Quels facteurs influencent la pratique du dépistage des cancers féminins en France ?

Publié le 1 Octobre 2008
Mis à jour le 5 juillet 2019

Position du problème. - Les objectifs de cette étude sont d'une part, d'estimer la couverture déclarée durant deux ans du dépistage du cancer du sein et du cancer du col utérin et, d'autre part, de déterminer les principaux facteurs liés à la pratique du dépistage de ces cancers. Méthodes. - Trois groupes de femmes issus de l'enquête décennale santé 2003 de l'Insee ont été analysés : 3378 femmes âgées de 50 à 74 ans et 7912 âgées de 25 à 65 ans ayant respectivement répondu à la question sur la réalisation d'une mammographie et sur la réalisation d'un frottis cervico-utérin et 2528 femmes âgées de 50 à 65 ans ayant répondu aux deux questions sur la réalisation d'une mammographie et d'un frottis. Résultats. - La couverture déclarée du dépistage du cancer du sein était de 71,2 %, celle du dépistage du cancer du col utérin était de 76,3 %. Presque 18% des femmes ont déclaré n'avoir réalisé ni mammographie, ni frottis au cours des deux dernières années. Le principal facteur associé à une pratique plus fréquente d'un des deux dépistages du cancer (du sein ou du col utérin) était le fait d'avoir réalisé récemment l'autre dépistage. Les autres facteurs influençant la pratique de la mammographie étaient essentiellement en rapport avec l'accès aux soins et au médecin. Ceux influençant la pratique du frottis étaient surtout d'ordre socioéconomique et sociodémographique même si l'accès aux soins et au médecin était aussi lié à la pratique du frottis. Les facteurs associés à la réalisation d'aucun de ces deux dépistages étaient principalement d'ordre financier, en particulier les revenus du foyer et la possession ou non du domicile. Conclusion. - L'étude a montré qu'il est certainement pertinent de communiquer sur les deux dépistages en même temps puisqu'ils ont un rôle favorisant l'un sur l'autre. Enfin, le rôle du médecin reste central dans le maintien de l'information sur les dépistages et dans l'incitation au dépistage chez les femmes qui ne le font pas fréquemment. (R.A.)

Auteur : Duport N, Serra D, Goulard H, Bloch J
Revue d'épidémiologie et de santé publique, 2008, vol. 56, n°. 5, p. 303-13