Réseau BMR-Raisin. Surveillance des bactéries multirésistantes dans les établissements de santé en France. Résultats 2002

Publié le 1 Janvier 2006
Mis à jour le 10 septembre 2019

Un protocole national appelé BMR-RAISIN permet depuis 2002 aux cinq C.CLIN de générer à travers leurs réseaux des données standardisées sur les deux types de bactéries multirésistantes qui font l'objet du programme national de prévention, Staphylococcus aureus résistant à la méticilline (SARM) et entérobactéries productrices de ß-lactamases à spectre étendu (EBLSE). Les indicateurs retenus sont le taux d'incidence pour 1000 journées d'hospitalisations (JH) (indicateur principal) et, en court séjour, le taux d'attaque pour 100 hospitalisations (indicateur secondaire) des SARM et EBLSE isolées des prélèvements à visée diagnostique. Les données générées par les C.CLIN sont regroupées au niveau national. En 2002, 478 établissements de soins participants (dont 10% CHU, 40% centres hospitaliers publics, 10% PSPH, 24% établissements privés MCO) ont participé à la surveillance. Ces établissements regroupaient près de 170.000 lits, soit 1/3 du total des lits en France (36% des lits publics et PSPH, 12% des lits privés). La densité d'incidence pour 1000 JH était globalement de 0,63 pour SARM et de 0,13 pour EBLSE. La densité d'incidence pour 1000 JH des SARM était assez homogène selon les inter-régions (médiane 0,68, extrêmes 0,45-0,81), en particulier en cours séjour (valeur globale 0,79, médiane 0,86, extrêmes 0,63-0,93) et en réanimation (valeur globale 2,52, médiane 2,38, extrêmes 2,01-2,83). La densité globale était de 0,38 en SSR-SLD. Les cas de SARM se distribuaient (a) selon le type de service en : 40% médecine, 20% chirurgie, 10% réanimation et 24% SSR-SLD et (b) selon le type de prélèvement en : 7% hémocultures, 8% séreuses et pus profond, 17% prélèvements respiratoires et 20% urines. La densité d'incidence pour 1000 JH des EBLSE variait beaucoup selon l'inter-région (extrêmes 0,04-0,21) et était deux fois plus élevée en court séjour (0,16) qu'en SSR-SLD (0,08). Les cas d'EBLSE se distribuaient (a) selon le service en : 35% médecine, 17% chirurgie, 16% réanimation et 26% SSR-SLD et (b) selon le type de prélèvement en : 5% hémocultures, 5% séreuses et pus profond, 14% prélèvements respiratoires et 60% urines. Par extrapolation, en se basant sur ces données et le nombre de JH en France, le nombre de cas de SARM isolés de prélèvement à visée diagnostique peut être estimé de l'ordre de 63.000 par an en France en 2002 dont 4.500 bactériémies. (R.A)

Auteur : Jarlier V, Carbonne A
Année de publication : 2006
Pages : 31 p.