Statut en vitamine D de la population adulte en France : l'Etude nationale nutrition santé (ENNS, 2006-2007)

Publié le 24 Avril 2012
Mis à jour le 9 septembre 2019

Introduction - L'objectif était de décrire la prévalence du déficit en vitamine D et ses facteurs associés dans la population adulte vivant en France métropolitaine. Méthodes - L'Étude nationale nutrition santé (ENNS), réalisée en 2006-2007, comportait un recueil des données sociodémographiques et de consommations alimentaires, des mesures anthropométriques (poids, taille) et un prélèvement sanguin. La 25-hydroxyvitamine D sérique (25(OH)D) a été dosée. Les facteurs associés aux risques de déficit " modéré à sévère " (<20 ng/ml) ou " sévère " (<10 ng/ml) ont été identifiés par régression logistique multivariée. Résultats - Les analyses ont porté sur 1 587 adultes ne prenant pas de traitement médicamenteux à base de vitamine D. La concentration moyenne en 25(OH)D était de 23,0 ng/ml [22,3-23,6] ; 80,1 % [77,0-82,8] des adultes présentant une insuffisance (<30 ng/ml), 42,5 % [39,1-45,9] un déficit modéré à sévère, et 4,8 % [3,6-6,3] un déficit sévère. Le risque de déficit modéré à sévère était associé au fait d'être né hors d'Europe (ORa=2,1, p<0,02), de ne pas partir en vacances (ORa=1,7, p<0,01), d'avoir un niveau d'activité physique bas (ORa=1,9, p<0,01), d'être sédentaire (ORa=1,6, p<0,01) et de résider dans une zone à faible ensoleillement (ORa=2,7, p<0,01). Le risque de déficit sévère était associé au fait d'être né hors d'Europe (ORa=10,7, p<10-3), de vivre seul (ORa=2,8, p<10-3) et de ne pas partir en vacances (ORa=4,6, p<10-3) mais était indépendant du niveau d'activité physique et de sédentarité. Conclusion - En France, les déficits sévères en vitamine D sont peu fréquents et concernent des populations vulnérables (faible statut socioéconomique et exposition solaire réduite). Les déficits modérés sont en revanche fréquents. La modification de certaines habitudes de vie, notamment l'augmentation de l'activité physique, devrait permettre de réduire leur prévalence. (R.A.)

Auteur : Vernay M, Sponga M, Salanave B, Oleko A, Deschamps V, Malon A, Castetbon K
Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire, 2012, n°. 16-17, p. 189-94