Mortalité liée aux syndromes parkinsoniens en France : Étude à partir des certificats de décès, 2000-2010

Publié le 1 Avril 2018
Mis à jour le 5 juillet 2019

Introduction : il existe encore peu d'informations en France permettant d'apprécier le poids des syndromes parkinsoniens (SP), dont la maladie de Parkinson représente la cause la plus fréquente, en termes de fréquence, de recours aux soins ou de mortalité. L'objectif de cette étude était de décrire la mortalité associée aux SP en France. Méthodes : les analyses présentées dans ce rapport concernent les décès survenus en France en 2010, extraits de la base nationale du CépiDc-Inserm. Les décès dont le certificat contenait, en cause initiale ou associée, un code de SP selon la Classification internationale des maladies (CIM-10) (G20 à G23, sauf G21.0 seul, ou F023) ont été sélectionnés. L'évolution des taux de mortalité a été étudiée sur la période 2000-2010. Les autres causes de décès mentionnées sur ces certificats de décès ont été étudiées. Enfin, les causes initiales de décès des individus dont le certificat de décès mentionnait un SP en cause associée ont été comparées à celles observées chez les personnes décédées sans mention de SP. Résultats : parmi les 514 084 décès rapportés en 2010 chez les sujets âgés de 50 ans et plus, 1,9% mentionnaient un SP. Comparées aux personnes décédées sans mention de SP, les personnes décédées avec une SP étaient en moyenne plus âgées au moment du décès (82,7 vs 79,5 ans). Après prise en compte de l'âge, les personnes décédées avec SP étaient significativement plus souvent des hommes (56,6% vs 49,8%), plus souvent mariées (48,3% vs 40,6%) et elles décédaient deux fois plus souvent en maison de retraite (23,2% vs 12,0%). Le taux de mortalité, standardisé sur l'âge, était en 2010 de 41,1/100 000 personnes-années (65,3 chez les hommes et 27,7 chez les femmes). Entre 2000 et 2010, on observe une stabilité des taux standardisés de mortalité. Comparée aux personnes décédées sans mention de SP, la distribution des causes initiales de décès dans les cas où la SP n'est mentionnée qu'en cause associée, montre, après ajustement sur l'âge et le sexe, que les malades parkinsoniens sont décédés plus souvent avec une démence (ORa=1,62, IC95% [1,46-1,80]), d'une autre maladie du système nerveux (ORa=2,18 [1,81-2,61]), de pneumopathie d'inhalation d'aliments (ORa=2,34 [1,94-2,82]), de maladie veineuse thromboembolique (ORa=1,45 [1,12-1,87]), de maladie cérébrovasculaire (ORa=1,44 [1,30-1,60]) ou de chute (ORa=2,21 [1,83-2,69]). À l'inverse, le risque de décéder d'une tumeur invasive est chez eux diminué (ORa=0,44 [0,40-0,48]). Conclusion : ce travail a permis de dénombrer et de caractériser les personnes décédées avec un SP en France en 2010 et de documenter les causes de leur décès. Néanmoins, en raison de la sous-déclaration des SP dans les certificats de décès, qui a elle-même pu évoluer avec le temps, la prudence est de mise dans l'interprétation de ces résultats.

Auteur : Carcaillon-Bentata Laure, Quintin Cécile, Ha Catherine, Moisan Frédéric, Elbaz Alexis
Année de publication : 2018
Pages : 23 p.