Co-infections par les IST lors de la découverte de la séropositivité VIH, France, 2012-2016.

Publié le 28 Novembre 2017
Mis à jour le 3 septembre 2019

Dans un contexte d'augmentation des infections sexuellement transmissibles (IST), l'objectif de cet article est d'analyser la fréquence des co-infections par les IST chez les personnes ayant découvert leur séropositivité VIH entre 2012 et 2016. Depuis 2012, la déclaration obligatoire du VIH recueille l'information sur quatre IST bactériennes chez les adultes de 15 ans et plus : syphilis, gonococcie et infections à Chlamydia trachomatis, dont la lymphogranulomatose vénérienne rectale (LGV). Ces IST doivent être déclarées si elles ont été diagnostiquées de façon concomitante à la découverte de la séropositivité VIH ou dans les 12 derniers mois précédant cette découverte (définies en tant que co-infections IST/VIH). Sur la période 2012-2016, l'information sur une éventuelle IST était disponible pour 12/588/découvertes de séropositivité chez les adultes, soit 52% des découvertes. La fréquence des co-infections IST/VIH était globalement de 14,6%, mais était plus élevée chez les hommes ayant des rapports sexuels avec les hommes (HSH) (26,5%) que chez les hétérosexuels (5,2%) ou les usagers de drogues injectables (7,2%). La fréquence des co-infections a significativement augmenté au cours du temps, passant de 12,7% en 2012 à 17,5% en 2016. L'augmentation était également significative chez les HSH (de 22,1% à 30,9%). La syphilis était l'IST la plus fréquemment diagnostiquée au moment de la découverte de séropositivité VIH ou dans les 12 mois précédents, tout particulièrement chez les HSH. Au total, les co-infections IST/VIH ont augmenté depuis 2012 et concernent près d'un tiers des HSH ayant découvert leur séropositivité en 2016. Ces résultats soulignent l'importance de combiner le dépistage du VIH à celui des autres IST, comme recommandé en France. Dans le contexte actuel de la prévention diversifiée vis-à-vis du VIH, où le préservatif n'est plus la seule stratégie de prévention, il est particulièrement important de répéter de façon régulière le dépistage des IST pour traiter rapidement les patients et leurs partenaires.

Auteur : Lot F, Cazein F, Pillonel J, Ndeikoundam Ngangro N
Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire, 2017, n°. 29-30, p. 596-600