Le centre Artemis, plateforme d'évaluation et de prévention de la santé environnementale dédiée à la reproduction, Bordeaux. Bilan de la première année d'activité 2016-2017

Publié le 3 Juillet 2018
Mis à jour le 5 juillet 2019

Contexte : des sociétés savantes de gynécologie et d'obstétrique appellent à identifier et réduire les expositions environnementales en intégrant la santé environnementale dans les soins et en plaidant pour des politiques de prévention des expositions environnementales. En 2016, le Centre Artemis (Aquitaine ReproducTion Enfance Maternité et Impact en Santé environnement), plateforme de prévention de la santé environnementale dans le domaine de la reproduction, s'est mis en place au CHU de Bordeaux, en partenariat avec l'Agence régionale de santé Nouvelle Aquitaine, l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses) et Santé publique France. Objectifs du Centre Artemis : évaluer les expositions environnementales et professionnelles chez des personnes présentant des troubles de la reproduction et leur proposer des mesures de prévention permettant de réduire l'exposition à ces facteurs de risque. Mode de fonctionnement : les patients sont pris en charge sur des critères cliniques (troubles de la fertilité, pathologies de la grossesse, malformations congénitales) par une équipe pluridisciplinaire (médecin, infirmière, ingénieur en santé environnementale). La prise en charge comprend une consultation médicale ainsi qu'un entretien infirmier protocolisé. Une analyse par un ingénieur des expositions environnementales et professionnelles est réalisée, permettant de proposer des mesures de prévention ciblées Résultats : au 1er septembre 2017, après une année de fonctionnement, 214 couples avaient bénéficié d'une prise en charge au Centre Artemis. Concernant les expositions professionnelles, 150 patients (70,1%) occupaient un emploi au jour de la consultation, dont 61,3% (n=92) pour lesquels une exposition professionnelle à au moins un facteur de risque sur la reproduction était suspectée. En milieu extraprofessionnel, il est fréquent de n'identifier qu'une circonstance d'exposition, documentée dans la littérature scientifique comme potentiellement exposante à un ou plusieurs composés reprotoxiques. Les actions de prévention proposées sont expliquées et ciblées selon les activités décrites par les patients. Conclusion : la mise en place du Centre Artemis est une action innovante pour laquelle une démarche d'évaluation est engagée en 2018. D'autres centres du même type se mettent en place en France actuellement, avec une réflexion commune partagée.

Auteur : Delva Fleur, Coquet Sandrine, Manangama Guyguy, Teysseire Raphaëlle, Brochard Patrick, Sentilhes Loïc
Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire, 2018, n°. 22-23, p. 486-492