Ultraviolets. Etat des connaissances sur l'exposition et les risques sanitaires

Publié le 1 Mai 2005
Mis à jour le 10 septembre 2019

L'attention des pouvoirs publics a été attirée sur les risques liés à l'exposition de la population aux rayonnements ultraviolets par deux rapports de l'Académie nationale de médecine de mars 2003 et mars 2004 ainsi que par la note de l'Afsse du 19 avril 2004 qui, dans le cadre de sa mission de veille scientifique, souhaitait faire le point sur l'état des connaissances récentes, concernant les risques liés aux ultraviolets naturels et artificiels ainsi qu'à une utilisation inadaptée des produits de protection solaire. Les ministères chargés de la santé et de l'environnement ont alors saisi l'Afsse pour réévaluer les risques sanitaires liés à l'exposition aux rayonnements ultraviolets d'origine naturelle et à l'utilisation des installations de bronzage. L'Afsse a donc constitué un groupe d'experts associant outre l'InVS et l'Afssaps visés par la saisine, des représentants de l'Académie de médecine, du CIRC, des membres de laboratoires de recherche de l'Inserm, et des dermatologues spécialisés en ce domaine, pour apporter des réponses aux questions posées dans la saisine ministérielle : - Expertiser les travaux publiés ou en cours de publication concernant les effets sanitaires d'une exposition aux UV, notamment cancérogènes et de l'utilisation d'installations de bronzage émettant des rayonnements ultraviolets. L'expertise de la littérature existante devant s'attacher en particulier à adopter une position critique qui tienne compte des spécificités françaises (phototypes de peau intermédiaires, types d'UV autorisés par la réglementation française). - Evaluer la pertinence de l'utilisation de valeurs limites fondées sur la dose érythémale minimale (induisant des effets aigus) quant à l'appréhension des risques cancérigènes (mélanomes, épithéliomas basocellulaires et épithéliomas spinocellulaires). - Evaluer la pertinence de l'utilisation de lampes n'émettant que des UVA. - Justifier l'interdiction de l'usage de tout produit cosmétique pendant les séances en cabine de bronzage et notamment les substances anti-oxydantes. - Présenter les positions européennes et internationales les plus pertinentes, scientifiques d'une part et réglementaires d'autre part visant à réglementer les appareils de bronzage émettant des rayonnements ultraviolets, par la voie d'une étude comparative. Toutefois, les conséquences de l'exposition aux ultraviolets naturels et artificiels étant difficilement différentiables en termes d'effets global, le groupe d'experts a décidé de fonder le rapport sur une analyse globale du risque UV. Outre les objectifs visés par la saisine, l'Afsse a élargi l'étude aux risques éventuels liés à l'utilisation domestique (domicile ou lieux publics comme les bureaux et les écoles) de lampes d'éclairage dites lampes " plein spectre " émettant des ultraviolets en sus du rayonnement visible, dont une part importante d'UVB selon les documentations disponibles. Cette commercialisation de lampes destinées au grand public est en effet récente et se fait par la voie de circuits de distribution dans des magasins spécialisés ou par Internet. Cette distribution reste encore très marginale mais pourrait se développer plus largement. Le groupe d'experts s'est aussi interrogé sur les conséquences possibles de l'utilisation de produits de protection solaire, dont l'efficacité est essentiellement centrée sur les UVB, pouvant conduire à une augmentation de la durée d'exposition et donc à une augmentation du risque lié à l'exposition aux UVA. L'InVS et l'Afssaps ont été saisis de leur côté sur des aspects différents du thème ultraviolets. En effet, parallèlement à la saisine de l'Afsse, un second groupe de travail est mis en place par l'InVS afin de caractériser l'exposition de la population française (proportion de la population s'exposant aux UV, pratiques d'exposition, existence et fréquence des accidents, ¿). L'Afssaps a quant à elle réalisé un rapport sur le thème " ultraviolets et utilisation de produits cosmétiques ". Les travaux des différents groupes de travail sont présentés dans un rapport commun. Ce rapport doit pouvoir permettre au lecteur de lire de manière indépendante chacun des chapitres, issus des travaux des différents groupes de travail. C'est la raison pour laquelle on observera certaines redondances, notamment dans les définitions. (Contexte et objectifs de la saisine).

Auteur : Dervault AM, Secretan B, Guinot C, Bazex J, Donadieu J, Dore JF, Cesarini JP, Richard MA, Leccia MT, Dixsaut G, Fevrier C
Année de publication : 2005
Pages : 144 p.