Syndrome hémolytique et urémique pédiatrique

Le syndrome hémolytique et urémique est une complication principalement rénale des infections à Escherichia coli producteurs de Shiga-toxines. Rare, mais grave, il touche surtout le jeune enfant.

Mis à jour le 16 janvier 2023

Syndrome hémolytique et urémique : la maladie

Le syndrome hémolytique et urémique pédiatrique en France

Le syndrome hémolytique et urémique (SHU) secondaire à une infection à Escherichia coli producteurs de Shiga-toxines (STEC) touche principalement le jeune enfant. Cette complication, rare mais grave, affecte essentiellement le rein et survient dans 5 à 8% des cas. 

Avant d’évoluer vers un SHU, ces infections sont responsables de douleurs abdominales accompagnées de diarrhées glairo-sanglantes ou, plus rarement, de diarrhées simples. 

Les principaux enjeux de cette surveillance sont de décrire les tendances spatiales et temporelles du SHU pédiatrique, de détecter les épidémies afin de guider les mesures de contrôle et communiquer sur les mesures de prévention. 

Les chiffres-clés du syndrome hémolytique et urémique
Infographie concernant le syndrome hémolytique et urémique

Une transmission du SHU principalement alimentaire

Les Escherichia coli producteurs de Shiga-toxines, bactéries responsables du syndrome hémolytique et urémique, sont présentes dans les intestins des ruminants (vaches et veaux principalement mais aussi chèvres, moutons, daims, etc.). Ces bactéries sont éliminées par les selles et peuvent contaminer l’environnement (eau, fumier, sol) et les aliments. Elles supportent bien le froid (survie de plusieurs jours dans un réfrigérateur), en revanche elles sont détruites par la cuisson. 

La contamination peut se produire : 

  • Par ingestion d’aliments contaminés consommés crus ou peu cuits : viande de bœuf (en particulier hachée), lait ou produits laitiers non pasteurisés, jus de pomme, légumes crus, ou eau de boisson contaminée ;
  • En portant ses mains salles à la bouche, après avoir touché des animaux porteurs de la bactérie ou leur environnement contaminé ;
  • Par contact avec une personne malade qui présente une diarrhée et excrète la bactérie dans ses selles. 

Une prévention du SHU basée sur l’hygiène et l’éviction de certains aliments à risque

Les bactéries E. coli responsables du SHU sont présentes dans les intestins de nombreux animaux ruminants (vaches, veaux, chèvres, moutons, etc.) et sont éliminées par les excréments qui peuvent alors contaminer l’environnement (eaux, fumiers, sols) et les aliments. Ces bactéries supportent bien le froid (survie dans un réfrigérateur ou congélateur), mais sont détruites par la cuisson à cœur.

Quelques conseils simples pour limiter les risques de transmission :

En cuisine :

  • Le lavage des mains doit être systématique avant la préparation des repas ;
  • les viandes, et surtout la viande hachée de bœuf, mais aussi les préparations à base de viande hachée, doivent être bien cuites à cœur pour atteindre 70°C (et non pas rosées ou saignantes) ;
  • le lait cru, les fromages à base de lait cru et les produits laitiers fabriqués à partir de lait cru ne doivent pas être consommés par les enfants de moins de 5 ans (préférez les fromages à pâte pressée cuite (type Emmental, Comté, gruyère, Beaufort), les fromages fondus à tartiner et les fromages au lait pasteurisé) ;
  • les préparations à base de farine (pizza/pâte à cookies/gâteau/tarte/crêpe...) ne doivent pas être consommées crues ou peu cuites ;
  • les légumes, la salade, les fruits et les herbes aromatiques, en particulier ceux qui vont être consommés crus doivent être soigneusement lavés avant consommation, après épluchage le cas échéant ;
  • les aliments crus doivent être conservés séparément des aliments cuits ou prêts à être consommés ;
  • les plats cuisinés et les restes alimentaires doivent être rapidement mis au réfrigérateur et suffisamment réchauffés avant consommation ;
  • les ustensiles de cuisine (surtout lorsqu’ils ont été en contact au préalable avec des aliments crus tels que la viande ou les fromages), ainsi que les plans de travail, doivent être soigneusement lavés pour éviter un risque de contamination croisée.

Lors des activités et loisirs

  • Les enfants ne doivent pas boire d’eau non traitée (eau de puits, rivière, torrent, etc.) et éviter d’en avaler lors de baignades (lac, rivière, étang, etc.).
  • Il faut éviter le contact des très jeunes enfants (moins de 5 ans) avec les vaches, veaux, moutons, chèvres, etc., et leur environnement ; en cas de contact avec ces animaux le lavage des mains (eau et savon) doit être systématique avant que l’enfant ne porte ses doigts à sa bouche.

Une maladie grave et un risque de séquelles important

Le SHU secondaire à une infection à Escherichia coli producteurs de Shiga-toxines se manifeste aux âges extrêmes de la vie, surtout chez le jeune enfant. Il représente la principale cause d’insuffisance rénale aiguë chez l’enfant de moins de trois ans en France. D’autres organes peuvent également être atteints, notamment le cerveau et le cœur, et le risque de séquelles à long terme est important. Le taux de mortalité décrit est inférieur à 5 % dans la littérature scientifique, en France il est inférieur à 1% d’après les données de surveillance. 

Un traitement symptomatique

Le SHU secondaire à une infection à Escherichia coli producteurs de Shiga-toxines relève d’une prise en charge hospitalière, qui repose principalement sur le traitement des symptômes. Les formes sévères peuvent nécessiter un traitement par dialyse et/ou transfusion sanguine au sein d’un service de réanimation.