un cinquième. La Grande-Bretagne, avec 15% de fumeurs en 2018, se rapproche des États-Unis et de l’Australie (14% de fumeurs). La prévalence tabagique diffère selon les âges, le sexe, les régions, le niveau de vie.

Selon l’OFDT, le coût social du tabac (valeur des vies humaines perdues, perte de la qualité de vie, pertes de production, et coût pour les finances publiques) est d’environ 120 milliards d’euros.

Le tabagisme reste répandu en france mais est en diminution

Les données du Baromètre de Santé publique France 2019 confirment la baisse du tabagisme observée depuis 2016.

En 2019,

  • trois Français de 18-75 ans sur dix déclaraient fumer (30,4 %)
  • près d’un quart des 18-75 ans fumait quotidiennement (24,0 %)
  • les fumeurs quotidiens consommaient en moyenne 12,5 cigarettes (ou équivalent) par jour.

La lutte contre le tabagisme a été renforcée depuis 2014 avec la mise en place de plans nationaux dont découlent un certain nombre de mesures comme  le paquet neutre, le remboursement des substituts nicotiniques comme n’importe quel médicament, des campagnes de prévention renouvelées avec l’opération Mois sans tabac et la hausse des prix pour atteindre un paquet à 10 € en 2020.

Cinq ans après leur mise en place, le tabagisme est en baisse de 3,9 points et de 4,5 points pour le tabagisme quotidien. C’est la première fois depuis le début des années 2000 qu’une baisse de cette ampleur est constatée.

-4,5

points de fumeurs quotidiens en 5 ans

Les quantités de tabac fumé sont dans la continuité des dernières estimations montrant une diminution de la quantité moyenne fumée depuis 2010.

Statut tabagique des 18-75 ans en France, évolution 2014-2019
Statut tabagique des 18-75 ans en France, évolution 2014-2019
Baromètres de Santé publique France 2014 et 2019, Santé publique France. Les * indiquent une évolution significative entre 2014 et 2019 : *** p<0,001.

Les hommes fument plus que les femmes

En 2019,

  • 34,6% des hommes et 26,5 des femmes (p<0,001), des femmes âgées de 18-75 ans déclaraient fumer
  • La prévalence du tabagisme quotidien s’élevait à 27,5% parmi les hommes et 20,7% parmi les femmes
  • La prévalence du tabagisme occasionnel s’élevait à 6,4% sans différence significative entre les hommes et les femmes
  • Parmi les fumeurs quotidiens :
    • Les hommes consommaient en moyenne 13,5 cigarettes par jour
    • Et les femmes 11,4.
Prévalence du tabagisme quotidien selon le sexe parmi les 18-75 ans, France, 2000-2019
Prévalence du tabagisme quotidien selon le sexe parmi les 18-75 ans, France, 2000-2019
Baromètres santé 2000, 2005, 2010, 2014, 2016 et Baromètres de Santé publique France 2017, 2018 et 2019, Santé publique France. Les * indiquent une évolution significative entre 2014 et 2019 : *** p<0,001).

Le tabagisme n’est pas rare pendant la grossesse

Lors de l’enquête Baromètre de Santé publique France 2017, parmi les mères d’enfants de cinq ans ou moins, 27,9 % déclaraient qu’elles fumaient lorsqu’elles ont appris être enceintes. Parmi elles, 30 % ont déclaré avoir arrêté dès qu’elles l’ont appris et 20 % pendant leur grossesse.Parmi les femmes enceintes lors de l’enquête Baromètre de Santé publique France 2017, 24,7 % fumaient au moins occasionnellement et 22,3 % quotidiennement. Parmi les femmes enceintes, 63,4 % ont déclaré avoir été informées de l’impact éventuel de la consommation de tabac sur la grossesse et sur leur enfant par un médecin ou une sage-femme.

Des baisses significatives chez les 18-54 ans

L’analyse de l’évolution de la prévalence du tabagisme quotidien par tranche d’âge, entre 2014 et 2019, montre des baisses significatives pour chacune des tranches d’âge entre 18 et 54 ans. En revanche, la prévalence du tabagisme quotidien est globalement stable parmi les personnes âgées de 55 à 75 ans.
L’analyse de ces évolutions selon la tranche d’âge et le sexe indique des baisses significatives :

  • parmi les hommes de trois tranches d’âge : 25-34 ans, 35-44 ans et 45-54 ans ;
  • parmi les femmes des mêmes tranches d’âge : 25-34 ans, 35-44 ans et 45-54 ans.
Prévalence (en %) du tabagisme quotidien selon l’âge et le sexe parmi les 18-75 ans, France, 2000-2019
Prévalence (en %) du tabagisme quotidien selon l’âge et le sexe parmi les 18-75 ans, France, 2000-2019
Baromètres santé 2000, 2005, 2010, 2014, 2016 et Baromètres de Santé publique France 2017, 2018 et 2019, Santé publique France. Les * indiquent une évolution significative entre 2014 et 2019 : * p<0,05 ; ** p<0,01.

Une stabilisation des inégalités sociales de santé en matière de tabagisme qui restent néanmoins marquées

Selon le niveau de diplôme

Entre 2014 et 2019, la prévalence du tabagisme quotidien selon le niveau de diplôme est en baisse significative parmi les personnes non diplômées (de 39,6 % à 32,0 %), parmi les titulaires du Baccalauréat (de 28,9 % à 22,4 %) et parmi celles ayant un diplôme supérieur au baccalauréat (de 20,1 % à 17,7 %). Elle est stable uniquement pour les personnes ayant un diplôme inférieur au baccalauréat. La prévalence du tabagisme quotidien reste ainsi en 2019 plus élevée lorsque le niveau de diplôme diminue.

Selon le niveau de revenus

Entre 2014 et 2019, la prévalence du tabagisme diminue pour tous les niveaux de revenus. Le constat reste le même : plus le revenu est élevé, plus la prévalence du tabagisme quotidien est faible, de 29,8 % parmi les personnes dont le revenu correspondait à la tranche la plus basse à 18,2 % parmi la tranche de revenu la plus élevée, soit un écart de 12 points.

Selon la situation professionnelle

Entre 2014 et 2019, la prévalence du tabagisme quotidien diminue parmi les actifs occupés (de 30,3 % à 25,3 %). Elle est stable et reste nettement plus élevée parmi les personnes au chômage (42,7 % en 2019). Elle est stable également parmi les étudiants, au même niveau que les actifs occupés (25,4 % en 2019). Ainsi, les inégalités sociales restent très marquées, avec un écart de 17 points entre personnes au chômage et actifs occupés.

Prévalence du tabagisme quotidien selon le diplôme (18-75 ans), le revenu par unité de consommation (18-75 ans) et la situation professionnelle (18-64 ans), France, 2000-2019 

Selon le niveau de diplôme
prévalence du tabagisme quotidien selon le diplôme parmi les 18-75 ans, France, 2000-2019
Selon le revenu mensuel par unité de consommation
prévalence du tabagisme quotidien selon les revenus parmi les 18-75 ans, France, 2000-2019
Selon la situation professionnelle
prévalence du tabagisme quotidien selon la situation professionnelle parmi les 18-64 ans, France, 2000-2019
Sources : Baromètres santé 2000, 2005, 2010, 2014, 2016 et Baromètres de Santé publique France 2017, 2018 et 2019, Santé publique France. Les * indiquent une évolution significative entre 2014 et 2019 : *** p<0,001.

Une baisse qui concerne aussi l’entrée dans le tabagisme

Plusieurs faits sont notables :

  • la part des personnes n’ayant jamais fumé, s’est accrue de 33,7% à37,7% entre 2014 et 2019 (source : Baromètre santé) ;
  • l’âge de l’expérimentation est en recul, passé de 14 ans à 14,4 ans entre 2014 et 2017 parmi les jeunes de 17 ans ayant déjà fumé (source : enquête Escapad) ;
  • la part des jeunes de 17 ans qui ont expérimenté la cigarette a baissé, passant de 68,4% en 2014 à 59,0% en 2017.

Une baisse différenciée selon les régions

Il existe des inégalités régionales en termes de tabagisme. En 2017, le tabagisme quotidien parmi les 18-75 ans variait de 21,3% à 32,1% selon les régions de France métropolitaine.

Deux régions avaient une prévalence moins élevée que le reste du territoire métropolitain :

  • l’Ile-de-France (21,3%)
  • les Pays de la Loire (23,0%)

Quatre régions avaient une prévalence plus élevée que le reste du territoire :

  • le Grand Est (30,1%)
  • l’Occitanie (30,3%)
  • les Hauts-de-France (30,5%)
  • la région Provence-Alpes-Côte d’Azur (32,1%)

La baisse de la consommation tabagique ne s’observe pas dans toutes les régions. Seules deux d’entre elles ont connu des baisses significatives de consommation quotidienne de tabac depuis 2014 : l’Ile-de-France et la Normandie.

A lire aussi

Publication des premiers bulletins de santé publique dédiés au tabac pour chaque région de France

En savoir plus
Prévalence (en %) du tabagisme quotidien par région parmi les 18-75 ans, France métropolitaine, 2017
prévalence du tabagisme quotidien par région parmi les 18-75 ans, France métropolitaine, 2017

Des tentatives d’arrêt stables

En 2019, 33,3 % des fumeurs quotidiens ont fait une tentative d’arrêt d’au moins une semaine au cours de la dernière année Cette proportion est en hausse significative par rapport à 2018 (24,9 %, p<0,001) et à 2014 (28,1 %, p<0,01).

Un usage de l’e-cigarette qui progresse

En 2019, 34,4 % des 18-75 ans avaient déjà essayé l’e-cigarette et 5,7 % l’utilisaient lors de l’enquête, 4,4 % quotidiennement. Seule la prévalence du vapotage quotidien augmente significativement par rapport à 2014 (3,0 %, p<0,001).L’e-cigarette attire principalement les fumeurs. La grande majorité des fumeurs l’a d’ailleurs déjà essayée.

Un impact du paquet neutre

Recommandé par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) depuis 2008, le conditionnement neutre des produits du tabac a été rendu obligatoire en France pour les paquets mis en vente à partir du 1er janvier 2017.

Santé publique France a mesuré l’impact de cette mesure en comparant les perceptions des fumeurs avant l’introduction du nouveau paquet (2016) et après (2017). Pour cela, deux indicateurs ont été utilisés : le fait que l’aspect du paquet que les fumeurs achètent habituellement leur plaît, et la gêne qu’ils ont à sortir leur paquet à cause de son aspect.

Les résultats montrent :

  • Que la part de fumeurs qui déclarent que l’aspect de leur paquet de cigarettes leur plaît a été divisée par trois en 2017 (16 %) par rapport à 2016 (53 %).
  • Que les fumeurs qui sont gênés de sortir leur paquet à la vue de tous à cause de son aspect sont deux fois plus nombreux en 2017 (12 %) qu’en 2016 (6 %).
  • Qu’une baisse importante de l’attractivité du paquet liée à son aspect est observée chez les 18-24 ans : ils sont dorénavant aussi peu nombreux que les autres à apprécier l’aspect du paquet.

Une évolution de la perception des risques liés au tabagisme

Les perceptions de la population sur le tabagisme, ses risques associés et les bénéfices liés à l’arrêt, peuvent influencer les comportements. Voici les principaux enseignements de la dernière édition Baromètre Cancer de Santé publique France et de l’Institut national du cancer (2015) :  

  • Plus de neuf personnes sur dix considèrent ainsi que fumer du tabac favorise l’apparition d’un cancer mais le risque perçu de cancer lié au tabagisme est plus faible parmi les personnes les moins diplômées et ayant les plus bas revenus.
  • Neuf personnes sur dix se considèrent comme bien informées sur les effets du tabac sur la santé mais ce sentiment est moins répandu parmi les personnes sans diplôme ou aux diplômes les moins élevés et parmi les personnes aux revenus les moins élevés
  • Trois quarts des fumeurs quotidiens craignent d’avoir un cancer dû au tabac mais les seuils de dangerosité perçus en nombre de cigarettes et en nombre d’années restent élevés : douze cigarettes par jour et seize années et demie en moyenne sont les seuils à partir desquels les fumeurs considèrent qu’il y a un risque d’avoir un cancer dû au tabac. Les différences socio-économiques observées concernant le risque perçu des effets du tabagisme persistent en 2015.
  • Trois fumeurs sur dix déclarent avoir abordé la question du tabac avec un médecin au cours de l’année passée, à part égale entre initiative du fumeur et initiative du médecin. Aucune amélioration n'est constatée depuis 2010.

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