Impact de l'exclusion des donneurs ayant séjourné dans les îles britanniques sur le risque résiduel de transmission du VIH par transfusion de produits sanguins labiles

Publié le 1 Avril 2001
Mis à jour le 5 juillet 2019

Objectif. Parmi les mesures susceptibles de réduire le risque de transmission de l'agent du nouveau variant de la maladie de Creutzfeldt-Jakob, l'exclusion du don de sang des donneurs ayant séjourné dans les îles britanniques entre 1980 et 1996 a été envisagée. L'objectif de cette étude était d'estimer l'impact d'une augmentation du nombre de dons issus de nouveaux donneurs qu'impliquerait l'exclusion des donneurs ayant séjourné dans les îles britanniques (îb) sur le risque résiduel de transmission du VIH par transfusion de produits sanguins labiles. Méthodes. Le risque résiduel de transmission du VIH lié aux dons effectués pendant la fenêtre sérologique, estimé sur la totalité des dons prélevés en France sur la période 1996¿1998, a été exprimé comme une combinaison linéaire des risques résiduels chez les donneurs connus et les nouveaux donneurs. Chez les donneurs connus, l'estimation a été réalisée à partir du taux de densité d'incidence du VIH et chez les nouveaux donneurs, à partir de la méthode "des tests de sensibilité différente". Plusieurs hypothèses ont été faites sur les pourcentages d'exclusion de donneurs allant de -5 % à -35 % donnant lieu à sept simulations d'impact sur le risque résiduel. Résultats. Le risque résiduel de transmission du VIH a été estimé, sur la totalité des dons prélevés sur la période 1996-1998, à 0,70 pour 1 million de dons, soit un nombre de dons prélevés pendant la fenêtre sérologique se situant entre cinq et six. Sous l'hypothèse où tous les donneurs ayant séjourné dans les îb seraient exclus du don (35 %) et remplacés par des nouveaux donneurs, le risque résiduel passerait de 0,70 à 0,86 pour 1 million de dons. Cette augmentation de 24 % correspondrait au prélèvement, sur trois ans, d'un à deux dons infectieux supplémentaires. Conclusion. Cette analyse montre qu'une exclusion massive de donneurs, compensée par le recrutement de nouveaux donneurs, aurait un impact faible mais quantifiable sur le risque résiduel de transmission du VIH. Cette augmentation de risque a été un des éléments pris en compte dans la décision de ne pas exclure les donneurs ayant séjourné dans les îb entre 1980 et 1996. (R.A.)

Auteur : Pillonel J, Courouce AM, Saura C, Desenclos JC
Transfusion clinique et biologique, 2001, vol. 8, n°. 2, p. 85-93