Migration, santé et soins en Guyane (France), 2009. Numéro thématique. Santé et recours aux soins des migrants en France

Publié le 17 Janvier 2012
Mis à jour le 5 juillet 2019

Objectifs - Les objectifs de ce travail étaient 1) estimer le poids des déterminants sanitaires dans l'ensemble des déterminants de la migration vers la Guyane ; 2) comparer l'état de santé des populations vivant en Guyane en fonction de leur statut migratoire ; 3) décrire et estimer les migrations pendulaires pour soins à l'hôpital de Saint-Laurent du Maroni (SLM). Méthodes - Une première enquête en population a été conduite sur un échantillon aléatoire de 1 027 résidents de Cayenne et SLM âgés de 18 ans ou plus. Des modèles de régression logistique ont permis de comparer trois indicateurs de santé (santé perçue, maladies chroniques, limitations fonctionnelles) en fonction des statuts migratoires. Les enquêtes à l'hôpital de SLM s'appuyaient sur un échantillon aléatoire de patients consultant le service des urgences (n=286) et sur un échantillon consécutif de femmes accouchant à la maternité de l'hôpital (n=264). Les migrants pendulaires ont été définis comme ceux ayant déclaré leur résidence principale au Suriname. Ces enquêtes ont été conduites entre février et avril 2009. Résultats - Les immigrés représentaient 40,6 % de la population adulte à Cayenne et 57,8 % à SLM. Parmi ceux-ci, 3,1 % ont déclaré avoir migré et/ou s'être installés en Guyane pour une raison de santé. Les personnes en situation irrégulière présentaient les plus mauvais indicateurs sanitaires. À l'hôpital de SLM, les migrants pendulaires représentaient 4,6 % des consultants aux urgences et 12,5 % des accouchements à la maternité. Conclusion - Les migrations pour soins ne représentaient qu'une minorité des mouvements migratoires vers la Guyane. À SLM, les migrations pendulaires pour soins étaient limitées et avant tout le reflet de disparités dans l'offre de soins entre la Guyane et le Suriname.(R.A.)

Auteur : Jolivet A, Florence S, Lebas J, Paquet C, Chauvin P
Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire, 2012, n°. 2-3-4, p. 48-51