Hypothyroïdie congénitale en France : analyse des données recueillies lors du dépistage néonatal de 2002 à 2012. Numéro thématique. Dépistages au cours de la grossesse et à la naissance : données épidémiologiques récentes

Publié le 12 Mai 2015
Mis à jour le 5 juillet 2019

Le dépistage de l'hypothyroïdie congénitale (HC) à la naissance est réalisé en France depuis 1978, sous l'égide de l'Association française pour le dépistage et la prévention des handicaps de l'enfant (AFDPHE). Une étude préliminaire des données de ce dépistage avait montré une augmentation des taux d'incidence annuels de l'HC avec glande en place (GEP) entre 1984 et 2010. Une étude des données complémentaires disponibles depuis 2002 a été réalisée afin d'analyser les caractéristiques des enfants avec une HC dépistée à la naissance, d'étudier si elles contribuaient à l'augmentation des taux d'incidence entre 2002 et 2012 et de décrire les disparités régionales des taux d'incidence. Un total de 2 722 cas d'HC a été diagnostiqué entre 2002 et 2012. Parmi eux, 1 021 (37,5%) avaient une HC avec GEP, 1 701 (62,5%) étaient porteurs de dysgénésies (athyréose, ectopie thyroïdienne). Les nouveau-nés porteurs d'une HC avec dysgénésie étaient majoritairement de sexe féminin (71%), nés avec un terme et un poids de naissance (PN) similaires à ceux de la population générale des nouveau-nés, alors que les nouveau-nés avec une HC avec GEP avaient un sex-ratio équilibré et avaient plus fréquemment un petit poids de naissance (14,1% avec PN<2 500 g ou 5,5% avec PN<-2 déviations standard (DS)) et une naissance prématurée (14,2%) que la population générale des nouveau-nés des Enquêtes nationales périnatales. Les taux d'incidence étaient de 33,0 cas/100 000 d'HC globale ; de 11,8 cas/100 000 d'HC avec GEP et de 19,7 cas/100 000 d'HC avec dysgénésies. De 2002 à 2012, une augmentation annuelle moyenne d'incidence de 7,7% (p<0,0001) a été observée chez les HC avec GEP, alors que les taux chez les HC avec dysgénésies étaient stables (p=0,4). Des disparités régionales d'incidence d'HC avec GEP ont été observées, avec des taux plus élevés en Picardie et Franche-Comté. Les facteurs explicatifs des disparités régionales et de l'augmentation de l'incidence des HC avec GEP en France durant la période 2002-2012 mériteraient d'être explorés par des études complémentaires.

Auteur : Barry Y, Goulet V, Coutant R, Cheillan D, Delmas D, Roussey M, Leger J
Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire, 2015, n°. 15-16, p. 239-47