Visuel du virus de la variole du singe - Monkeypox
Monkeypox

La variole du singe ou la variole simienne est une maladie infectieuse virale rare due au virus Monkeypox transmise essentiellement par des rongeurs à l’homme, puis de personne à personne par gouttelette ou contact rapproché. Les symptômes sont comparables à ceux de la variole mais la maladie est moins sévère.

Mis à jour le 30 juin 2022

Variole simienne : la maladie

Une maladie causée par le virus Monkeypox

La variole simienne est une maladie infectieuse virale rare causée par le monkeypoxvirus qui appartient au genre Orthopoxvirus de la famille des Poxviridae. Le genre Orthopoxvirus comprend également le virus de la variole, le virus de la vaccine (utilisé dans le vaccin pour l'éradication de la variole) et le virus de la variole bovine. Après l'éradication de la variole fin 1979, le virus de la variole du singe est devenu l'orthopoxvirus le plus fréquent.

L’hôte réservoir du virus Monkeypox est inconnu mais les rongeurs jouent une part importante dans la transmission à l’homme. La transmission peut également se faire d’homme à homme par gouttelette respiratoire ou par contact rapproché. 

Les chiffres clés du Monkeypox

  • En l’absence de traitement antiviral spécifique, le taux de létalité se situe entre 0 et 10 %, la plupart des décès survenant dans les groupes d'âge les plus jeunes. Les personnes immunodéprimées sont également susceptibles de présenter des formes sévères de la maladie.
  • Environ 6 000 cas par an sont survenus en République démocratique du Congo ces dernières années.

Origine du virus Monkeypox

Le virus Monkeypox a été isolé pour la première fois en 1958 à partir de singes élevés pour la recherche qui présentaient des symptômes similaires à ceux de la variole. Le premier cas humain a été enregistré en 1970 en République démocratique du Congo.

Depuis, la variole simienne continue de survenir dans les pays d'Afrique centrale et occidentale, avec notamment une épidémie majeure en 2017 au Nigéria et une augmentation de l’incidence ces dernières années en République démocratique du Congo, atteignant les 6 000 cas par an. Deux clades distincts sont identifiés : le clade ouest-africain et le clade du bassin du Congo ou clade centrafricain. En dehors de ces zones endémiques, une épidémie a été enregistrée au Texas en 2003 et des cas importés ont été diagnostiqués au Royaume-Uni, Singapour, Israël et aux Etats-Unis entre 2018 et 2021.

Au printemps 2022, des cas ont été signalés en Europe et en Amérique du Nord, sans notion de voyage dans un pays où survient habituellement cette maladie et sans contact avec une personne ayant voyagé dans un de ces pays.

Mode de transmission

La variole simienne est une maladie qui se transmet des animaux aux hommes. Les cas sont souvent observés à proximité des forêts tropicales humides où se trouvent des animaux porteurs du virus. Ces animaux peuvent être des rongeurs tels que des écureuils, des rats braconniers de Gambie, des loirs, mais aussi des primates non humains tels que différentes espèces de singes. La transmission se fait par contact direct avec le sang, les fluides corporels ou les lésions de la peau ou des muqueuses d'animaux infectés par exemple par une morsure ou une griffure ou par la préparation ou la consommation de viande de brousse insuffisamment cuite.

La transmission interhumaine se produit à l’occasion d’un contact prolongé en face à face par des gouttelettes respiratoires ou par contact direct avec une personne infectée, à travers les fluides corporels, les lésions cutanées de la maladie ou les muqueuses internes comme la bouche, ainsi que par des objets que le malade a contaminés, comme des vêtements ou du linge de lit.  

Symptômes

L’infection par le virus de la variole du singe peut provoquer une éruption vésiculeuse, faite de vésicules remplies de liquide qui évoluent vers le dessèchement, la formation de croutes puis la cicatrisation. Des démangeaisons peuvent survenir. Les vésicules se concentrent plutôt sur le visage, dans la zone ano-génitale, les paumes des mains et plantes des pieds, peuvent être présentes mais également sur le tronc et les membres. Les muqueuses sont également concernées, dans la bouche et la région génitale. Cette éruption peut s’accompagner de fièvre, de maux de tête, des courbatures et d’asthénie. Les ganglions lymphatiques peuvent être enflés et douloureux, sous la mâchoire, au niveau du cou ou au pli de l’aine. Des maux de gorge sont également signalés.

L’incubation de la maladie peut aller de 5 à 21 jours. La phase de fièvre dure environ 1 à 3 jours. La maladie guérit le plus souvent spontanément, au bout de 2 à 3 semaines mais parfois 4 semaines.

Dans les pays où le virus circule activement, jusqu’à une personne sur 10x peut décéder suite à une infection par le virus Monkeypox, la plupart des décès survenant dans les groupes d'âge les plus jeunes. Cependant, lors de l’épidémie survenue aux USA en 2003, aucun décès n’est survenu parmi les 81 cas diagnostiqués. Les personnes immunodéprimées sont également susceptibles de présenter des formes sévères. 

Diagnostic biologique

L’infection à virus Monkeypox est suspectée selon le contexte épidémiologique et après avoir écarté les diagnostics différentiels : autres maladies à éruption cutanée comme la varicelle, la rougeole, les infections bactériennes cutanées, la gale, la syphilis et les allergies médicamenteuses. La confirmation diagnostique de variole simienne est biologique par l’identification du virus notamment par qPCR ou RT-PCR (prélèvements cutanés ou naso-pharyngé en cas de poussée éruptive dans la bouche ou la gorge).