Pollution atmosphérique et infarctus du myocarde. Strasbourg, 1984-1989

Publié le 1 Février 2001
Mis à jour le 11 septembre 2019

Position du problème : L'existence d'associations entre la pollution atmosphérique urbaine, la mortalité et les hospitalisations dues aux maladies cardio-vasculaires a été souvent établie. Ce travail étudie spécifiquement les relations à court terme entre la pollution et l'infarctus du myocarde en se basant sur les données d'un registre des maladies ischémiques. Méthodes : Le nombre journalier d'infarctus dans la Communauté Urbaine de Strasbourg est extrait du registre Monica (Bas-Rhin) pour la période 1984-1989. Les indicateurs de pollution sont la moyenne journalière et le maximum horaire du monoxyde de carbone (CO), du dioxyde de soufre (SO2), des particules (PM13), du monoxyde d'azote (NO) et du dioxyde d'azote (NO2), la moyenne et le maximum sur la période 10 h - 18 h de l'ozone (O3). L'analyse repose sur une régression de Poisson prenant en compte la tendance, les variations saisonnières, la température, l'humidité et chacun des indicateurs de pollution par des fonctions de lissage non paramétriques. L'influence du jour de la semaine et de la grippe est prise en compte également. Résultats : Le maximum horaire du NO est associé significativement à l'infarctus (décalage de 5 jours, fonction racine carrée) : pour une variation du premier quartile (63 ug/m3) au troisième quartile (189 ug/m3), le RR est de 1,087 (IC 95 % : 1,014-1,166). L'association est significative en hiver avec un RR égal à 1,129 (IC 95 % : 1,028-1,241) pour une variation du premier quartile (101 mg/m3) et le troisième quartile (265 ug/m3). Une association statistiquement significative a été mise en évidence avec le maximum horaire de NO 2 en hiver avec un décalage de 5 jours : le RR, pour une variation du premier quartile (59 ug/m3) au troisième quartile (107 ug/m3), est égal à 1,095 (IC 95 % : 1,015-1,181). La forme de la relation ne diffère pas de la linéarité. Pour la moyenne et le maximum de O3, une association significative a été observée mais n'est pas robuste. Pour les autres indicateurs de pollution, aucune association n'a été constatée. Conclusions : L'association observée dans ce travail entre le NO2 et la pathologie ischémique a été mise en évidence dans un certain nombre d'autres études, tant pour les hospitalisations que pour la mortalité, mais pas dans toutes. Le taux de ce polluant secondaire pourrait constituer un indicateur proxy de la concentration des particules de petite taille.

Auteur : Eilstein D, Quenel P, Hedelin G, Kleinpeter J, Arveiler D, Schaffer P
Revue d'épidémiologie et de santé publique, 2001, vol. 49, n°. 1, p. 13-25