Parcours sociomédical des personnes originaires d'Afrique subsaharienne atteintes par le VIH, prise en charge dans les hôpitaux d'Ile-de-France, 2002

Publié le 1 Février 2004
Mis à jour le 5 juillet 2019

Devant une augmentation depuis 1999 du nombre de cas de sida chez des personnes ayant pour nationalité celle d'un pays d'Afrique subsaharienne, une étude descriptive auprès de patients originaires d'Afrique subsaharienne atteints par le VIH a été réalisée dans plusieurs hôpitaux d'Ile-de-France au cours du premier semestre 2002. Cette étude avait pour but de décrire les caractéristiques sociodémographiques de ces patients, leurs conditions de vie, les modalités de découverte de leur infection à VIH, ainsi que leur parcours médical. Les 250 personnes ayant accepté de participer à l'étude étaient arrivées en France jusqu'en 1987 pour 19 % d'entre elles, entre 1988 et 1998 pour 47 % et depuis 1999 pour 34 %. Le rapprochement familial, la poursuite d'études et la recherche d'un emploi représentaient 67 % des motifs de venue en France. Au moment de l'étude, 47 % des personnes se déclaraient sans activité professionnelle et 52 % vivaient dans des conditions précaires de logement. L'absence de couverture sociale concernait 6% des personnes interrogées. Le motif de dépistage de l'infection à VIH le plus fréquent était l'existence de symptômes, dans 46% des cas. Une analyse des correspondances multiples a permis de distinguer 3 classes homogènes de personnes : une classe caractérisée principalement par des hommes arrivés en France jusqu'en 1987, socialement bien insérés et qui ont découvert leur séropositivité VIH tardivement; une classe regroupant essentiellement des femmes venues en France entre 1988 et 1998 pour rapprochement familial et ayant découvert leur séropositivité à l'occasion d'une grossesse; une troisième classe regroupant des personnes venues en France depuis 1999, n'ayant pas de protection sociale ou ayant l'AME et vivant dans des conditions de grande précarité. Au regard des données du ministère de l'Intérieur sur l'immigration, l'augmentation récente du nombre de cas de sida en France chez les personnes d'Afrique subsahariennes s'explique principalement par l'accroissement du flux migratoire en provenance de cette région du monde, constaté dans l'étude par le pourcentage important de patients arrivés en France depuis 1999. La prévalence de l'infection à VIH étant très élevée dans la plupart des pays d'Afrique subsaharienne, un certain nombre de personnes en provenance de ces pays développent un sida après leur arrivée en France. Mais cette augmentation est aussi le reflet d'une augmentation de l'incidence des contaminations dans les années passées, et dont le diagnostic est tardif. Les problèmes d'accès à une couverture sociale semblent en partie résolus au sein de la population séropositive originaire d'Afrique subsaharienne interrogée, mais pourraient ressurgir du fait des modifications des règles d'attribution de l'AME. Par contre, la précarité socioéconomique des personnes reste préoccupante et constitue un problème majeur dans l'accès au dépistage et à une prise en charge médicale satisfaisante.

Auteur : Valin N, Lot F, Larsen C, Gouezel P, Blanchon T, Laporte A
Année de publication : 2004
Pages : 56 p.