Sentiment d'information et craintes des jeunes en matière de santé.

Publié le 1 Mai 2013
Mis à jour le 5 juillet 2019

Les représentations de la maladie et des comportements à risque font partie des facteurs associés aux comportements de santé. Le niveau de crainte inspiré par telle pathologie ou facteur de risque, mais aussi le sentiment d'être informé à leur sujet constituent de précieux indicateurs en ce que, d'une part ils hiérarchisent les risques d'une manière qui n'est pas forcément cohérente avec leur probabilité de survenue ou leur dangerosité avérée, et d'autre part ils pointent les éventuels déficits d'information du public. Ces représentations sont modelées notamment par les parcours de vie des individus, par leurs caractéristiques sociodémographiques, mais également par leur exposition aux campagnes d'information et de prévention. Elles peuvent constituer également un indicateur des attentes de la population en matière de santé. La notion de représentation sociale est souvent utilisée dans le sens que lui donne la psychologie sociale : pour Denise Jodelet, il s'agit d'une "forme de connaissance socialement élaborée et partagée, ayant une visée pratique et concourant à la construction d'une réalité commune à un ensemble social". Les représentations des profanes ont un rôle pratique dans le sens où elles constituent un cadre cognitif cohérent qui donne du sens à l'expérience de chacun, et elles peuvent également être un guide pour l'action. Elles constituent un type particulier de connaissance, qui a sa logique propre, en général distincte de la logique savante. En théorie, elles s'appuient sur une capacité d'énonciation et de justification, ce qui n'est pas le cas dans le cadre des enquêtes quantitatives au sein desquelles les perceptions de la population sont envisagées à partir de questions fermées. Il s'agit donc principalement ici d'estimateurs permettant de mettre au jour de grandes tendances au niveau populationnel. Depuis 2000, le Baromètre santé de l'Inpes pose une série de questions sur le sentiment d'être informé sur de grands thèmes de santé. Les items questionnés dans chacune des vagues d'enquête ont pu varier en fonction des préoccupations du moment, mais la majorité d'entre eux est restée identique d'une vague à l'autre. La dépression et le cancer ont été introduits en 2005, les nouvelles épidémies et la maladie d'Alzheimer en 2010, tandis que l'alimentation n'a plus été posée en 2010, principalement par souci de longueur du questionnaire. La pollution de l'air et de l'eau a été remplacée par un seul item plus générique : "les risques de santé liés à l'environnement". Une série de questions sur les craintes suscitées par différents risques ou maladies est également posée depuis 2000 dans cette enquête. La formulation invitait explicitement le répondant à évoquer sa propre situation face au risque ou à la maladie : "Parmi ces différents risques ou maladies, dites-moi si vous les craignez pour vous- même, pas du tout, peu, pas mal ou beaucoup?".[extrait chapitre]

Auteur : Beck Francois, GUIGNARD Romain, Richard Jean-Baptiste
Année de publication : 2013
Pages : 55-68
Format/Durée : 15,5 x 23,5 cm
Collection : Baromètres santé