Polyconsommation de substances psychoactives (alcool, tabac et cannabis) dans la population générale francaise en 2005.

Publié le 4 Février 2008
Mis à jour le 5 juillet 2019

Objectif - Quantifier différentes formes de polyconsommation de drogues au sein de la population française, ainsi que les principaux facteurs qui y sont associés. Méthodes - À partir des données d'une enquête en population générale portant en partie sur les usages de drogues, le Baromètre santé 2005, la polyconsommation a été abordée par 2 indicateurs, la polyconsommation régulière d'au moins 2 produits parmi l'alcool, le tabac et le cannabis, et le cumul de consommation, au cours de l'année, d'au moins 2 drogues illicites hors cannabis, sans qu'il soit possible d'affirmer qu'il s'agissait d'usages concomitants. Résultat - La polyconsommation régulière d'alcool, de tabac ou de cannabis concernait 8,3 % de la population. Les 20-24 ans étaient l'une des tranches d'âges les plus consommatrices de tabac et de cannabis, avec 11,6 %. La polyconsommation régulière des 3 produits était rare : moins de 1 % des individus de 15 à 64 ans ; elle était maximale parmi les 20-29 ans, avec moins de 2 % de la tranche d'âge. La principale association était celle de l'alcool et du tabac dès l'âge de 35 ans. Les polyconsommations incluant le cannabis étaient rares au-delà de 34 ans. Il existait un lien fort entre consommation de cannabis et usages d'autres produits psychoactifs illicites. Le cumul d'usage au cours de la vie de produits psychoactifs illicites hors cannabis concernait 10,0 % des 15-34 ans ; pour l'usage au cours de l'année, il était de 2,3 %. Les facteurs associés à ces pratiques étaient les situations de chômage, le fait d'être un homme et d'être jeune, tandis que l'inscription dans des études supérieures apparaissait plutôt être une situation éloignant les jeunes adultes des différentes formes de polyconsommation. Discussion - Les situations de polyconsommation se traduisent souvent par des situations de prise de risque ou de vulnérabilité qui justifient une attention particulière à porter à ces pratiques. Les enquêtes en population générale ne couvrent pas les populations les plus vulnérables et les plus désocialisées et ne permettent pas de décrire les formes problématiques des polyconsommations. Elles fournissent des éléments de cadrage utiles pour apprécier la diffusion des polyconsommations les plus courantes dans la population et en évaluer les retombées sanitaires et sociales probables.

Auteur : BECK F., Legleye S., Spilka S.
La presse médicale, 2008, vol. 37, n°. 2 Part 1, p. 207-215