Cas groupés d'infections aiguës par le virus de l'hépatite B liés à des actes d'acupuncture. Languedoc-Roussillon, 2008

Publié le 1 December 2010
Mis à jour le 5 juillet 2019

En septembre 2008, une infection aiguë par le virus de l'hépatite B (VHB) était notifiée à la Direction départementale des affaires sanitaires et sociales du Gard chez une adolescente ayant pour seul facteur de risque des séances d'acupuncture dans un centre d'énergétique chinoise. L'inspection du centre confirmait un exercice illégal de la médecine et l'absence de respect des précautions standard d'hygiène. Outre le non-respect des précautions standard, l'inspection notait la présence d'aiguilles ou de ventouses souillées et potentiellement réutilisées. Un arrêté préfectoral ordonnait une cessation d'activité et une investigation était décidée pour rechercher activement d'autres cas (déclarations obligatoires, information du public par la presse et courrier aux médecins), décrire leurs caractéristiques cliniques, biologiques et épidémiologiques, caractériser et comparer les souches par séquençage au Centre national de référence des hépatites. Un cas était défini comme une infection aigüe VHB (présence d'antigène HBs et d'IgM anti-HBc) survenue chez tout client ayant fréquenté le centre dans les 6 mois précédents. Au total, 4 cas (dont 1 asymptomatique) ont pu être identifiés dans la clientèle chez des femmes âgées de 16 à 85 ans ; aucune n'était vaccinée et ne déclarait d'autre facteur de risque. Deux avaient eu des séances le même jour, mais aucune chaine de transmission n'a pu être identifiée. Les quatre souches étaient de génotype D et présentaient une homologie de séquence de 100 % sur les régions analysées (pour trois souches, l'intégralité des génomes viraux a été comparée, la dernière souche ayant été analysée sur deux régions génomiques indépendantes : gènes S et C). Par ailleurs, les quatre souches présentaient une mutation dans le gène S (T131I). Il s'agit du premier épisode de ce type décrit en France et ces résultats ont permis de confirmer une transmission du VHB de patient à patient probablement liée à l'utilisation de matériels souillés et/ou partagés. L'acupuncture en France est un acte médical qui doit respecter strictement les précautions standard. (R.A.)

Auteur : Rousseau C, Coignard B, Laperche S, Bernet C, Antona D, Broche B
Année de publication : 2010
Pages : 22 p.