Causes de décès dans une cohorte de travailleurs EDF-GDF : comparaison des données de la médecine du travail et de la statistique nationale

Publié le 1 Octobre 2003
Mis à jour le 5 juillet 2019

Plusieurs méthodes peuvent être utilisées pour rechercher les causes médicales de décès des sujets dans une étude épidémiologique. À l'occasion d'une étude sur les travailleurs d'EDFGDF, les causes ont été obtenues auprès de la base nationale de l'INSERM, mais les données de la médecine du travail étaient aussi disponibles pour 1330 décès survenus entre 1989 et 1994. Les informations issues des deux sources ont été comparées, pour apprécier si elles étaient globalement équivalentes, et l'impact potentiel de leurs différences sur des résultats d'analyses épidémiologiques a été évalué. Les proportions de concordance entre les causes indiquées par la médecine du travail et par 1'INSERM ont été calculées en utilisant les codes CIM9 et différents regroupements de causes. Les libellés des causes ont aussi été examinés de manière à apporter un éclairage sur les divergences observées. Enfin, des SMR ont été calculés en utilisant chacune des sources et comparés. Les causes issues des deux sources appartiennent au même groupe de causes de décès dans 81 % des cas, mais la cause détaillée est différente dans plus de la moitié des cas. La concordance est meilleure pour les décès par SIDA et par cancer, et plus mauvaise pour les décès par maladies de l'appareil respiratoire et de l'appareil digestif. La médecine du travail indique plus de décès pour cause inconnue que les données de l'INSERM. Les calculs de SMR montrent des résultats qui peuvent varier considérablement selon que l'on utilise l'une ou l'autre des sources de données. Les causes de décès obtenues par la médecine du travail et l'INSERM sont majoritairement différentes. En conséquence, il n'est pas valide de calculer des SMR en utilisant les causes de la médecine du travail et les taux de référence établis par l'INSERM, et il est d'ailleurs observé qu'ils peuvent être très différents des SMR calculés avec les causes de décès obtenues de l'INSERM. D'une façon générale, il est préférable, pour des raisons de comparabilité, d'utiliser la base INSERM pour décrire la mortalité dans des populations différentes, car il s'agit d'une source de données commune. Cette base comporte cependant des limites, et il peut être préférable, pour des analyses internes, d'utiliser une autre source si on la considère plus précise pour certaines pathologies. (R.A.)

Auteur : Marchand JL, Imbernon E, Goldberg M
Revue d'épidémiologie et de santé publique, 2003, vol. 51, n°. 5, p. 469-80