Légionellose

La légionellose est causée par la bactérie Legionella. Elle débute par un état grippal fébrile qui évolue vers une pneumopathie. Une prise en charge rapide et adaptée permet une évolution favorable.

Mis à jour le 28 juillet 2022

La légionellose : la maladie

La légionellose, une infection bactérienne

La légionellose est une infection pulmonaire causée par une bactérie nommée Legionella.

Cette bactérie a été découverte en 1976, à la suite d’une épidémie de pneumonie affectant plusieurs participants d’un congrès d’anciens combattants de la légion américaine réunis dans un hôtel à Philadelphie. Elle a par conséquence été dénommée Legionella.

La bactérie Legionella est présente dans le milieu naturel et peut proliférer dans les sites hydriques artificiels, lorsque les conditions de son développement sont réunies, particulièrement entre 25 et 45°C :

  • réseaux d’eau chaude
  • tours aéroréfrigérantes
  • autres installations (bains à remous, humidificateurs, fontaines décoratives, aérosols, appareils à thérapie respiratoire...).

En France, depuis 2010, en moyenne 1500 cas de légionellose sont enregistrés chaque année.

En 2021, 2060 cas de légionellose ont été notifiés. Ce nombre était supérieur à celui de 2020, année très impactée par la pandémie de SARS-CoV-2, et à celui de 2019, mais comparable à celui de 2018. En juillet 2021, un pic de notifications avait été observé comme en juin 2018. Une des hypothèses retenues pour expliquer ces pics est l’influence des facteurs météorologiques sur la survenue des cas de légionellose, notamment les températures élevées, les précipitations et une humidité importante, qui semblent être des facteurs-clés dans la survie et la dispersion des légionelles dans l’environnement.

Le nombre de cas de légionellose notifiés reste élevé et la part des décès ne diminue pas. Il est donc primordial de maintenir un système de surveillance de qualité avec une déclaration de tous les cas sans délai couplée à une investigation méthodique et réactive pour limiter le nombre de cas qui pourraient être liés à une même source de contamination.

La légionellose est mortelle dans environ 10 % des cas.

Les chiffres-clés de la légionellose
chiffres clés de la légionellose en infographie

Une contamination principalement par voie respiratoire

La contamination se fait principalement par voie respiratoire, par l’inhalation d’eau contaminée diffusée en aérosol. La transmission inter humaine est exceptionnelle. Il existe un seul cas décrit actuellement.

La période d’incubation est généralement de 2 à 10 jours. Cependant, pour un nombre limité de patients, des résultats d’investigations d’épidémies suggèrent des durées d’incubation plus longues (2-19 jours) et une durée médiane d’incubation de 6 jours.

Les facteurs favorisants

La légionellose affecte essentiellement les adultes et touche plus particulièrement les personnes présentant des facteurs favorisants : âge avancé, tabagisme, maladies respiratoires chroniques, diabète, maladies immunitaires, traitements immuno-suppresseurs.

Un état grippal puis une pneumopathie sévère

La légionellose se traduit par un état grippal fébrile et une toux initialement non productive. Certains patients peuvent présenter des douleurs musculaires, une anorexie et quelquefois des troubles digestifs (diarrhées) et/ou un état confusionnel. L’état grippal s’aggrave rapidement et fait place à une pneumopathie sévère nécessitant une hospitalisation.
Le diagnostic clinique doit être confirmé par un des examens biologiques suivants :

  • isolement de la bactérie dans un prélèvement respiratoire bas
  • présence d'antigènes solubles dans les urines
  • augmentation des titres d’anticorps par 4 entre deux prélèvements sanguins successifs avec un minimum de 128
  • PCR positive.

Une prise en charge par antibiotique rapide

Le traitement de la légionellose est d’autant plus efficace qu’il est mis en œuvre rapidement. Il est donc important que le diagnostic clinique de légionellose soit évoqué devant une symptomatologie compatible, et qu’une confirmation biologique soit effectuée au plus vite en cas de suspicion de légionellose. Sous traitement antibiotique adapté (macrolides ou fluoroquinolones), l’évolution de la maladie est favorable dans la majorité des cas.