Etude d'un agrégat apparent de maladies de Crohn en Indre-et-Loire, 1990-1999

Publié le 1 December 2002
Mis à jour le 5 juillet 2019

Position du problème : Suite au diagnostic de quatre cas de maladie de Crohn (MC) entre 1990 et 1997 chez des enfants habitant dans un canton A d'Indre-et-Loire, la population locale a soulevé des hypothèses concernant le lien entre les cas et des facteurs environnementaux. Une étude a été menée afin d'étudier l'existence d'un excès de cas dans ce canton et d'identifier leurs éventuels déterminants. Méthodes : Les nouveaux cas de MC (définition Européenne) survenus entre 1989 et 1998 chez des sujets résidant dans le canton d'Indre-et-Loire ou dans le canton contigu de la Vienne ont été recherchés auprès des services hospitaliers, des pédiatres et des gastro-entérologues des 2 départements. Le rapport d'incidence standardisé (RIS) sur le sexe et l'âge a été calculé à partir des données du registre des maladies inflammatoires du tube digestif du Nord-Ouest. La significativité statistique a été évaluée par un test tenant compte des petits effectifs. Une enquête descriptive auprès des familles des cas pédiatriques a été réalisée. Résultats : Quatre cas pédiatriques et quatre cas adultes ont été recensés, tous issus du canton A. Chez l'adulte le RIS était de 0,45 (Intervalle de Confiance à 95 % [IC à 95 %] : 0,12-1,15). Chez les enfants, le RIS global était de 8,51 (IC à 95 % : 2,29-21,79) et de 19,05 (IC à 95 % : 5,12-48,70) dans le canton A. L'enquête exploratoire n'a permis d'identifier aucune exposition permettant de générer une hypothèse quant à l'origine des cas. Conclusion : Cette étude a mis en évidence chez les enfants de la zone A une incidence supérieure à celle observée en France et a permis de nouer un contact personnalisé avec les familles touchées par la maladie, d'avoir une approche sociale du phénomène et de limiter les rumeurs. Elle illustre l'approche systématique par étapes successives, nécessaire pour ce type d'investigation, qui doit en outre prendre en compte l'anxiété de la communauté affectée. Si l'investigation de clusters doit être intégrée dans l'activité des agences de santé publique, le plus souvent, même si les résultats indiquent un excès de cas, on ne peut conclure sur l'étiologie.

Auteur : Valenciano M, Gagniere B, Maurage C, de Valk H, Desenclos JC
Revue d'épidémiologie et de santé publique, 2002, vol. 50, n°. 6, p. 509-17