Le poids du cancer colorectal en France en 2005 : estimation de sa prévalence et du nombre de patients nécessitant des soins

Publié le 30 Mars 2010
Mis à jour le 5 juillet 2019

Introduction - L'objectif de ce travail était d'estimer, à côté des prévalences totale et partielle du cancer colorectal (CCR), la prévalence des patients nécessitant un suivi ou un traitement pour récidive. Méthodes - Les données du Registre bourguignon des cancers digestifs (1976-2005) sur l'incidence, la survie, les récidives de CCR ont été utilisées. La guérison statistique a été définie comme le moment où le surrisque de décès lié au CCR disparaissait. Les taux de prévalence par tranche d'âge, appliqués à la population française, ont permis d'estimer le nombre national de cas prévalents. Résultats - Les taux de prévalence totale étaient 244,9 pour 100 000 pour les hommes et 152,6 pour les femmes. Le nombre estimé de personnes atteintes d'un CCR en vie le 31 décembre 2005 était de 262 244 cas pour la France entière. Au cours des 30 dernières années, la prévalence partielle à 5 ans a augmenté de 8,0% [6,7-9,4] par période de 5 ans. L'incidence a augmenté de 1,2% [0,3-2,2] et les taux de survie relative de 15% par période de 5 ans. Parmi l'ensemble des décès en excès dus au CCR, 15,3% avaient lieu entre 5 ans de suivi et le délai de guérison statistique, estimé à 9,3 ans [8,3-10,4]. Ces résultats permettent d'estimer à 188 314 le nombre de patients nécessitant un suivi sur le plan national en 2005. Parmi eux, 5,4% étaient traités pour récidive. Conclusion - L'amélioration de la survie explique en grande partie l'augmentation de la prévalence partielle à 5 ans des cancers colorectaux. Ces résultats suggèrent qu'un suivi clinique est nécessaire dans les 10 ans qui suivent le diagnostic. La prévalence des patients nécessitant un suivi ou un traitement pour reprise évolutive est d'un grand intérêt pour la mesure du poids du cancer colorectal. (R.A.)

Auteur : Bouvier AM, Chauvenet M, Jooste V, Faivre J
Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire, 2010, n°. 12, p. 105-9