Surveillance du chikungunya, de la dengue et des infections à virus Zika en France métropolitaine, 2016

Publié le 30 Mai 2017
Mis à jour le 10 septembre 2019

Le moustique Aedes albopictus, vecteur des virus de la dengue, du chikungunya et du Zika, est présent en France métropolitaine depuis 2004. Il expose au risque de transmission autochtone de ces arboviroses du fait de l'introduction régulière des virus par des sujets infectés lors de séjours en zones de circulation de ces virus. En métropole, la surveillance épidémiologique comprend deux dispositifs nationaux pérennes basés sur la déclaration obligatoire (DO) et sur un réseau de laboratoires, ainsi qu'un dispositif local de surveillance renforcée dans les départements où Ae. albopictus est implanté pendant sa période d'activité, estimée du 1er mai au 30 novembre. En 2016, en France métropolitaine, 34 cas de chikungunya, 184 cas de dengue et 781 cas d'infection à virus Zika ont fait l'objet d'une DO. Le réseau de laboratoires a identifié 415 personnes ayant au moins un résultat biologique positif pour le chikungunya, 723 pour la dengue et 1 060 pour une infection à virus Zika. Du 1er mai au 30 novembre, 18 cas de chikungunya, 167 cas de dengue, 453 cas d'infection à virus Zika, 1 co-infection dengue-Zika et 9 cas de flavivirus ont été confirmés dans les 30 départements où Ae. albopictus était implanté. Tous étaient importés, à l'exception de 3 cas autochtones d'infection à virus Zika, contaminés par voie sexuelle. Les résultats de la surveillance de ces maladies en métropole reflétaient la situation épidémiologique dans les zones de provenance des voyageurs. L'épidémie d'infection à virus Zika dans les territoires français d'Amérique (TFA) a eu un impact majeur sur le nombre de cas importés et, plus généralement, sur la surveillance en 2016. Le risque de transmission autochtone est toujours présent en métropole. Il est conditionné par l'extension d'Ae. albopictus et par la situation épidémiologique internationale. Il est nécessaire d'informer les voyageurs se rendant ou revenant des zones à risque ainsi que les professionnels de santé pour qu'ils relaient les consignes de prévention et participent à la surveillance.

Auteur : Franke F, Septfons A, Leparc Goffart I, Giron S, Guinard A, Burdet S, et al.
Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire, 2017, n°. 12, p. 222-31