Les TMS et le maintien en emploi des salariés de 50 ans et plus : un défi pour la santé au travail et la santé publique

Publié le 1 Juin 2008
Mis à jour le 5 juillet 2019

Les troubles musculosquelettiques des membres (TMS) sont la première cause de maladie professionnelle en France comme en Europe. Le réseau pilote de surveillance épidémiologique des TMS mis en place par l'Institut de Veille Sanitaire en 2002 dans la région des Pays de la Loire apporte des renseignements inédits sur la prévalence des TMS et de leurs facteurs de risque dans la population salariée, notamment vieillissante. Entre 2002 et 2004, un réseau sentinelle de 83 médecins du travail volontaires a permis d'inclure par tirage au sort 3710 salariés âgés de 20 à 59 ans représentatifs des salariés de la région. Les six principaux TMS des membres supérieurs sont diagnostiqués cliniquement selon un protocole rigoureux. L'évaluation de l'exposition professionnelle s'effectue à l'aide d'un auto-questionnaire portant sur les facteurs biomécaniques et psychosociaux de risque de TMS. Au moins un des six principaux TMS a été diagnostiqué au cours de l'examen clinique chez 15 % des femmes et 11 % des hommes. Parmi les salariés âgés de 50 à 59 ans, près de 19 % des hommes et 27 % des femmes souffrant d'au moins un des six TMS. Les catégories ouvrières sont les plus touchées, quels que soient l'âge et le sexe, devant les employés. L'exposition professionnelle aux facteurs de risque de TMS reste élevée chez les 50-59 ans, quel que soit le sexe : 77 % des ouvriers et 72 % des ouvrières restent exposés à au moins deux des facteurs de risque de TMS. Les implications pour la prévention des TMS et le maintien au travail sont discutées. La forte prévalence des TMS parmi les 50-59 ans conjuguée à des contraintes biomécaniques et psychosociales importantes souligne la nécessité d'une approche globale de la prévention des TMS dans les entreprises pour réduire l'exposition au risque et assurer le maintien et/ou le retour au travail des salariés souffrant de TMS. (R.A.)

Auteur : Chiron E, Roquelaure Y, Ha C, Touranchet A, Chotard A, Bidron P, Ledenvic B, Leroux F, Mazoyer A, Goldberg M, Imbernon E
Santé publique, 2008, vol. 20, n°. Suppl 3, p. S19-28