Epidémie de syndrome hémolytique et urémique pédiatrique à Escherichia coli O26 en France métropolitaine en lien avec la consommation de reblochon : point au 15 juin 2018

Entre les mois de février et mai 2018, plusieurs enfants atteints de syndrome hémolytique et urémique (SHU), dont certains ont été infectés par une bactérie Escherichia coli (E. coli) O26 ayant les mêmes caractéristiques, ont été identifiés par le Centre national de référence E. coli et son laboratoire associé (Institut Pasteur, Paris, et Laboratoire de microbiologie de l’hôpital Robert Debré, Paris). Les investigations menées par Santé publique France ont confirmé un lien épidémiologique entre ces cas et la consommation de reblochons au lait cru produits sur le site de Cruseilles (Haute-Savoie) de l’entreprise Chabert. Ces investigations ont conduit au retrait de la vente et au rappel de l’ensemble des reblochons  au lait cru fabriqués sur le site de Cruseilles.

Point de situation épidémiologique au 15 juin

Au 15 juin 2018, 15 enfants âgés de un à cinq ans sont inclus dans l’investigation de cette épidémie. Les quinze enfants ont pu consommer du reblochon faisant partie des lots suspects. Parmi eux :

  • Douze ont été atteints par une même souche d’E. coli O26 ;
  • Parmi ces 12 enfants, un a présenté une diarrhée et 11 ont présenté un SHU, dont un est décédé ;
  • Parmi les trois autres enfants, deux sont infectés par une souche E. coli O26 différente de celle des 12 autres enfants, et pour un enfant aucune souche n’a pu être isolée.

La distribution des cas est nationale (PACA, Auvergne-Rhône-Alpes, Pays de la Loire, Hauts-de-France, Île-de-France, Centre- Val de Loire, Nouvelle-Aquitaine, Grand Est, Normandie et Bretagne).

Les investigations des cas ont comporté deux volets : un volet épidémiologique d’une part, qui consiste à interroger les parents sur la consommation alimentaire de leurs enfants et, le cas échéant, à tracer l’origine des reblochons consommés. Un volet microbiologique d’autre part, qui vise par des analyses à identifier la souche ayant infecté l’enfant, et à déterminer si elle présente des caractéristiques similaires à celles de la souche épidémique.

Les investigations chez le producteur incriminé se poursuivent afin de confirmer la contamination des produits et d’en identifier l’origine.

La surveillance du syndrome hémolytique et urémique pédiatrique en France

Le SHU est une maladie peu fréquente en France : entre 100 et 160 cas sont signalés dans le cadre du système de surveillance chaque année. C’est une maladie grave puisqu’elle est la principale cause d’insuffisance rénale aigue chez l’enfant âgé de 1 mois à 3 ans. Dans la littérature internationale, le taux de décès varie entre 3 et 5% (1% selon les données de surveillance françaises). Cette maladie est le plus souvent causée par une bactérie appartenant à la famille des Escherichia coli, dont certaines souches sont plus virulentes et produisent des toxines appelées « shigatoxines ».

La contamination se produit :

  • par ingestion d’aliments contaminés consommés crus ou peu cuits : lait ou produits laitiers non pasteurisés, viande de bœuf insuffisamment cuite (en particulier hachée), légumes crus contaminés, eau de boisson contaminée ;
  • en portant ses mains souillées à la bouche après avoir touché des animaux porteurs de la bactérie ou leur environnement contaminé ;
  • par contact avec une personne malade qui excrète la bactérie dans ses selles.

En France, la surveillance du syndrome hémolytique et urémique et des infections à Escherichia coli producteurs de shigatoxines repose sur plusieurs systèmes de surveillance qui permettent d’identifier la grande majorité des cas :

  • la surveillance du SHU chez l’enfant de moins de 15 ans : depuis 1996, un réseau de services de néphrologie pédiatrique volontaires notifient les cas à Santé publique France ;
  • le Centre National de Référence pour les E. coli ;
  • la déclaration obligatoire des toxi-infections alimentaires collectives.

Chaque année, Santé publique France produit un bilan de la surveillance du SHU chez l’enfant de moins de 15 ans. En 2017, 164 cas de SHU pédiatrique ont été notifiés à Santé publique France et aucune épidémie n’a été identifiée.

Plus d’informations :