Surveillance sanitaire en région Bourgogne et Franche-Comté. Point au 30 décembre 2015.

Publié le 4 Janvier 2016
Mis à jour le 12 mai 2019

A la Une

Cas groupés d'infections à mycobacterium chelonae post-tatouageFin décembre 2014, l'ARS de Bourgogne a reçu de la part d'un dermatologue un signalement rapportant 18 cas d'infections cutanées post-tatouage chez des personnes ayant fréquenté un même salon de tatouage. Une enquête a été diligentée concernant les aspects épidémiologiques, les pratiques du tatoueur, les produits utilisés par ce dernier, et l'environnement.A partir des fiches d'évènements indésirables remplies par le dermatologue et le tatoueur, il a été possible de déterminer que la période de contamination se situait entre le 15 septembre et le 15 novembre. Les patients présentaient tous des lésions de folliculite sur les zones de tatouage où l'encre avait été diluée. Ces lésions étaient difficilement résolutives sous antibiotique. La bactérie Mycobacterium chelonae a été identifiée sur des biopsies. La recherche ultérieure sur l'eau de robinet du salon révélant également la présence de cette même bactérie, l'hypothèse de l'utilisation par le tatoueur d'eau du réseau pour diluer les encres a été corroborée par le fait que lors de l'inspection réalisée par l'ARS et la DDCSPP il n'a pas été retrouvé de preuve d'achats d'eau stérile injectable, réglementairement utilisée pour les dilutions d'encre et rinçage des cupules. De plus, la comparaison par le CNR des mycobactéries des souches identifiées dans l'eau du réseau avec celles identifiées dans les prélèvements effectués sur les patients n'a pas permis de les distinguer.Aucun autre cas n'a été signalé en 2015.Par ailleurs, les contrôles physico-chimiques réalisés par l'Agence Nationale de Sécurité du Médicament sur les encres prélevées au cabinet du tatoueur ont pu révéler la présence de substances interdites, ce qui a conduit à une alerte nationale et européenne pour le retrait de ces encres.La littérature fait état d'épidémies de Mycobacterium chelonae post-tatouage dont une épidémie en France en 2010 en Normandie. Elles résultent généralement de l'utilisation d'eau du robinet notamment pour diluer les encres, ce germe étant normalement présent dans l'environnement.Ainsi, bien que réglementées par le code de la santé publique depuis 2008, la vigilance de la part des autorités reste de mise quant aux activités de tatouage d'autant qu'elles sont à la mode.

Année de publication : 04/01/2016