SIDA, VIH et IST : état des lieux des données en 2002. Programme et communications de la journée d'information publique Sida, VIH et IST du 20 novembre 2002

Publié le 1 Novembre 2002
Mis à jour le 5 juillet 2019

Au niveau des 51 pays de la région Europe de l'OMS, le taux de nouveaux diagnostics d'infections à VIH est stable dans les pays d'Europe de l'Ouest (54,9 cas par million d'habitants en 2001) et du Centre (7 à 10 cas par million d'habitants en 2001) mais est en pleine explosion dans les pays d'Europe de l'Est (349 cas par million d'habitants) du fait de l'épidémie de toxicomanie intraveineuse dans ces pays. En France, alors que le système de déclaration obligatoire de l'infection à VIH garantissant l'anonymat des personnes débutera en janvier 2003, on sait qu'en 2001 4,3 millions de tests de dépistage VIH ont été réalisés par les laboratoires d'analyse et de biologie médicale avec environ 10 000 tests positifs, correspondant à environ 4500 nouvelles infections diagnostiquées en 2001. L'activité de dépistage VIH se maintient donc à un niveau élevé depuis 1998. La surveillance du SIDA en France indique que le nombre de nouveaux cas de SIDA est stable depuis 1999 à environ 850 nouveaux cas par semestre. Cette stabilité est le fait d'une absence de dépistage ou de traitement avant le stade SIDA pour trois quart des patients. Chez les patients originaires d'Afrique sub-saharienne, le nombre de nouveaux cas de SIDA continue d'augmenter, notamment chez les femmes. Une étude anonyme réalisée auprès des services hospitaliers de la région parisienne indique que cette augmentation est en partie liée à une arrivée récente (depuis 1999) en France de patients originaires d'Afrique sub-saharienne et que leur séropositivité est le plus souvent découverte du fait de symptômes cliniques pour les hommes ou lors d'un test prénatal pour les femmes. La progression de la syphilis en 2001 chez les homosexuels masculins de la région parisienne ne s'est pas ralentie en 2002. Un programme d'information et de dépistage a été initié en mai 2002 et est en cours d'évaluation. Inversement à la tendance observée pour la syphilis, le nombre de nouvelles infections à gonocoque après une augmentation en 1999 et une stagnation en 2000 a baissé en 2001, même en région parisienne. Cependant le nombre d'infections rectales reste stable, indiquant un risque qui persiste au sein d'un sous groupe d'hommes ayant des relations sexuelles non protégées avec des hommes. Une étude de faisabilité réalisée auprès des usagers de drogues par voie veineuse de la région de Marseille a montré une très bonne acceptabilité (83%) d'un test sérologique pour le VIH et le VHC sur buvard à partir d'un prélèvement sanguin au doigt. Les premiers résultats de cette phase de faisabilité indique qu'avant 30 ans très peu d'usagers de drogue par voie veineuse sont touchés par le VIH alors qu'il sont infectés par le VHC à plus de 40%. (R.A.)

Auteur : Couturier E, Goulet V, Cazein F, Pillonel J, Lot F, Emmanuelli J, Semaille C, Desenclos JC
Année de publication : 2002
Pages : 21 p.