Epidémie d'hépatite A en France - Point au 1er mars 2010

Mis à jour le 20 mai 2019

L'institut de veille sanitaire investigue actuellement une épidémie d'hépatite A en lien avec les partenaires et administrations concernés : Centre national de référence des virus à transmission entérique (hépatite A), laboratoire d'études et de recherches sur la qualité des aliments et sur les procédés agroalimentaires de l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments, Direction générale de la santé, Directions départementales des affaires sanitaires et sociales, Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes, Direction générale de l'alimentation, Directions départementales de la cohésion sociale et de protection des populations.

L'hépatite A est une maladie d'origine virale, le plus souvent asymptomatique chez le jeune enfant pouvant provoquer une asthénie fébrile, une gastro-entérite et l'apparition d'un ictère chez l'adulte. Les formes graves, très rares, sont identifiées chez les adultes le plus souvent porteurs d'une hépatopathie chronique sous-jacente. Environ 1500 cas sont déclarés chaque année, dans le cadre du dispositif de déclaration obligatoire mis en place en 2005. Au 1er mars 2010, 55 cas liés à cette épidémie ont été identifiés, 26 femmes et 29 hommes, âgés de 7 à 52 ans (moyenne 31 ans). Vingt-sept patients ont été hospitalisés. L'évolution a été favorable pour tous.

Les dates d'apparition des symptômes se situent entre le 20 novembre 2009 et le 5 février 2010 (figure 1). Les cas résident dans 18 départements métropolitains avec deux foyers importants dans les Hautes-Pyrénées-Pyrénées-Atlantiques (19 cas) et dans le Lot (15 cas) (figure 2).

Figure 1

Distribution hebdomadaire des cas par date de début des symptômes - Epidémie d'hépatite A, France, novembre 2009-février 2010 

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Figure 2

Répartition géographique des cas par département de résidence - Epidémie d'hépatite A, France, novembre 2009-février 2010

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L'interrogatoire des patients sur leur consommation alimentaire au cours des 2 à 6 semaines précédant la maladie (durée d'incubation de l'hépatite A) a montré une fréquence inhabituellement élevée de consommation de tomates séchées. Ces tomates séchées avaient été consommées dans des sandwiches ou des salades achetés dans des sandwicheries. L'enquête de traçabilité a montré que ces tomates proviendraient d'un même lot de tomates importées surgelées de Turquie et distribué entre début octobre 2009 et fin janvier 2010. Si cette hypothèse se confirme, il n'existerait plus de risque actuellement car ce lot n'est plus distribué. Toutefois, d'autres cas d'hépatite A pourraient survenir en raison d'une transmission de personne à personne. La prévention de l'hépatite A repose sur l'hygiène personnelle et collective, en particulier l'hygiène des mains.

Cette épidémie d'hépatite A liée à la consommation de tomates séchées est la deuxième décrite dans le monde. En Australie, les investigations menées lors d'une importante épidémie survenue en 2009 (240 cas de mai 2009 à janvier 2010) ont également attribué cet épisode à la consommation de tomates séchées.