Pesticides organochlorés et cancers : apports des études épidémiologiques à l'évaluation et la gestion des risques sanitaires aux Antilles.

Publié le 8 Février 2011
Mis à jour le 10 septembre 2019

Le chlordécone, insecticide organochloré autrefois utilisé dans les bananeraies, contamine les sols, les eaux et certaines ressources alimentaires végétales et animales en Guadeloupe et en Martinique. Classé cancérogène possible chez l'Homme, il est également considéré comme perturbateur endocrinien en raison de ses propriétés anti-oestrogéniques. Il pourrait donc augmenter le risque de cancers hormono-dépendants, tels que le cancer de la prostate et certains cancers gynécologiques. La Martinique et la Guadeloupe enregistrent des incidences de cancers de la prostate parmi les plus élevés au monde, équivalentes à celles observées au sein d'autres populations d'origine africaine. Deux études ont été menées localement sur le lien entre exposition aux organochlorés et cancers. La première, étude écologique géographique en Martinique, a permis d'écarter l'hypothèse d'une sur-incidence de cancers en population générale dans la zone historique de culture de la banane. La seconde, étude cas-témoins des déterminants des cancers de la prostate en Guadeloupe, montre une relation entre exposition au chlordécone et survenue du cancer de la prostate. Ces derniers résultats contribuent à l'établissement de la causalité entre exposition au chlordécone et cancer de la prostate, justifient les programmes de réduction de l'exposition déjà mis en oeuvre, incitent à les renforcer et à poursuivre les travaux épidémiologiques sur la question. (R.A.)

Auteur : Quenel P, Ledrans M
Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire, 2011, n°. 3-4-5, p. 44-6