Indicateurs nationaux de performance du programme de dépistage du cancer du sein sur la période 2011-2012

Mis à jour le 20 mai 2019
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Le programme de dépistage organisé du cancer du sein vise à détecter la maladie à un stade précoce, afin de permettre des traitements appropriés qui réduiront la mortalité ainsi que les autres conséquences graves d'une détection tardive de la maladie. Afin d'obtenir le maximum de bénéfices et de réduire au minimum les risques, c'est-à-dire d'être efficace, un programme de dépistage organisé doit être de qualité. Il doit ainsi être évalué. Nous présentons ici les indicateurs de qualité et d'efficacité précoce du programme de dépistage organisé du cancer du sein pour la période 2011-2012.

Les données de l'ensemble des dépistages effectués dans le cadre du dépistage organisé de tous les départements (soit un total de 99, les deux départements de Corse étant évalués ensemble) ont pu être intégrées pour constituer la base nationale 2012, soit 2 466 910 dépistages. Dans le même temps, ont été reçues les données actualisées concernant l'ensemble des dépistages positifs de 2008 à 2011, pour l'ensemble des départements.

Les femmes étant invitées à effectuer un dépistage du cancer du sein par mammographie tous les deux ans, les résultats sont présentés sur une période cumulée de deux ans. Sur cette période 2011-2012, 4 899 223 dépistages ont été réalisés. A noter que les résultats globaux résumés ici masquent de grandes disparités géographiques, comme on peut le voir en regardant les résultats par ou par.

Indicateurs de qualité (Résultats du dépistage)

Les effectifs donnent des informations sur les effectifs de dépistages effectués, leurs résultats et les bilans diagnostics sur la période 2011-2012. Les indicateurs T02 à T05 et P07 à P09 présentent les taux et pourcentages correspondants.

Pour la période 2011-2012, 4% des dépistages sont des premiers dépistages organisés sans antécédent précédent de mammographie (que l'on appellera par la suite " vrai dépistage initial ", 15% sont un premier dépistage organisé avec un antécédent de mammographie, et 81% sont des dépistages subséquents.

Le taux de mammographies positives (c'est-à-dire jugées anormales ou suspectes) en première lecture avant bilan (L1) est de 14 pour 100 femmes effectuant un "vrai" dépistage initial et 6,8 pour 100 femmes effectuant un dépistage suivant. Ces taux sont légèrement supérieurs à ceux de la période 2010-2011. Un bilan de diagnostic immédiat(BDI) est effectué pour 97% des mammographies positives en L1.

Le taux de mammographies positives en deuxième lecture (L2) est de 2 pour 100 femmes effectuant un "vrai" dépistage initial et 1,2 pour 100 femmes effectuant un dépistage suivant. Ces taux sont similaires à la période 2010-2011. Parmi les mammographies positives en L2, un bilan de diagnostic différé (BDD) est effectué pour 77% des " vrais " dépistages initiaux, et 83,6% des dépistages subséquents.

Au final, le taux de mammographies positives en première ou deuxième lecture avant bilan (équivalent du " taux de rappel européen ") est de 15,9 pour 100 femmes effectuant un "vrai" dépistage initial et 7,9 pour 100 dépistages subséquents. Le taux de dépistages positifs après bilan (BDI ou BDD) est de 8% pour les "vrai" dépistages initiaux, et 3,1% pour les dépistages subséquents. Ces taux sont légèrement supérieurs à ceux de la période 2010-2011.

Indicateurs de performance du programme

Les effectifs donnent des informations sur les effectifs de cancers et leurs caractéristiques sur la période 2011-2012. L'indicateur de taux TC01 et PC02 à PC10 présentent les taux et pourcentages correspondants.

Au moment de l'extraction des données, 36 776 cancers (cancers invasifs et cancers in situ à l'exception des carcinomes in situ lobulaires) avaient été enregistrés pour la période 2011-2012, soit un taux de 7,5 cancers pour 1 000 femmes dépistées. Ce taux est de 13,4 pour 1000 femmes effectuant un "vrai" dépistage initial et 7,1 pour 1000 dépistages subséquents. Ces taux sont légèrement supérieurs à ceux de la période 2010-2011. D'après les évaluations des années précédentes, on estime qu'environ 5 % des cancers s'ajouteront encore à ces chiffres lors des mises à jour des cancers détectés suite à un dépistage en 2012.

Les pourcentages de cancers de bon pronostic parmi l'ensemble des cancers détectés sont des indicateurs indirects d'efficacité du programme.

  • Parmi les femmes effectuant un " vrai " dépistage initial, 10,9% des cancers de statut invasif/in situ connu étaient des cancers in situ, 23,8% des cancers de taille connue étaient inférieurs ou égale à 10 mm et 63,5% des cancers de statut ganglionnaire connu n'avaient pas d'envahissement ganglionnaire.
  • Parmi les femmes effectuant un dépistage subséquent, 15,1% des cancers de statut invasif/in situ connu étaient des cancers in situ, 39,2% des cancers de taille connue étaient inférieurs ou égale à 10 mm et 77,4% des cancers de statut ganglionnaire connu n'avaient pas d'envahissement ganglionnaire.

Enfin, parmi 100 cancers dépistés en 2011-2012, 3,5 ont été dépistés grâce à la deuxième lecture parmi les femmes effectuant un " vrai " dépistage initial et 6,9 parmi les dépistages subséquents. Ces pourcentages sont en légère baisse par rapport à la période 2011-2012.

Valeur Prédictive Positive (VPP)

Les indicateurs représentent les valeurs prédictives positives avant et après bilans diagnostiques. Calculer des valeurs prédictives positives du dépistage dans le programme de dépistage nécessite de connaître l'issue de la procédure de dépistage. Au moment de la transmission des données à l'InVS, cette information peut être soit définitive (cancer, normal, bénin, femme déclarée définitivement perdue de vue ou décédée), soit provisoire (suivi encore en cours ou structure de gestion des dépistages en attente d'information). Au moment de l'analyse, l'information était définitive pour 98,9% des femmes dépistées, et 93,9% pour les femmes ayant eu des dépistages positifs avant bilan.

La valeur prédictive positive des examens de dépistage positifs avant bilan de diagnostic- VPP01- (indicateur du cahier des charges), c'est-à-dire le pourcentage de cancers dépistés suite à une mammographie ou un examen clinique positif rapporté au nombre de femmes ayant une mammographie positive avant bilan diagnostic (immédiat ou différé) est de 8,4 %.

La VPP de la procédure de dépistage menée à son terme, c'est-à-dire le pourcentage de cancers dépistés rapportés à l'ensemble des dépistages positifs après bilan diagnostic-VPP02- (immédiat ou différé) est de 19,6 %.

Ces deux VPP sont stables par rapport à la période 2010-2011. D'après les évaluations des années précédentes, on estime qu'environ 5 % des cancers s'ajouteront encore à ces chiffres lors des mises à jour des cancers détectés suite à un dépistage en 2012. Ceci augmentera légèrement ces VPP.

Mammographie numérique

Depuis 2008, la mammographie numérique a été autorisée dans le programme national en plus de la technologie analogique. Deux grands types de technologies numériques sont utilisés : plein champ (DR) et plaques fluorescentes (CR). Sur la période 2011-2012, 86% des dépistages étaient réalisés avec la technologie numérique, répartis en 42% CR et 58% DR. Le taux de clichés techniquement corrects est de l'ordre de 98% pour les trois technologies.

 Les taux bruts de positivité en première lecture avant bilan, ainsi que les taux de cancers dépistés sont plus élevés pour le numérique que pour l'analogique. Et parmi le numérique, ces taux sont supérieurs pour les DR par rapport aux CR. En conséquence, l'apport de la deuxième lecture semble moindre avec la technologie numérique DR puisque le taux de mammographies positives en deuxième lecture avant bilan et le pourcentage de cancers détectés par le second lecteur parmi l'ensemble des cancers dépistés sont plus faibles. Ces résultats s'observent quel que soit le rang du dépistage

Si l'on s'intéresse uniquement aux rangs subséquents, c'est-à-dire 81% des dépistages de la période 2011-2012, on observe que les cancers de bon pronostic sont plus nombreux en numérique et particulièrement en numérique DR. Ces meilleurs résultats du DR sont également observés pour les " vrais " dépistages initiaux, sauf pour le taux de cancer  in situ. Les VPP des dépistages positifs avant bilan sont plus élevés.

A noter que les écarts constatés entre les trois types de mammographies ne correspondent pas uniquement à des différences de performances de technologies : des facteurs confondants notamment l'expérience des radiologues interviennent également.

Cancers de l'intervalle

Un projet a été réalisé en 2014 et a permis d'effectuer un croisement entre les données des registres de cancer et les données des structures de gestion, afin d'identifier de façon exhaustive, et suivant une définition commune, les cancers de l'intervalle de la zone couverte par un registre, soit 13 départements. Les résultats de ce croisement sont en cours de traitement et seront publiés ultérieurement.