Investigation d'une toxi-infection alimentaire collective à germes multiples. Stade Yves du Manoir, Montpellier (France), février 2010

Publié le 28 Juin 2011
Mis à jour le 5 juillet 2019

Objectifs - Le samedi 20 février 2010, les pompiers de l'Hérault signalaient à la Délégation territoriale de l'Hérault de l'Agence régionale de santé (DT34-ARS) une quinzaine de personnes présentant douleurs abdominales, nausées et vomissements parmi les participants au cocktail servi lors d'un match de rugby au stade Yves du Manoir à Montpellier. Méthodes - L'investigation de ce signalement a été réalisée conjointement par les équipes de veille sanitaire de l'ARS et de la Cellule interrégionale d'épidémiologie Languedoc-Roussillon (Cire LR) afin de confirmer l'épisode, d'identifier l'origine de la contamination et d'orienter les mesures de gestion. Une enquête de type cas-témoins a été menée à l'aide d'un questionnaire standardisé. Parallèlement, des analyses biologiques et une enquête vétérinaire ont été réalisées avec prélèvements de plats-témoins et inspection des locaux du traiteur et du stade. Résultats - Au total, 94 cas et 110 témoins ont été identifiés parmi les participants au cocktail. L'enquête épidémiologique a mis en évidence deux vagues épidémiques, l'une précoce et l'autre plus tardive, avec des symptomatologies distinctes et des durées médianes d'incubation respectivement de 3h30 et 30h. Les résultats des investigations épidémiologiques, biologiques et vétérinaires étaient en faveur d'une intoxication des cas précoces par ingestion de minijambonneau contaminé par Staphylococcus aureus (OR : 3,75 ; IC95% [1,91-7,35] p=0,001) et d'une intoxication des cas tardifs par consommation d'huîtres contaminées par norovirus (OR : 32,22 ; IC95%[7,09-146,34] p<0,001). Conclusion - Cette investigation a permis d'identifier les aliments et les agents pathogènes responsables de cette toxi-infection alimentaire collective. Cet épisode a été l'occasion de souligner l'importance du respect des pratiques d'hygiène en restauration collective et de la mise en place de mesures de contrôle précoces dès lors que les résultats des investigations épidémiologiques ou vétérinaires sont connus. (R.A.)

Auteur : Viriot D
Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire, 2011, n°. 25, p. 289-92