Sevrage tabagique : Quels sont les traitements efficaces ?

Plusieurs méthodes sont reconnues comme efficaces pour arrêter de fumer. D’autres nécessitent encore d’être évaluées.

Mis à jour le 20 mai 2019

L’accompagnement psychologique par un professionnel de santé

Les thérapies comportementales et cognitives

Il s’agit d’une prise en charge psychologique qui aide le fumeur à modifier son comportement. Elle peut aider à ne pas « craquer » pour une cigarette en présence d’un fumeur, à ne plus associer la cigarette au café́ par exemple, à gérer son stress autrement qu’en fumant.

L’entretien motivationnel

a pour objectif de susciter ou de renforcer la motivation du patient et l’aider ainsi à changer son comportement. Il repose sur un partenariat entre le professionnel de santé et le patient. Coopératif et collaboratif, cet entretien favorise l’évocation du changement, les bénéfices attendus et valorise l’autonomie. Il évite la confrontation ou la persuasion.

Par rapport au conseil minimal d’arrêt du tabac, l’entretien motivationnel augmente la probabilité de l’arrêt de la consommation du tabac

Les traitements substitutifs nicotiniques

Leur principe est d’apporter de la nicotine, pour que le fumeur ne ressente pas les signes de manque physique. Petit à petit, le besoin diminue jusqu’à ne plus se manifester (en moyenne, le traitement peut durer de 3 à 6 mois et peut être prolongé si nécessaire). Il existe deux grandes catégories qui peuvent s’utiliser seules ou se combiner entre elles :

  • Les substituts qui apportent une dose continue de nicotine. Il s’agit des patchs ou timbres qui s’appliquent sur la peau. La nicotine passe alors à travers la peau pour gagner la circulation veineuse.
  • Les substituts à action rapide. Il s’agit des formes orales - gommes à mâcher, comprimés, inhaleur, ou nasales - spray. La nicotine passe par la muqueuse buccale (bouche) ou nasale pour atteindre la circulation veineuse.

Quelle que soit leur forme, les substituts nicotiniques ont des dosages en nicotine différents. Les professionnels de santé sont les plus à même de conseiller sur le dosage à choisir en fonction du degré de dépendance. 
Les substituts nicotiniques sont remboursés par l’Assurance Maladie. La prescription peut être établie par un médecin, un chirurgien-dentiste, une sage-femme, un masseur kinésithérapeute, un infirmier.

L’aide à distance : Tabac info service

  • Le 39 89 (service gratuit + coût d’un appel), accessible du lundi au samedi du 8h à 20h, propose un accompagnement par le même tabacologue tout au long de l’arrêt du tabac, via des rendez-vous téléphoniques.
  • Un programme d’e-coaching personnalisé permet de bénéficier de conseils de tabacologues via l’envoi de notifications et la réalisation d’activités. L’e-coaching est disponible dans les stores d’applications et en version ordinateur
  • Le site internet www.tabac-info-service.fr propose de l’information sur le tabagisme, ses conséquences, ses traitements, la possibilité de poser une question à tabacologue, un annuaire des tabacologues.
  • Une page Facebook (www.facebook.com/tabacinfoservice) permet d’échanger avec une communauté solidaire d’ex-fumeurs et de fumeurs souhaitant arrêter.

Les outils d’autosupport

Certains fumeurs arrêtent de fumer sans l’aide d’un professionnel ou d’un traitement.
Les outils d’autosupport (outils structurés ayant pour objectif l’aide à la tentative d’arrêt ou au maintien de l’abstinence sans contact direct avec un professionnel ou soutien d’un groupe) augmentent la probabilité d’arrêt en l’absence d’intervention d’un professionnel.

La cigarette électronique

L’usage de la cigarette électronique s’est diffusé de façon importante depuis le début des années 2010. Malgré des remontées du terrain plutôt encourageantes de la part des professionnels de l’arrêt du tabac, on manque encore de recul et de données scientifiques robustes sur ses effets en termes d’aide à l’arrêt du tabac, son innocuité et son éventuel effet « porte d’entrée » vers le tabagisme, notamment parmi les jeunes.Le Haut conseil de la santé publique a actualisé en 2016 son avis sur le sujet, dont il ressort que la cigarette électronique :

  • peut être considérée comme une aide au sevrage tabagique pour les fumeurs désireux d’arrêter leur consommation de tabac
  • constitue, en usage exclusif, un outil de réduction des risques du tabagisme (pour les usagers concomitants de tabac et de cigarette électronique, le débat reste ouvert)
  • pourrait constituer une porte d’entrée dans le tabagisme (risque qui serait contrebalancé par le fait que la cigarette électronique pourrait retarder l’entrée dans le tabagisme) 
  • induit un risque de renormalisation de la consommation de tabac compte tenu de l’image positive véhiculée par son marketing et sa visibilité dans les espaces publics.

Les traitements qui agissent sur le système nerveux central

Le bupropion LP et la varénicline permettent d’aider le fumeur dans son arrêt en lui évitant de ressentir le manque lié au tabac. Ils ne peuvent être délivrés que sur ordonnance médicale et ne sont pas recommandés ni chez la femme enceinte ou qui allaite, ni chez le fumeur de moins de 18 ans. Il s’agit de traitements conseillés lorsque les autres méthodes n’ont pas permis l’arrêt du tabac. Seule la varénicline est remboursée par l'Assurance Maladie.

D’autres méthodes comme l’hypnose ou encore l’acupuncture peuvent être utilisées par certains. Cependant, l’efficacité́ de ces méthodes n’est pas reconnue.

Pour en savoir plus sur les traitements pour arrêter de fumer