Maladie veineuse thromboembolique pendant la grossesse et le post-partum, France, 2009-2014.

Publié le 8 Mars 2016
Mis à jour le 10 septembre 2019

Introduction : la maladie veineuse thromboembolique (MVTE) est l'une des principales complications de la grossesse et la deuxième cause directe de mortalité maternelle. Cependant, il n'existe aucune donnée d'incidence périnatale récente pour la France. L'objectif principal de cette étude était d'estimer l'incidence annuelle de l'embolie pulmonaire (EP) et de la MVTE hospitalisée pendant la grossesse et dans les 18 semaines suivant l'accouchement. Méthodes : l'incidence de la MVTE hospitalisée a été estimée à partir des données du PMSI-MCO chaînées avec les données individuelles du Sniiram. Cette incidence a été estimée annuellement, d'une part pour l'EP et d'autre part pour l'ensemble de la MVTE. Une régression de Poisson a été utilisée pour étudier les facteurs de risque d'EP ou de MVTE pendant la grossesse ou le post-partum et les évolutions entre 2009 et 2014. Résultats : en 2013, l'incidence de l'EP et de la MVTE hospitalisée en France était, respectivement, de 0,49 et 1,51 pour 1 000 femmes/année pendant la grossesse et de 1,06 et 2,65 pour 1 000 femmes/année pendant le post-partum. L'incidence de l'EP et de la MVTE augmentait régulièrement au cours des trois trimestres de la grossesse, atteignant un maximum dans la semaine suivant l'accouchement. Un sur-risque thromboembolique persistait au moins jusqu'à 10 semaines après l'accouchement. L'incidence de l'EP et, plus globalement, de la MVTE au cours de la grossesse et du post-partum a augmenté significativement entre 2009 et 2014. Un âge supérieur à 35 ans, des grossesses multiples, des antécédents de MVTE, un accouchement par césarienne, une forte prématurité et la mort foetale in utero étaient les principaux facteurs de risque thromboembolique pendant la grossesse et le post-partum. Conclusion : la MVTE est une pathologie potentiellement évitable. La mise en place d'une prévention adaptée nécessite une identification minutieuse et individuelle des facteurs de risque chez la femme enceinte. D'autres études sont nécessaires pour évaluer la durée de la période à risque pendant le post-partum, qui semble persister au-delà des six semaines classiquement considérées comme à risque.

Auteur : Olie V, Moutengou E, Barry Y, Deneux Tharaux C, Pessione F, Plu Bureau G
Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire, 2016, n°. 7-8, p. 139-47