Effets à court et long terme de la pollution atmosphérique extérieure sur les troubles neurologiques et mentaux : opportunité pour la réalisation d'une évaluation quantitative d'impact sur la santé

Publié le 14 octobre 2021
Mis à jour le 14 octobre 2021

Introduction : Un nombre croissant d'études épidémiologiques analysent le lien entre l'exposition à la pollution atmosphérique extérieure et les troubles neurologiques. L'objectif de cette étude est de mettre à jour les connaissances sur le sujet et envisager la faisabilité d'une évaluation quantitative d'impact sur la santé (Eqis) en France. Méthode : Une recherche dans la base de données PubMed a été entreprise de janvier 2000 à décembre 2019 associant les impacts à court et long terme des PM2.5, PM10, NO2, NOx et de l'O3 avec les troubles mentaux ou comportementaux et les maladies du système nerveux, selon la classification internationale des maladies (CIM-10). Il s'agissait de recueillir pour chaque couple pathologie - polluant, la méta-analyse et/ou la revue de littérature la plus récente ainsi que les études individuelles ultérieures et de les classer selon le niveau de preuve. Les relations concentration-risque (ou risques relatifs) les plus pertinentes ont été sélectionnées et les données d'incidence ou de prévalence disponibles en France ont été recherchées pour permettre la réalisation d'une éventuelle Eqis. Résultats : Concernant l'exposition à long terme aux PM2.5, les études rapportent des relations concentration risque les plus robustes pour les troubles du spectre autistique (TSA) (RR : 1,68 (IC 95% : 1,20 ; 2,34)) chez les enfants depuis la période périnatale jusqu'à 8 ans ainsi que pour une exposition prénatale (RR : 1,06 (IC 95% : 1,01 ; 1,11), les troubles dépressifs (RR : 1,12 (IC 95% : 0,97 ; 1,29)), la démence (RR : 3,26 (IC 95% : 1,20 ; 5,31)) chez les adultes de plus de 50 ans et la maladie de Parkinson (RR : 1,06 (IC 95% : 0,99 ; 1,14)) chez les adultes de plus de 40 ans. En France, les indicateurs de santé pertinents et disponibles à ce jour dans la base de données du Système national des données de santé (SNDS) sont la prévalence des TSA et l'incidence de la maladie de Parkinson. Discussion : Après l'examen de la littérature et des indicateurs disponibles en France, une étude de faisabilité d'Eqis peut être envisagée pour le couple exposition à long terme aux PM2.5 et prévalence des TSA, et incidence de maladie de Parkinson. Ces recommandations seront revues dans le cadre du programme de surveillance Air et Santé de Santé publique France à mesure de l'évolution des connaissances et de la disponibilité des indicateurs de santé en France. Cependant, il est important de noter que les preuves issues de la littérature et la disponibilité des données pour la France concernant une relation entre troubles neurologiques et exposition à la pollution de l'air ne sont pas au même niveau que la relation entre les pathologies cardiovasculaires ou respiratoires et l'exposition à la pollution de l'air.

Auteur : Durou Amélie
Année de publication : 2021
Pages : 48 p.
Collection : Études et enquêtes