Surveillance sanitaire en région Bourgogne et Franche-Comté. Point au 20 février 2014.

Publié le 21 Février 2014
Mis à jour le 30 juillet 2019

A la Une - Le botulisme humain en France, 2010-2012

Le botulisme humain est une affection neurologique rare mais grave, qui fait l'objet d'une déclaration obligatoire depuis 1986. Depuis 1998, le Centre national de référence des bactéries anaérobies et du botulisme participe à la surveillance du botulisme humain en signalant à l'InVS les cas confirmés biologiquement. Le diagnostic biologique repose sur la mise en évidence de toxine botulique dans le sérum des malades. Un bilan de la situation du botulisme humain en France entre 2010-2012 est publié dans le bulletin épidémiologique hebdomadaire de cette semaine. Au total, 24 foyers de botulisme regroupant 51 cas ont été identifiés. Le diagnostic de botulisme a été confirmé pour 22 des 24 foyers (92 %) : 11 foyers de type A (23 cas), 10 foyers de type B (24 cas) et 1 foyer de type E (1 cas). Parmi les 51 cas, les symptômes les plus fréquemment rapportés étaient une diplopie (60 %), une dysphagie (59 %), suivis par une sécheresse buccale (48 %) et des vomissements (47 %). Tous les cas de botulisme de type A présentaient des formes graves ayant nécessité une hospitalisation et une réanimation avec ventilation assistée pour 77 % d'entre eux, et un décès. Les cas de botulisme étaient essentiellement d'origine alimentaire (48 cas sur 51, soit 21 foyers). Deux cas de botulisme infantile (3 et 5 mois) et 1 cas de botulisme par colonisation intestinale par Clostridium botulinum chez un enfant de 10 ans ont également été recensés. L'origine alimentaire a été biologiquement confirmée dans 14 des 21 foyers : des préparations familiales pour 10 foyers et des produits commercialisés pour les 4 autres. Les foyers de botulisme causé par un produit commercialisé étaient essentiellement de type A et regroupaient tous des cas très sévères.Le faible nombre de foyers ne permet pas de délimiter de localisations géographiques préférentielles à botulisme. Toutefois, en considérant l'ensemble des cas survenus sur la période 1991-2012, on peut relever une incidence sensiblement plus élevée en Saône-et-Loire comme dans 3 autres départements du centre de la France (Allier, Indre et Vienne) en relation avec des habitudes alimentaires locales, notamment la consommation de produits de charcuterie n'ayant pas subi de traitement thermique suffisant, tels que le jambon cru et séché et autres salaisons.