Evaluation du programme de dépistage du cancer du colon rectum sur la période 2012-2013 : Indicateurs nationaux

Mis à jour le 20 mai 2019

Rappel : le test au gaïac (Hémoccult® II) a été remplacé par le test immunologique (OC Sensor®) en avril 2015. Les indicateurs présentés pour la période 2012-2013 sont relatifs au test au gaïac (Hémoccult® II).

Le descriptif des indicateurs est disponible dans le Guide du format des données et définitions des indicateurs de l'évaluation du programme national

Indicateurs de la qualité du test de dépistage et des examens diagnostiques

Sont présentés dans ce sous-chapitre pour la période 2012-2013 des indicateurs de qualité du test de dépistage et des examens diagnostiques, notamment le taux de personnes ayant au moins un test non analysable, le taux de personnes ayant un test non analysable non refait, le taux de tests positifs, le pourcentage de réalisation de la coloscopie…

Les indicateurs nationaux de qualité du test de dépistage et des examens diagnostiques figurent dans le tableau ci-contre : format xls et format pdf

Informations complémentaires :

Pourcentage de personnes ayant réalisé une coloscopie suite à un test positif

Selon les recommandations européennes1

le pourcentage de réalisation d'une coloscopie après un test positif

  • le niveau acceptable est de 85 %
  • le niveau souhaitable est de 90 %

le pourcentage de coloscopies complètes (côlon-rectum entièrement exploré):

  • le niveau acceptable est de 90 %
  • le niveau souhaitable est de 95 %

Sur la période 2012-2013, 89 917 coloscopies ont été réalisées suite à un test de dépistage positif, ce qui  correspond à un pourcentage de réalisation de la coloscopie suite à un test positif est de 87,1 %. Ce chiffre est  légèrement supérieur au niveau européen recommandé. Le pourcentage de réalisation de la coloscopie varie selon les départements de 62 % à 94,8 % (5e et 95e percentiles) : il est particulièrement faible dans 5 départements (Corse, Guyane, Seine-Maritime, Lozère et le Gard). Ce faible niveau de réalisation de coloscopie serait probablement en lien avec la sous médicalisation dans certains endroits avec pour corollaire l'allongement des délais d'attente et également le manque d'exhaustivité de la remontée de cette information vers les structures de gestion, sans doute du fait d'une implication inégale des professionnels de santé.

Pourcentage de personnes ayant réalisé une coloscopie suite à un test positif

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Qualité de la coloscopie

La qualité de la préparation des coloscopies pratiquées a été jugée bonne pour 82 %, moyenne pour 6,0 % et  insuffisante pour 2 % des examens. L'information sur la qualité de la coloscopie était manquante pour 10 % des examens.

Répartition des coloscopies effectuées selon la qualité de leur préparation

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Le pourcentage de personnes ayant eu une coloscopie complète est de 93,3 %. La coloscopie est jugée incomplète lorsque la totalité du côlon et du rectum n'est pas explorée durant l'examen. Les raisons évoquées pour les coloscopies incomplètes varient selon le sexe : 36 % des cas pour des raisons anatomiques chez les hommes contre 46 % chez les femmes, 35 % chez les hommes pour des lésions obstructives contre 28 % chez les femmes. Les autres motifs sont une préparation insuffisante ou un autre motif non spécifié.

Répartition des coloscopies incomplètes selon la raison

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Morbidité de la coloscopie

L'exhaustivité du recueil des complications de coloscopie et notamment des décès dans les jours suivants la coloscopie n'est pas assurée au niveau national. La variable recensant les incidents et les accidents de la coloscopie présente 54,2 % de données non renseignées dont on ne peut savoir si l'information est manquante ou si la coloscopie s'est déroulée sans complication. Ces statistiques ne peuvent donc pas être présentées. Des analyses plus précises doivent être réalisées sur ce sujet.

1 Segnan N, Patnick J, von Karsa L (dir). European guidelines for quality assurance in colorectal cancer screening and diagnosis. First Edition. Luxembourg : European Commission , 2010.

Indicateurs de suivi du programme

Sont présentés dans ce sous-chapitre des indicateurs de suivi du programme : le délai de réalisation de la coloscopie et le pourcentage de perdus de vue pour les années 2012-2013.

Répartition des délais de réalisations des coloscopies effectuées

La distribution des délais de réalisation des coloscopies suite à un test positif montre que seulement 26,7 % des coloscopies sont réalisées dans un délai de 31 jours au plus, conformément aux recommandations européennes. Le délai médian de réalisation est de 59 jours et varie selon les départements de 47 à 82 jours (5e et 95e percentiles) : les délais médians les moins long sont observés dans les départements des Alpes-Maritimes, du Gers, du Finistère, des Pyrénées-Orientales et des Ardennes et le plus long dans les départements du Calvados, de l'Oise, de la Martinique, des Deux-Sèvres et de la Vienne (format xls et format pdf). Si ces délais peuvent refléter le degré de motivation des personnes dépistées positives à continuer la procédure diagnostique, ils traduisent aussi les délais d'attente pour l'obtention d'un rendez-vous. Ce délai important peut être source d'anxiété supplémentaire pour les bénéficiaires.

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Répartition géographique des pourcentages de perdus de vue

Une personne est considérée comme perdue de vue lorsque la structure de gestion n'arrive à obtenir aucune information sur ce patient 24 mois après la réalisation du test. Le pourcentage de " perdus de vue " est de 8,2 % (8,7 % chez les hommes et 7,5 % chez les femmes) pour l'ensemble des départements contribuant au programme. Ce pourcentage varie selon les départements : moins de 1 % pour les départements des Ardennes,  de l'Yonne, du Gers, de la Mayenne, de la Meuse et des Alpes de Haute-Provence à 44,3 % et 55,1 %, respectivement pour les départements de la Corse et de la Seine-Maritime. Il est également élevé pour les départements du Gars (26,3 %), de la Lozère (30,6 %), de la Guyane (36,7 %). Ces disparités départementales reflètent l'hétérogénéité de la documentation, au sein des structures de gestion, des suivis des tests (par exemple la transmission des informations par les professionnels de santé à la structure de gestion est plus ou moins systématique).

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Indicateurs des lésions détectées

Sont présentés dans ce sous-chapitre pour la période 2012-2013 les indicateurs des lésions détectées. Il s'agit des indicateurs relatifs à la nature et aux taux des lésions détectées (adénomes, adénomes avancés et cancers) par les examens diagnostiques (coloscopie ou autre).

Le taux de détection des adénomes avancés (respectivement, cancers colorectaux) est défini comme la proportion de patients chez qui un adénome avancé (respectivement, un cancer) est la lésion détectée la plus péjorative, parmi les personnes ayant réalisé un test de dépistage analysable. Il est exprimé pour 1 000 (‰) personnes dépistées.

Le taux de détection des adénomes avancés varie selon la définition retenue : il est de (i) 2,5 ‰ lorsque l'adénome avancé est défini par un adénome de taille supérieure ou égale à 10 mm, (ii) 3,1 ‰ lorsqu'il est défini par défini par un nombre d'adénomes supérieure ou égale à 3, ou de taille supérieure ou égale à 10 mm ou présentant une dysplasie de haut grade , (iii) 3,3 ‰ lorsqu'il est défini par un adénome de taille supérieure ou égale à 10 mm, ou présentant une dysplasie de haut grade, ou un contingent villeux (format xls et format pdf).

Le taux des adénomes avancés est plus élevé chez les hommes que chez les femmes, il  augmente avec l'âge des patients et est plus élevé lors d'un premier dépistage que lors des dépistages subséquents (voir figures ci-dessous).

Distribution du taux de détection des adénomes avancés selon l'âge, le sexe et le rang du dépistage (adénome de taille supérieure ou égale à 10 mm)

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Distribution du taux de détection des adénomes avancés selon l'âge, le sexe et le rang du dépistage (nombre d'adénomes supérieure ou égale à 3, ou de taille supérieure ou égale à 10 mm ou présentant une dysplasie de haut grade)

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Distribution du taux de détection des adénomes avancés selon l'âge, le sexe et le rang du dépistage (adénome taille supérieure ou égale à 10 mm, ou présentant une dysplasie de haut grade, ou un contingent villeux)

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Le taux de détection des adénomes avancés (adénome taille supérieure ou égale à 10 mm, ou présentant une dysplasie de haut grade, ou un contingent villeux) varie selon les départements de 2,1 ‰  à 6,9 ‰ chez les hommes et de 1 ‰  à 3 ‰ chez les femmes (5e et 95e percentiles) (format xls et format pdf).

Taux de détection des adénomes avancés pour les hommes

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Taux de détection des adénomes avancés pour les femmes

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Le taux de détection de cancers est de 1,3 pour 1 000 personnes dépistées. Il varie selon l'âge, le sexe, le rang du dépistage. Chez la femme, il est de 1,0 ‰ lors d'un premier dépistage et de 0,8 ‰ lors d'un dépistage subséquent alors que chez les hommes, il est respectivement de 2,0 ‰ et 1,7 ‰, soit 2 fois plus (format xls et format pdf). Il varie également selon les départements de 0,9 ‰ à 2,6 ‰ chez les hommes et de 0,9 ‰  à 1,5 ‰ chez les femmes (5e et 95e percentiles) (format xls et format pdf).

Taux de détection des cancers colorectaux pour les hommes

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Taux de détection des cancers colorectaux pour les femmes

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Les taux de détection des adénomes avancés et des cancers colorectaux dépendent fortement de l'incidence départementale des cancers et de la performance des programmes départementaux à détecter ces lésions. En effet, le pourcentage de réalisation de coloscopies parmi les personnes éligibles après un test positif et le pourcentage de personnes pour lesquelles la structure de gestion n'a pas de diagnostic final (perdus de vue ou diagnostics finaux non connus) sont des facteurs qui influencent l'enregistrement de ces lésions et peuvent contribuer à expliquer les disparités départementales. De plus, tels que définis dans le " guide du format de données et de définitions des indicateurs de l'évaluation du programme national " [guide8], les adénomes avancés sont des adénomes de tailles supérieures ou égales à 10 mm, de composantes villeuses ou tubulo-villeuses ou ayant une dysplasie de haut grade. Le manque de reproductibilité intra et inter examinateurs des diagnostics des adénomes avancés peut également contribuer à expliquer les différences départementales des taux d'adénomes avancés observés[1].

[1] Denis, B., Bottlaender, J., Breysacher, G., Chiappa, P., Peter, A., Weiss, A.-M. The advanced adenoma: A topical concept but an out-of-date definition? (2011) Hepato-Gastro, 18 (3), pp. 269-276. 

Indicateurs des cancers dépistés

Le stade des cancers dépistés par le programme de dépistage organisé a été établi selon le système TNM de classification des tumeurs malignes[1]. Cette classification ne s'appliquant qu'aux carcinomes pour le côlon et le rectum, seuls les cancers classés histologiquement comme " adénocarcinome " sont décrits dans cette section. Pour les cancers du côlon, la classification histo-pathologique pTNM a été retenue. Pour les cancers du rectum, susceptibles d'avoir des traitements néo-adjuvants avant la chirurgie avec pour conséquence une modification du T, du N ou du M de la tumeur dépistée, la qualité des données disponibles et l'hétérogénéité des modalités de documentation de l'information sur le stade ne permet pas d'établir le stade TNM avant traitement. Par conséquent, seuls les cancers du côlon (jonction recto-sigmoïdienne comprise) et les cancers du rectum n'ayant pas bénéficié de traitements néo-adjuvants ont été retenus.

Le stade du cancer est considéré comme inconnu lorsqu'au moins une des informations sur le T, le N ou le M est inconnue (sauf si pT=Tis, dans ce cas le stade TNM est in situ, ou si M=M1, dans ce cas le stade TNM est IV). Parmi les adénocarcinomes du rectum (sans traitements néo-adjuvants) et du côlon dépistés, cette information est manquante chez 25,5 % des patients. Ce pourcentage d'adénocarcinomes de stade inconnu observé à l'échelle national reflète une grande disparité départementale : il varie de 0 % 100 % format xls et format pdf), l'information sur le statut métastatique des cancers détectés étant difficile d'accès.

La description ne porte que sur les 53 départements ayant moins 30 % de données manquantes dans les stades des cancers, ce qui correspond à 3 679 adénocarcinomes du côlon et du rectum (sans traitements néo-adjuvants) dépistés. Parmi ces adénocarcinomes, 9 % sont de stade pTNM inconnu.

Parmi les adénocarcinomes de stades connus, 25,7% sont des carcinomes in situ et 74,3 % sont des cancers invasifs (stade I à IV), dont 35,9 % sont de stade I, 25,4 % de stade II, 26,5 % de stade III et 12,2 % de stade IV (format xls et format pdf).

1 Sobin M, Gospodarowicz L, Wittekind C. (dir). International Union Against Cancer. TNM Classification of Malignant Tumours, 7th Edition. Chichester : Wiley-Blackwell , 2009. 310p.