Surveillance sanitaire en région Bourgogne et Franche-Comté. Point au 5 janvier 2017.

Publié le 9 Janvier 2017
Mis à jour le 20 juin 2019

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Cas d'infections invasives à méningocoque à Dijon

Entre le 20 octobre et le 8 novembre 2016, deux cas d'infection invasive à méningocoque (IIM) du sérogroupe W, dont l'un est décédé, sont déclarés à l'Agence Régionale de Santé (ARS) de Bourgogne Franche-Comté chez des étudiants de l'université de Dijon. Une prophylaxie antibiotique et une vaccination sont engagées immédiatement autour des sujets contacts. Aucun contact direct entre ces étudiants ou leurs entourages respectifs n'est identifié. Le Centre National de Référence (CNR) des méningocoques signale alors à Santé publique France que ces deux étudiants, ainsi que trois autres cas déclarés dans le département dans les douze derniers mois, étaient porteurs d'un même clone émergeant récemment en France. Il est rattachés aux souches des cas d'IIM W à l'origine de l'augmentation des IIM W en Amérique du Sud à partir de 2008/2009 et au Royaume-Uni à partir de 2009/2010. Dans l'épidémie décrite au Royaume-Uni, les cas présentaient plus souvent des formes atypiques incluant des arthrites septiques ou des infections respiratoires (pneumonies, épiglottites) ou des formes abdominales. La létalité des cas était également plus importante que pour les autres sérogroupes.Le 22 décembre 2016, un décès en Belgique d'un troisième étudiant de l'université de Dijon suite à une IIM W est déclaré à l'ARS. L'analyse génotypique du CNR de Belgiquene sera disponible qu'en janvier, mais la probabilité est forte que la souche appartienne au nouveau variant, majoritaire au sein du sérogroupe W actuellement en France. L'apparition de ce troisième cas de méningite W en moins de trois mois parmi les 30 000 étudiants fréquentant le campus de Dijon révèle une situation épidémique (survenue dans une même communauté, dans un délai inférieur ou égal à trois mois, d'au moins 3 cas sans contact direct entre eux, rattachables à des souches identiques ou ne pouvant être différenciées avec un taux d'attaque primaire au moins égal à 10 cas/100 000) avec une circulation de la bactérie dans la communauté via des porteurs sains. Une campagne de vaccination, dont l'objectif est de réduire le risque de survenue d'autres cas d'IIM W sur le campus, est décidée dès le lendemain par les autorités sanitaires, en présence des partenaires concernés.Cette campagne de vaccination de grande ampleur a été planifiée pendant la période de congés de Noël, annoncée aux médias le 3 janvier et engagée dès le 4 janvier. Pour atteindre son objectif, cette campagne doit impérativement vacciner une grande majorité des étudiants.

Année de publication : 09/01/2017