Alimentation et corpulence en Polynésie française.

Publié le 22 décembre 2009
Mis à jour le 6 septembre 2019

Introduction - L'objectif de cette étude est d'identifier les facteurs d'ordres culturels, sociaux et économiques de l'alimentation associés au développement de l'obésité et de décrire les représentations liées à l'image du corps chez les adultes en Polynésie française. Méthode - Enquête transversale sur un échantillon représentatif de 1 006 individus de 16 ans et plus dans l'archipel de la Société, au moyen d'un questionnaire standardisé administré en face à face au domicile des personnes enquêtées. La méthode des quotas a été utilisée pour l'échantillonnage. Le recueil des données comporte une approche qualitative sur les modèles esthétiques, l'histoire pondérale des personnes, les modèles alimentaires mis en oeuvre par les Polynésiens, ainsi qu'une approche quantitative par des mesures anthropométriques permettant d'estimer la prévalence de l'obésité. Résultats - Des prévalences élevées pour l'obésité (39%) et le surpoids (30%) ont été retrouvées. Une comparaison des prévalences obtenues selon la définition de l'Organisation mondiale de santé ou de la Commission du Pacifique Sud montre des différences dans la façon d'appréhender la problématique de l'obésité d'un point de vue de santé publique. Pour près de la moitié des personnes interrogées, la perception de leur propre corpulence est en décalage avec leur corpulence réelle. Aux corpulences "bien en chair" toujours valorisées chez les plus de 60 ans semble se substituer l'idéal de minceur, modèle plus dominant chez les jeunes. L'utilisation en alternance de deux modèles alimentaires en semaine et en weekend apparaît : l'un à deux repas (système traditionnel polynésien) et l'autre à trois repas dans la journée (norme plutôt occidentale). La mixité de ces deux modèles, accroissant la confusion des normes, constituerait un facteur de l'obésité chez les Polynésiens. Une incohérence dans les représentations liées aux féculents est observée. S'ils occupent une place majeure dans les représentations du "bien manger polynésien" (29% de l'échantillon) et des aliments essentiels (21%), les féculents sont en tête des aliments "faisant le plus grossir" (26%), devant les produits sucrés et les matières grasses.[résumé auteur]

Auteur : Mou Y., Cerf N., Beck F.
Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire, 2009, n°. 48-49-50, p. 515-520