Quelles performances pour le programme de dépistage organisé du cancer du sein en France ?

Taux de participation par département, nombre de cancers détectés, nombre de faux positifs, valeur prédictive…, Santé publique France livre les résultats de l’évaluation du programme de dépistage organisé du cancer du sein sur la période 2004-2014 dans un rapport rendu public en février 2019.

Pour détecter le cancer de sein à un stade précoce et ainsi en réduire la mortalité, un programme national de dépistage organisé du cancer du sein (PNDOCS) a été mis en place en France en 2004. Il consiste à inviter les femmes de 50 à 74 ans à effectuer une mammographie tous les 2 ans. Les clichés de la mammographie sont alors analysés sur place par un premier radiologue et complétés au besoin par un bilan immédiat. Tous les clichés normaux sont ensuite réexaminés par un deuxième radiologue expérimenté.

Un cancer fréquent chez la femme mais de bon pronostic

Avec près de 59 000 nouveaux diagnostics estimés pour l’année 2017, le cancer du sein est le cancer féminin le plus fréquent et il constitue également la première cause de mortalité par cancer chez les femmes avec environ 12 000 décès par an. Le nombre de nouveaux cas a beaucoup augmenté entre 1980 et 2000 (+2,7 % par an en moyenne), puis a diminué entre 2005 et 2012 (-1,5 % par an). Par ailleurs, la mortalité est caractérisée par une baisse régulière depuis 2005 (-1,5 % par an). En effet, le cancer du sein fait partie des cancers de bon pronostic, avec une survie nette standardisée à 5 ans de 87 % pour les cancers diagnostiqués entre 2005 et 2010.

Réalisation et évaluation du programme de dépistage

Le PNDOCS est organisé au niveau national par la Direction générale de la santé (DGS), en collaboration avec l’Assurance maladie et l’Institut national du cancer (INCa), au niveau régional par les agences régionales de santé (ARS) et au niveau départemental par des structures de gestion de dépistage.

Les données recueillies chaque année par ces dernières sont transmises à Santé publique France, chargée de constituer la base de données nationale du PNDOCS, puis de calculer les indicateurs nationaux et infra-nationaux afin d’en produire l’évaluation épidémiologique (activité de dépistage, résultats des dépistages, cancers détectés, etc.).

Un programme français de bonne qualité mais un taux de participation insuffisant

L’étude de Santé publique France indique que :

  • Après une phase de montée en charge entre 2004 et 2008 puis une phase de stabilisation entre 2008 et 2012, le taux de participation a commencé à diminuer et atteint 50,1 % en 2016.
  • Le taux de participation est très variable d’un département à l’autre.
  • Les dépistages positifs ont diminué de 13,5 % en 2004 à 8,7 % en 2014.
  • Le taux de cancers détectés à l’issue de la procédure de dépistage est stable sur l’ensemble de la période : 7 pour 1 000 femmes dépistées.
  • En 2014, ces cancers détectés se répartissent entre 1,0 cancer canalaire in-situ, 1,9 cancer invasif de petite taille et 3,9 cancers invasifs sans envahissement ganglionnaire. Ces résultats sont stables depuis 2004.
  • La valeur prédictive positive d’un dépistage positif avant bilan, c’est-à-dire la probabilité d’avoir un cancer si le dépistage est positif, était de 8,5 % en 2014. Elle progresse régulièrement depuis 2004.
  • L’ensemble des résultats aux différentes étapes du programme de dépistage varient selon l’âge.
  • La plupart des indicateurs de performance, en accord avec les références européennes, attestent de la qualité du programme français, condition nécessaire à une réduction de la mortalité.

Pour en savoir plus

Quintin C, Rogel A. Évaluation du programme de dépistage organisé du cancer du sein : résultats et évolution des indicateurs de performance depuis 2004 en France métropolitaine. Saint-Maurice : Santé publique France, 2019. 48 p.