COVID-19 : premiers résultats d’une étude de séroprévalence auprès d’une population vulnérable de Perpignan

Une enquête de séroprévalence des anticorps anti-SarsCov-2 (SCoPe) a été initiée par le Centre Hospitalier de Perpignan en partenariat avec Santé publique France, au sein de quartiers - dont une forte proportion de la population appartient à la communauté gitane, particulièrement impactés par l'épidémie de Covid-19 lors de la première vague, en mars dernier. Cette enquête vient en complément des mesures de gestion prises en urgence afin de permettre la prise en charge des malades et de ralentir la diffusion du virus dans ces quartiers. Selon les premiers résultats, 35,4 % des personnes ont été infectées confirmant une forte circulation du virus dans cette population.

Mis à jour le 16 novembre 2020

Une étude sur près de 700 personnes

L'étude de séroprévalence s'est déroulée du 30 juin au 17 juillet au sein de trois quartiers de Perpignan: Saint-Jacques, Haut-Vernet et Nouveau-Logis. Au total, 700 adultes et enfants de plus de 6 ans, résidant dans la zone d'étude ont été interrogés et testés à partir de prélèvements sanguins réalisés par le laboratoire du CH de Perpignan. Le taux de participation a ainsi atteint 56%.

« En mars, nous avons fait face à un cluster important de malades dont une majorité vivait au sein de la communauté gitane implantée dans les quartiers de Saint-Jacques, du Haut-Vernet et du Nouveau Logis (environ 10 000 habitants). Il nous semblait important de mesurer l’impact du Covid dans cette communauté et de mieux comprendre les modes de transmission. » précise le docteur Hugues Aumaître, chef du service des Maladies Infectieuses et Tropicales (SMIT) au CH de Perpignan.

Des premiers résultats qui font état d’une circulation importante du virus

Les premières analyses montrent que 35,4% des personnes testées ont été en contact avec le virus SARS-CoV-2. Ces constats sont hétérogènes selon les quartiers concernés par la zone d’étude, celui de Saint-Jacques étant le plus concerné avec un taux à 47% (contre 14% à Haut-Vernet et 17% dans le quartier du Nouveau Logis). Le niveau de séroprévalence est plus élevé chez les femmes (39% contre 31% chez les hommes). Les personnes de 65 ans et plus ont été moins exposées à l'infection (14,7%), laissant supposer un nombre de contacts avec des personnes malades moins important, un respect des mesures barrières et un isolement plus important de ces personnes qui sont perçues comme plus fragiles par la communauté. Par ailleurs, près de 22% de l’ensemble des personnes testées positives n’ont déclaré aucun symptôme.

D’après les données de l’étude Epicov1 (étude nationale de séroprévalence en population générale), le taux de séroprévalence était estimé à 1,9% pour l’Occitanie au mois de mai. Ces résultats confirment une circulation importante du virus Sars-Cov-2 au sein de ces quartiers de Perpignan lors de la première vague épidémique.

« Dans le contexte actuel de reprise épidémique en France et particulièrement en Occitanie, les premiers résultats de cette enquête confortent la nécessité de poursuivre les efforts vis-à-vis des populations vulnérables dans le but de réduire le risque de contamination, par la mise en place d'actions de prévention ciblées et adaptées à cette population vivant sur un mode communautaire » souligne Damien Mouly, responsable de la cellule Occitanie de Santé publique France.

Une analyse approfondie est en cours afin d'étudier la concordance entre les marqueurs sérologiques et l’existence de symptômes cliniques et pour mesurer l'association entre le niveau de séroprévalence et certains facteurs socioculturels et environnementaux. Les résultats seront disponibles d'ici la fin 2020.

Il est plus que jamais nécessaire que la population de ces quartiers maintienne voire accentue le respect des gestes barrières et des mesures de prévention. Bien que le taux de séroprévalence soit plus élevé que dans d’autres quartiers, il n’en demeure pas moins qu’une part conséquente de la population non immunisée reste exposée au risque d’infection. Au-delà du risque d’infection, cette population est également plus exposée au risque de faire des formes graves compte tenu de la plus forte prévalence de certaines pathologies connues pour augmenter le risque de développer une forme plus grave du Covid-19.

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Communiqué de presse

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