Quelles sont les contre-indications au don de sang ?

Mis à jour le 20 mai 2019

Le don de sang doit respecter certaines règles qui garantissent la sécurité du donneur comme celle du receveur. 

Ces règles sont définies par une directive européenne, selon des critères de sélection des donneurs communs à tous les Etats membres de l’Union. En France, cette directive est transposée sous la forme d’un arrêté ministériel.

Dans ce cadre, un médecin ou un infirmier de l’EFS ayant reçu une formation spécifique, évalue avec le donneur les contre-indications potentielles au cours d’un entretien confidentiel appelé « l’entretien pré-don ».

Les contre-indications au don de sang peuvent être permanentes ou temporaires. La dernière actualisation de ces contre-indications a été établie par l’arrêté du 5 avril 2016.

Les contre-indications permanentes concernent les infections actives connues pour être transmissibles par le sang (hépatites virales, syphilis, infection par le VIH ou par le HTLV, maladie de Chagas, paludisme) ; des situations d’exposition à des agents transmissibles non détectables tels que le prion (séjours de plus d'une année cumulée au Royaume-Uni entre 1980 et 1996, traitement par hormone de croissance avant 1989, antécédent familial de maladie à prion, antécédent de greffe de cornée ou de dure-mère, antécédent de chirurgie de l’encéphale ou de l’œil avant avril 2001) ; un antécédent de transfusion sanguine ou de greffe, d'usage de drogues par voie intraveineuse ou intramusculaire, incluant des substances dopantes hors contexte médical, en raison d’un risque potentiel d’exposition à un agent émergent.

Les contre-indications temporaires sont justifiées par un risque d’exposition récent à un agent infectieux, comme avoir eu plusieurs partenaires sexuels au cours des 4 derniers mois, un rapport sexuel entre hommes au cours des 12 derniers mois, ou une situation épidémique pour des agents transmissibles par le sang (Chikungunya, zika, dengue, etc).

L’évolution de la contre-indication concernant les hommes ayant eu des relations sexuelles avec des hommes (HSH)

En France, les hommes qui ont des rapports sexuels avec des hommes (HSH) constituent la population la plus sévèrement touchée par le VIH, avec une prévalence environ 40 fois plus élevée que chez les hétérosexuels et une incidence environ 80 fois plus élevée. En outre, les études comportementales montrent une augmentation des comportements sexuels à risque chez les HSH au fil du temps.

Dès 1983, dans de nombreux pays dont la France, les HSH ont été exclus du don de sang de façon permanente étant considérés comme à haut risque d’infection par le VIH.

Depuis une quinzaine d’années, cet ajournement permanent des HSH a fait l'objet de débats et de controverses, principalement parce qu'il peut être ressentie comme discriminatoire et dépassé. De plus, cette mesure n'a pas été pleinement respectée puisque certains HSH ne signalaient pas qu'ils avaient eu des rapports sexuels avec des hommes au cours de leur vie, lors de l'entretien pré-don. Afin de modifier ce critère d’ajournement permanent des HSH, le ministère de la Santé a organisé en 2015 une large consultation de toutes les parties prenantes et, après avoir pris en compte l'évaluation du risque transfusionnel lié au VIH réalisé  par Santé publique France, la ministre de la Santé a annoncé en Novembre 2015 que les HSH pourraient donner leur sang sous certaines conditions. L’arrêté du 5 avril 2016 décrit les conditions de cette ouverture au don de sang, ainsi qu’au don de plasma.

A compter du 10 juillet 2016, le don de sang est autorisé aux HSH n’ayant pas eu de rapports sexuels avec un homme au cours des 12 derniers mois précédant le don. Quant au don de plasma, il est ouvert aux HSH ayant eu un seul partenaire sexuel masculin au cours des 4 derniers mois précédant le don. En effet, le plasma permet des techniques supplémentaires de sécurisation non applicables aux autres produits sanguins.