Analyse commentée. Les caractéristiques des individus modifient-elles les effets de la pollution particulaire sur la mortalité journalière chez les personnes âgées ? Numéro thématique. Pollution atmosphérique et personnes âgées : estimation des risques

Publié le 1 Juin 2005
Mis à jour le 5 juillet 2019

Cet article est une analyse commentée de l'étude suivante : Filleul L, Rondeau V, Cantagrel A, Dartigues JF, Tessier JF. Do subject characteristics modify the effects of particulate air pollution on daily mortality among the elderly? J Occup Environ Med. 2004 Nov;46(11):1115-22. L'objectif de ce travail est d'étudier les caractéristiques individuelles qui peuvent modifier la relation entre l'exposition à la pollution atmosphérique urbaine et le risque de décès. Cet article fournit des éléments nouveaux quant aux facteurs individuels qui pourraient modifier les effets de la pollution atmosphérique sur la santé dans une population âgée. La méthode statistique utilisée est rigoureuse et permet un bon niveau de confiance dans les résultats. Les analyses reposent sur une population de choix parce qu'âgée et suivie de manière prospective depuis plus de 10 ans. De plus, ces résultats revêtent un intérêt tout particulier en termes de prévention. Bien sûr, l'observation d'un délai de trois jours reste empirique, aucune donnée ne permettant à ce jour de valider cette notion. Certains facteurs modifiant l'effet de la pollution atmosphérique dans cette étude paraissent cohérents parce qu'ils s'associent à une fragilité individuelle accrue, tels que l'âge ou les pathologies associées (à ce propos, l'asthme et le diabète sont également associés à une élévation de risque, mais les faibles effectifs ne permettent pas d'atteindre le seuil significatif). En revanche, il est moins facile d'interpréter le rôle du statut familial ou du confinement à domicile. L'explication d'une exposition à de moindres niveaux de pollution atmosphérique chez les personnes en couple et chez les personnes confinées au domicile reste hypothétique et varie peut-être avec le tabagisme passif. De même, l'accroissement du risque chez les personnes ayant un niveau d'éducation élevé est surprenant, alors que pour la variable "exposition professionnelle" les ouvriers montrent un risque accru (éventuellement en lien avec des expositions professionnelles aux particules plus importantes). Ces résultats pourraient être renforcés par des études à venir, dans d'autres populations, qui prendraient éventuellement en compte plus précisément l'exposition aux particules fines. En effet, la surveillance actuelle de la pollution particulaire est assurée par la mesure en continu des PM10 et des PM2,5. (Extraits de l'articles).

Auteur : Colosio J, Baldi I
Extrapol. Epidémiologie et pollution atmosphérique. Analyse critique des publications internationales, 2005, n°. 25, p. 11-2