Pollution atmosphérique : évaluations quantitatives d'impact sanitaire - EQIS

Mis à jour le 27 juin 2019

Les évaluations quantitatives d’impact sanitaire (EQIS) de la pollution atmosphérique ont pour objectif de quantifier les impacts et les bénéfices sanitaires qui pourraient être obtenus si les niveaux de pollution étaient réduits. Les résultats d’EQIS peuvent également être utilisés pour évaluer monétairement les impacts de l’exposition à la pollution de l’air. 

Les EQIS constituent un outil d’aide à la décision permettant aux différentes parties prenantes (décideurs, partenaires, professionnels de santé, etc.) de choisir, de planifier et de mettre en œuvre des mesures pour protéger la santé de la population. C'est aussi un outil de sensibilisation du grand public aux effets de la pollution atmosphérique.

Les EQIS au niveau local

Le Psas a produit dès 1999 un outil de calcul et un premier guide méthodologique pour réaliser des EQIS de la pollution atmosphérique urbaine en France au niveau local.
Entre 1999 et 2017, 120 EQIS ont été produites sur 55 zones urbaines françaises ce qui représente 990 communes et un peu plus de 21 millions d’habitants.  

Synthèses réalisées :

  • Tillier C. Impact de l’exposition chronique à la pollution de l’air sur la mortalité en France : point sur la région Alsace Champagne-Ardenne Lorraine. Saint-Maurice : Santé publique France ; 2016. 2 p.
  • Gault G. Impact de l’exposition chronique à la pollution de l’air sur la mortalité en France : point sur la région Aquitaine Limousin Poitou-Charentes. Saint-Maurice : Santé publique France ; 2016. 2 p.
  • Santé publique France. Impact de l’exposition chronique à la pollution de l’air sur la mortalité en France : point sur la région Auvergne-Rhône-Alpes. Saint-Maurice : Santé publique France ; 2016. 2 p.
  • Tillier C. Impact de l’exposition chronique à la pollution de l’air sur la mortalité en France : point sur la région Bourgogne Franche-Comté. Saint-Maurice : Santé publique France ; 2016. 2 p.
  • Guillois Y. Impact de l’exposition chronique à la pollution de l’air sur la mortalité en France : point sur la région Bretagne. Saint-Maurice : Santé publique France ; 2016. 2 p.
  • Corso M, Menudier L. Impact de l’exposition chronique à la pollution de l’air sur la mortalité en France : point sur la région Centre-Val de Loire. Saint-Maurice : Santé publique France ; 2016. 2 p.
  • Host S, Legout C. Impact de l’exposition chronique à la pollution de l’air sur la mortalité en France : point sur la région Ile-de-France. Saint-Maurice : Santé publique France ; 2016. 2 p.
  • Cochet A. Impact de l’exposition chronique à la pollution de l’air sur la mortalité en France : point sur la région Languedoc-Roussillon Midi-Pyrénées. Saint-Maurice : Santé publique France ; 2016. 2 p.
  • Provost H, Heyman C. Impact de l’exposition chronique à la pollution de l’air sur la mortalité en France : point sur la région Nord – Pas-de-Calais – Picardie. Saint-Maurice : Santé publique France ; 2016. 2 p.
  • Blanchard M. Impact de l’exposition chronique à la pollution de l’air sur la mortalité en France : point sur la région Normandie. Saint-Maurice : Santé publique France ; 2016. 2 p.
  • Pascal L. Impact de l’exposition chronique à la pollution de l’air sur la mortalité en France : point sur la région Provence-Alpes-Côte d’Azur. Saint-Maurice : Santé publique France ; 2016. 2 p.
  • Liebert A-H. Impact de l’exposition chronique à la pollution de l’air sur la mortalité en France : point sur la région Pays de la Loire. Saint-Maurice : Santé publique France ; 2016. 2 p. 
Zones urbaines concernées par une EQIS-PA entre 1997 et 2016
zones urbaines concernées par EQIS-PA entre 1997 et 2016

L'EQIS France continentale

Une EQIS réalisée par Santé publique France en 2016 a établi une estimation nationale en France continentale du poids sanitaire ("fardeau") de la pollution par les particules fines PM2,5 en lien avec l’activité humaine. Ce fardeau a été estimé à 48 000 décès par an, ce qui correspond à 9 % de la mortalité en France, et à une perte d’espérance de vie à 30 ans pouvant dépasser 2 ans.  

Cette EQIS a proposé différents scénarios atteignables de réduction de la pollution et a mis en évidence des contrastes géographiques, et un impact sanitaire non négligeable dans les zones rurales.  

Gain en espérance de vie à 30 ans (en mois) par commune pour une réduction des niveaux de PM2.5 au niveau des communes équivalentes les moins polluées, période d’étude 2007-2008
Gain en espérance de vie à 30 ans (en mois) par commune pour une réduction des niveaux de PM2.5 au niveau des communes équivalentes les moins polluées, période d’étude 2007-2008

Par exemple, plus de 34 000 décès (dont 8 000 dans les zones rurales) seraient évitables chaque année (7 % de la mortalité en France), correspondant à un gain moyen d’espérance de vie à 30 ans de 9 mois, si toutes les communes de la France continentale réussissaient à atteindre les niveaux de particules fines PM2,5 observés dans les 5 % des communes les moins polluées de la même classe d’urbanisation.  

Cette étude a confirmé que la contribution de l’exposition aux particules fines à la mortalité, à la perte d’espérance de vie et au développement de maladies chroniques en France justifie la mise en place d’actions visant à réduire durablement la pollution de fond et pas seulement les pics de pollution. 

Impact économique de l'exposition chronique aux particules fines sur la mortalité en France

A partir du travail de Santé publique France, la Aix Marseille School of Economics-GREQAM (Aix-Marseille Université) a conduit en 2017 une évaluation économique de l’exposition chronique aux particules fines sur la mortalité en France. Les impacts économiques estimés sont d’autant plus importants que le scénario considéré se traduit par une diminution importante de la concentration en PM2.5.

Sous un scénario atteignable de respect de la valeur guide de l’OMS pour les particules fines PM2.5 (10 μg/m3 en moyenne annuelle), plus de 17 000 décès seraient évités, avec un bénéfice économique estimé à près de 53 milliards d'euros par an. 

L’évaluation économique est un argument supplémentaire pour agir sur la qualité de l'air et la réduction de l’exposition des populations à la pollution de l’air en France.