Performance de l'auto-prélèvement vaginal sec pour la détection des infections à papillomavirus à haut risque oncogène dans le cadre du dépistage du cancer du col de l'utérus : une étude transversale. N° thématique. Pathologie cervico-utérine : dépistage et surveillance des lésions précancéreuses et cancéreuses

Publié le 20 Mai 2014
Mis à jour le 5 juillet 2019

La participation au dépistage du cancer du col de l'utérus reste insuffisante dans de nombreux pays. La recherche de papillomavirus humains à haut risque (HPV-HR) sur des auto-prélèvements pourrait être une alternative au frottis cervico-utérin (FCU). Notre objectif était de comparer la performance diagnostique de deux méthodes d'auto-prélèvement vaginal (APV), un écouvillon sec (APV-Sec) ou un écouvillon avec milieu de transport liquide (APV-Liq), pour la détection d'infections cervicales à HPV-HR, en comparaison avec un prélèvement cervical en milieu liquide réalisé par un clinicien (PCC-Liq). Des femmes de 20 à 65 ans ont été recrutées en consultation hospitalière de gynécologie, d'orthogénie ou en centre d'examens de santé entre septembre 2009 et mars 2011. Une recherche d'HPV était réalisée sur chaque prélèvement (3 par femme). Sur les 734 femmes incluses, le résultat des 3 tests HPV était disponible pour 722. La sensibilité et la spécificité de détection des HPV-HR dans les APV-Sec étaient estimées à 88,7% et 92,5%, respectivement ; elles étaient de 87,4% et 90,9% pour les APV-Liq. Parmi les 27 lésions cytologiques de bas grade, 25 étaient HPV-HR+ pour les 3 prélèvements. Parmi 6 lésions de haut grade, toutes étaient HPV-HR+ pour les APV-Sec et 1 était HPV-HR- sur APV-Liq et sur PCC-Liq. L'APV sec est une méthode performante pour la détection d'infections cervicales à HPV-HR. Son efficacité et son rapport coût-efficacité pour atteindre les femmes ne réalisant pas de FCU dans un programme de dépistage organisé doivent être évalués avant que ce test ne puisse être utilisé à grande échelle.(R.A.)

Auteur : Haguenoer K, Giraudeau B, Sengchanh S, Gaudy Graffin C, Boyard J, de Pinieux I, Marret H, Goudeau A
Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire, 2014, n°. 13-14-15, p. 248-54