Cholestérol LDL chez les adultes en France métropolitaine : concentration moyenne, connaissance et traitement en 2015, évolutions depuis 2006

Publié le 6 Novembre 2018
Mis à jour le 10 septembre 2019

Introduction : l'hypercholestérolémie est un facteur de risque cardiovasculaire important, souvent non-diagnostiqué. En France, 18,8% des adultes avaient un cholestérol-LDL (LDL-c) supérieur à 1,6 g/l en 2006. L'objectif de l'étude était d'estimer la cholestérolémie LDL moyenne chez l'adulte et la fréquence de l'hypercholestérolémie LDL, de décrire la prise en charge de l'hypercholestérolémie en France en 2015 et d'en étudier les évolutions depuis 2006. Méthodes : Esteban est une étude transversale menée entre 2014 et 2016 sur un échantillon représentatif de la population de France métropolitaine (hors Corse). Elle incluait une enquête par questionnaires et un examen de santé avec un bilan lipidique chez les adultes de 18 à 74 ans. Pour les analyses, deux valeurs seuils d'hypercholestérolémie LDL ont été considérées : 1,6 g/l et 1,9 g/l. Résultats : la cholestérolémie LDL moyenne était de 1,30 g/l (IC95%: [1,28-1,32]), sans différence selon le sexe. Dans la population, 19,3% avaient un LDL-c >1,6 g/l et 6,0% un LDL-c >1,9 g/l. Parmi l'ensemble des 18-74 ans, 10,9% des hommes et 6,7% des femmes avaient eu au moins la délivrance d'un traitement hypolipémiant au cours de l'année précédente. Entre 2006 et 2015, la cholestérolémie LDL moyenne et la proportion d'adultes avec un LDL-c élevé (>1,6 g/l et >1,9 g/l) sont restées stables. La proportion d'adultes ayant déjà eu un dosage du cholestérol a diminué de 8,7% chez les hommes (ps=0,002) et de 15,5% chez les femmes (ps<0,0001). La proportion d'adultes avec un traitement hypolipémiant a diminué de 29,6% (ps=0,0001) depuis 2006. Conclusion : la proportion d'adultes avec un LDL-c >1,6 g/l, relativement élevée par rapport aux autres pays industrialisés, n'a pas évolué depuis 2006 ; la proportion d'adultes déclarant avoir déjà eu un bilan lipidique et celle des adultes traités par hypolipémiants ont diminué. Ce nouvel état des lieux témoigne d'une situation qui reste préoccupante en France, dans la mesure où l'hypercholestérolémie-LDL est souvent associée à d'autres facteurs de risque cardiovasculaire.

Auteur : Lecoffre Camille, Perrine Anne-Laure, Blacher Jacques, Olié Valérie
Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire, 2018, n°. 37, p. 710-718