Surveillance active des formes émergentes hospitalières de chikungunya. La Réunion, avril 2005-mars 2006. Rapport détaillé

Publié le 1 Janvier 2007
Mis à jour le 5 juillet 2019

Introduction : l'infection à chikungunya est une arbovirose réputée bénigne caractérisée par une fièvre accompagnée d'arthralgies. Apparue à la Réunion en mars 2005, elle a été responsable d'une épidémie exceptionnelle (24 000 cas entre avril 2005 et mars 2006 ; incidence : 30%). Fin 2005, des médecins hospitaliers ont rapporté des cas de transmission materno-néonatale et des formes cliniques sévères différentes de celles classiquement décrites. Un système de surveillance a été mis en place en février 2006 pour recenser et décrire ces formes émergentes hospitalières. Méthode : un recensement rétrospectif et prospectif des cas hospitalisés à partir d'avril 2005 a été conduit dans les quatre hôpitaux de l'île. Un cas materno-néonatal a été défini comme tout nouveau-né de moins de 10 jours présentant une infection à chikungunya biologiquement confirmée. Un cas émergent hospitalier a été défini comme tout patient de 10 jours ou plus hospitalisé dans un contexte d'infection à chikungunya biologiquement confirmée présentant des symptômes autres que fièvre et arthralgies. Les données de surveillance recueillies entre avril 2005 et mars 2006 ont été analysées. Résultats : sur la période de surveillance, 878 formes émergentes hospitalières ont été recensées : 44 cas maternonéonatals et 834 cas émergents hospitaliers dont 247 (30 %) cas graves. Soixante-huit (8 %) d'entre elles sont décédées. Ces formes représentaient 0,36 % des cas de chikungunya dans la population. Les manifestations dermatologiques (347 (40 %) cas), digestives (333 (38 %) cas) et neurologiques (327 (37 %) cas) étaient les plus fréquentes. Les cas émergents hospitaliers survenaient principalement chez des sujets vulnérables (jeunes enfants, personnes âgées, patients porteurs de comorbidités). Discussion : la surveillance hospitalière mise en place dans l'urgence a permis de documenter des formes de chikungunya rares mais pouvant être sévères. L'imputabilité du virus dans la survenue de ces manifestations doit être précisée par des études de recherche clinique. Les résultats de cette surveillance indiquent la nécessité de faire des recommandations de prévention en priorité à l'attention des sujets les plus vulnérables au cours d'une épidémie de chikungunya. (R.A.)

Auteur : Dominguez M, Economopoulou A
Année de publication : 2007
Pages : 101 p.