Tétanos en France : données épidémiologiques 2020

Santé publique France publie une mise à jour des données de surveillance du tétanos en France jusqu’en 2020.

Publié le 17 février 2021

Le tétanos est une infection aiguë grave, non contagieuse, souvent mortelle, nécessitant le plus souvent une hospitalisation en réanimation. Elle est due aux exotoxines produites par un bacille anaérobie Gram positif, bactérie appelée Clostridium tetani, naturellement présente dans la terre. La contamination peut s’effectuer par n’importe quelle blessure, coupure ou plaie banale. Le tétanos généralisé est une maladie à déclaration obligatoire en France. La vaccination est, avec l’administration d’immunoglobulines en cas de blessure, la seule prévention possible.

En raison de la généralisation de la vaccination antitétanique, les infections au tétanos sont devenues très rares en France et dans l’ensemble des pays industrialisés, mais n’ont pas complètement disparu. Ainsi, la maladie touche principalement les personnes âgées non ou mal vaccinées.

Toutefois, elle peut affecter toute personne non à jour de ses vaccinations, ainsi, au cours de ces 10 dernières années, 3 cas ont été déclarés chez des enfants âgés de 3 à 8 ans au moment de la maladie, et qui n’avaient pas été vaccinés, bien que nés en France pays où la primo-vaccination est obligatoire depuis 1940.

Points clés

En France, entre 2011 et 2020, on dénombre entre 1 et 10 cas déclarés de tétanos par an. Cela représente une incidence annuelle moyenne entre 0,01 et 0,15 cas pour un million d'habitants sur cette période.

La maladie touche principalement les tranches d'âges les plus élevées de la population : entre 2011 et 2020, 70% des 52 cas déclarés avaient 70 ans et plus. Le taux d’incidence annuel moyen (par million d’habitants) d’infection au tétanos augmente ainsi avec l’âge. Il est de 0,76 après 80 ans et de 0,20 entre 70 et 79 ans.

Par ailleurs, ce taux d’incidence est plus élevé chez les femmes (0,33) que chez les hommes (0,06).

Enfin, on observe également qu’entre 2011 et 2020 le taux de létalité global est de 27% sur la période, et qu’il est plus élevé chez les plus de 70 ans (33%) versus les moins de 70 ans (8%).

Le tétanos en France de 1960 à 2020 : cas déclarés et décès annuels
courbe représentant les décès et cas déclarés de tétanos en France entre 1960 et 2020

Tableau - Nombre de cas de tétanos déclarés et taux d'incidence 2011-2020

Années 2011 - 2020
 FemmesHommesTotal
Classes d'âgeNombre de casTaux d'incidence annuelle moyen (/million)Nombre de casTaux d'incidence annuelle moyen (/million)Nombre de casTaux d'incidence annuelle moyen (/million)
0-49 ans0030,0130,01
50-59 ans30,0730,0760,07
60-69 ans0030,0830,04
70-79 ans60,2240,18100,20
≥ 80 ans250,9850,36300,76
TOTAL340,33180,06520,08

Source : DO, Santé publique France

Rappel - La vaccination contre le tétanos

Santé publique France rappelle que la prévention de l’infection au tétanos se fait par la vaccination, obligatoire en France pour tous les nourrissons depuis 1940. Le vaccin existe depuis plus de 70 ans et démontre une efficacité et une innocuité quasiment parfaites.

Ainsi, chez les nourrissons et les enfants, le calendrier vaccinal prévoit une primo-vaccination comportant deux doses de vaccin combiné à 2 mois d’intervalle, administrées à l’âge de 2 et 4 mois, suivies d’une dose de rappel à l’âge de 11 mois. Cette primovaccination est obligatoire chez l’enfant.

Les rappels ultérieurs doivent être faits à l’âge de 6 ans puis entre 11 et 13 ans. A l’âge adulte, les rappels sont administrés à l'âge de 25, 45 et 65 ans puis tous les 10 ans (à 75, 85, 95 ans ...) compte tenu de l’immunosénescence.

Chez les adultes non vaccinés, la primo-vaccination comporte 2 doses à 2 mois d’intervalle, avec un rappel 8 à 12 mois plus tard, puis reprise du calendrier vaccinal en fonction de l’âge, en respectant un intervalle minimum de 5 ans avec la dernière dose injectée.

Le tétanos n’étant pas une maladie transmissible de personne à personne, une couverture vaccinale élevée dans la population ne protège pas les sujets non ou mal vaccinés. Seule la vaccination individuelle complète (incluant les rappels) protège contre l’infection.