Bilan de la surveillance et de l'investigation des infections humaines à virus West Nile sur l'interrégion Sud en 2003

Publié le 1 Juin 2005
Mis à jour le 10 septembre 2019

Suite à l'épizootie équine survenue en 2000 en Camargue, une surveillance a été mise en place dans les départements de Camargue (Bouches-du-Rhône, Gard, Hérault) en 2001 et, depuis 2002, en Corse, en vue de détecter la circulation du virus West Nile (VWN) chez les moustiques, les oiseaux, les chevaux et les humains. En 2001 et 2002, la surveillance humaine n'a pas détecté de cas confirmé, mais les volets aviaire et équin montraient une faible circulation du virus. Le 6 octobre 2003, le Centre national de référence (CNR) des arbovirus, signalait un cas de méningo-encéphalite à VWN chez un patient résidant dans le Var. Un cas équin d'encéphalite à VWN était signalé le 9 octobre par l'Afssa dans une localité voisine. L'autorité sanitaire décidait d'étendre la surveillance à tous les départements du pourtour méditerranéen et d'initier une investigation autour du cas varois. La surveillance humaine visait à identifier les cas sévères d'infections à VWN. Un "cas suspect" était un patient de plus de 15 ans, hospitalisé entre le 1er juin et le 1er octobre 2003, dans un des départements de Camargue et de Corse et élargi à tous les départements du pourtour méditerranéen à partir du ter août, présentant un liquide céphalorachidien (LCR) clair prélevé en raison d'un état fébrile (fièvre >_ 38,5 °C) associé à des manifestations neurologiques. L'investigation autour du cas varois, visant à circonscrire la zone et la période de circulation virale, a amené à réaliser des sérologies pour des personnes présentant une symptomatologie moins sévère ("cas légers"), ne répondant pas à la définition de cas suspect. Un cas probable était défini par la détection en Elisa d'IgM anti-VWN. Les cas étaient confirmés par séroneutralisation. Sur les 109 établissements de soins inclus dans la surveillance élargie, 53 ont participé (48,6 %). Quatre vingts cas ont été signalés, dont 70 cas suspects ont pu être testés par les deux laboratoires de référence. Au total, la surveillance étendue et l'investigation ont permis de détecter 7 cas confirmés autochtones ; 3 ont présenté une méningo-encéphalite et 4 un syndrome pseudo-grippal. Le début de la symptomatologie se situait entre le 14 et le 30 août 2003. Tous résidaient ou avaient séjourné autour de Fréjus durant le mois d'août 2003. Le nombre de cas humains est resté limité dans le temps et l'espace. Aucun autre cas n'a été identifié hors du département du Var, malgré l'élargissement de la surveillance aux autres départements du pourtour méditerranéen et un assez bon niveau de participation des établissements de soins. La coordination avec les autres volets de la surveillance a complété ces résultats. Chez les équidés, une circulation VWN récente a été confirmée autour du cas équin varois. Le volet aviaire n'a rien détecté et aucun des moustiques capturés n'était positif. Les premiers résultats de séroprévalence des donneurs de sang suggèrent un faible niveau de circulation virale sur l'ensemble de l'interrégion Sud. En 2004, la surveillance est étendue à l'arc méditerranéen. (R.A.)

Auteur : Armengaud A
Année de publication : 2005
Pages : 27 p.