Le diabète en France en 2016 : état des lieux

A l’occasion de la Journée mondiale du diabète, le 14 novembre 2018, Santé publique France publie une synthèse épidémiologique visant à dresser un état des lieux du diabète en France en 2016. La fréquence du diabète traité pharmacologiquement, ses complications et le recours aux soins des personnes diabétiques y sont décrites ainsi que les inégalités territoriales et socio-économiques.

Chiffres et résultats clés en 2016

  • Plus de 3,3 millions de personnes sont traitées pharmacologiquement pour un diabète, soit 5 % de la population.
  • Parmi ces personnes :
    • plus de 8 100 ont été hospitalisées pour un infarctus du myocarde transmural
    • plus de 19 800 ont été hospitalisées pour un accident vasculaire cérébral,
    • plus de 26 700 ont été hospitalisées pour une plaie du pied,
    • plus de 8 400 ont été hospitalisées pour une amputation de membre inférieur
    • plus de 4 400 ont été mises sous dialyse ou eu une greffe rénale.
  • Les taux d’incidence de ces complications sont stables sur la période 2010-2016, sauf pour les accidents vasculaires cérébraux et les plaies du pied dont la fréquence augmente.
  • Les inégalités socio-économiques et territoriales restent très marquées que ce soit en termes de fréquence du diabète ou de survenue de complications graves

Ces observations rappellent que le diabète est une pathologie représentant un lourd fardeau, pour laquelle chaque niveau de prévention, qu’il soit primaire, secondaire ou tertiaire, reste fondamental pour lutter contre la survenue de cette maladie, son évolution et contre les inégalités sociales et territoriales.

Rappels de la maladie

Le diabète sucré est une affection métabolique, caractérisée par une hyperglycémie chronique (taux de sucre dans le sang trop élevé) liée à une déficience de la sécrétion ou de l’action de l’insuline, ou des deux. Il existe deux principales formes de diabète :

  • le type 1 (environ 6 % des cas de diabète) survient essentiellement chez l’enfant ou l’adulte jeune. Il est causé par la destruction des cellules bêta du pancréas, d’où l’incapacité de la personne atteinte à sécréter de l’insuline. C’est pourquoi il a un début souvent aigu chez l’enfant et l’adolescent, en particulier chez les plus jeunes, avec une aggravation très rapide vers l’acidocétose. Les injections d’insuline sont vitales chez ces personnes ;
  • le type 2, qui est la forme la plus fréquente (environ 92 %), survient essentiellement chez l’adulte mais peut apparaître également dès l’adolescence. Il peut évoluer sans symptôme pendant plusieurs années. Son dépistage est réalisé à jeun par une prise de sang qui permet de mesurer la glycémie. Une valeur anormale (supérieure à 1,26 g/l ou 7 mmol/l) doit être confirmée par un second dosage. Le diabète de type 2 peut être traité par régime diététique seul, par médicament antidiabétique oral, par injections d’analogue du GLP-1 ou par injections d’insuline.

Il existe également d’autres formes de diabète, comme le diabète gestationnel (qui survient pendant la grossesse et disparait en général à l’accouchement), ou des cas de diabète résultant de conditions spécifiques ou génétiques.

Au cours de son évolution, le diabète peut engendrer de graves complications touchant le cœur, les vaisseaux sanguins, les yeux, les reins et les nerfs. Toutefois, un bon contrôle de la maladie peut permettre de réduire considérablement les risques de complications.

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